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LE SMIC FRAPPE TOUJOURS DEUX FOIS… Le SMIC reste en France un sujet tabou.
Le rapport ATTALI n’en parle pas, sauf de manière accessoire à propos
des allégements de charges, comme si on pouvait parler de croissance
et de lutte contre le chômage sans remettre en cause le SMIC et son
niveau actuel. Ses mécanismes de fixation sont tels
que, cette année, non seulement le SMIC sera revalorisé comme d’habitude
au 1er juillet, mais encore une seconde revalorisation dans
l’année sera juridiquement obligatoire, sans doute dès le 1er
mai. Cette année, le SMIC frappera donc deux fois, pour le plus grand
malheur de l’emploi et des chômeurs. Le Conseil d’orientation pour l’emploi
vient pourtant de rendre son avis sur le SMIC en réaffirmant « son
attachement aux principes qui régissent aujourd’hui le calcul du SMIC ».
Quant à Au 1er mai et au 1er juillet… C’est un lièvre qu’a soulevé notre
confrère Les Echos, qui titre « Le SMIC devrait être revalorisé
deux fois cette année ». Habituellement il est revalorisé chaque
année au premier juillet, donc une seule fois par an. La hausse au 1er
juillet correspond à la somme du dernier glissement annuel connu à ce
moment là de l’indice des prix à la consommation (donc celui de mai)
augmenté de la moitié de la hausse du pouvoir d’achat du SHBO (salaire
horaire de base des ouvriers). Donc le SMIC, par définition même, augmente
plus vite que les prix, avec une clause de progression du pouvoir d’achat
en fonction de celui des ouvriers. Ce qui signifie que le SMIC ne cesse
d’augmenter en valeur réelle, et par rapport aux autres salaires. Mais il y a une autre disposition prévue
par le Code du travail : elle impose un relèvement immédiat du
salaire minimum dès que les prix, hors tabac, augmentent de 2% au moins
par rapport à cet indice de mai. Or il est vraisemblable que dès le
mois de mars 2008 (dont les résultats seront connus en avril), la hausse
des prix depuis mai
2007 sera égale
ou dépassera 2%. Donc
une Le SMIC est un « faux prix » Le « SMIC brut » est actuellement,
depuis le 1er juillet 2007, de 1 341,03 euros. L’étude
de notre ami Georges LANE pour Contribuables Associés (« Combien
nous coûte, à vous et à moi, Mais il y a aussi la part patronale
des charges. G. LANE calcule ainsi que l’ensemble des contributions
sociales (salariale et patronale, y compris Ce montant est excessif dans un certain
nombre de secteurs. Il joue donc contre l’emploi et c’est objectivement,
comme l’ont montré de nombreux organismes, à commencer par l’OCDE, un
des facteurs du chômage français. C’est un problème déjà dénoncé par
Jacques RUEFF dès les années trente, celui d’un prix bloqué, fixé artificiellement par les pouvoirs
publics, d’un prix administré, sauf qu’ici le prix en question est celui
du travail, donc le salaire ou plutôt le coût salarial. Un prix artificiellement
élevé accroît l’offre de travail (c'est-à-dire le nombre de salariés
souhaitant travailler à ce prix là) et diminue la demande de travail
(c'est-à-dire l’offre d’emploi) : la différence entre les deux,
c’est un déséquilibre quantitatif provoqué par le prix arbitraire, c'est-à-dire
un excès de l’offre sur la demande, en l’occurrence du chômage. Quand
la barrière à l’entrée de l’emploi est trop élevée, personne ne peut
la franchir. Les dommages collatéraux du SMIC En dehors de son effet direct sur l’emploi,
le SMIC a une conséquence plus grave encore : il diminue la qualification
des salariés et les rend donc plus vulnérables à la concurrence mondiale.
Comme il augmente en France plus vite que l’ensemble des salaires, l’écart
se réduit avec le salaire médian (celui qui sépare la grille des salaires
en deux, de sorte que 50 % des salariés touchent moins et 50% plus) Dans de nombreux pays où existe un
SMIC, il est très inférieur au salaire médian. Au Japon ou aux Etats-Unis
il représente moins d’un quart du salaire médian, en France il se situe
aux deux tiers, voire davantage suivant la méthode de calcul. D’après
l’OCDE, le SMIC français est le plus élevé des pays développés, mis
à part le Portugal. Les Anglais (M.THATCHER) et les Allemands n’ont
pas eu de SMIC pendant longtemps sans en souffrir apparemment, sans
que le pouvoir d’achat des bas salaires ait été durablement touché.
En France le smicard n’a pas un très
grand intérêt financier à sortir de sa condition, surtout s’il raisonne
à court therme, en tenant compte des avantages sociaux et des exemptions
fiscales dont il bénéficie. Mais, à plus long terme que se passe-t-il ?
Peu motivé pour augmenter sa productivité, le salarié reste peu qualifié.
Pourquoi investir dans une formation qui ne rapporte pas grand-chose,
et pourquoi exercer des postes plus enrichissants mais qui peut-être
exigeront plus d’efforts et de responsabilités ? Le drame c’est
qu’en Europe, et dans tous les pays développés, l’avenir des travailleurs
sans qualification est réellement sombre. D’une part les délocalisations
permettent d’avoir ailleurs, des masses de travailleurs non qualifiés
à bas salaires, d’autre part même dans les pays « émergents »
la qualification des travailleurs augmente très vite – précisément parce
que les gens sont motivés pour échapper à la misère et monter dans le
train du progrès. Que seront devenus les emplois de smicards français ?
Ainsi, par pure démagogie, pour faire
du soi-disant « social », la politique du SMIC condamne les
smicards à demeurer smicards, puis bientôt chômeurs ; elle maintient
dans des emplois subalternes et précaires des gens qui ont certainement
un potentiel de progrès personnel.
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