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| Les taux d’intérêt font la une de l’actualité.
D’une part le taux du livret A en France a été ramené de 4 à 2,5%, d’autre part,
et les principaux taux des banques centrales, aux Etats-Unis, en Angleterre et
encore le 15 janvier en Europe avec Apprenez à calculer le taux du livret A Ceux qui
pensent que c’est le gouvernement qui fixe le taux du livret A se trompent. Il
est vrai que jusqu’en 2008 il en était ainsi, et pour cause : le livret était
géré par des institutions publiques et alimentait avant tout le financement public.
Nous étions dans un contexte d’épargne « administrée ». Elle avait lieu à travers des circuits étatiques ou paraétatiques, des
banques publiques (qui n’ont été peu à peu privatisées qu’il y a vingt ans) ou
des organismes publics comme Ces « privilèges » n’avaient
pas trouvé grâce aux yeux des autorités de Bruxelles, hostiles à une épargne« administrée »,
faussant la concurrence avec les circuits financiers privés. Aussi, l’arrêté du 29 janvier 2008
a-t-il rompu avec cette tradition : désormais, l’Etat ne peut plus fixer
à sa guise le taux du livret A. Ce taux est calculé suivant une formule simple,
bien adaptée à une épargne qui se veut « populaire »
:« les taux du livret A et du LDD sont égaux, après arrondi au quart de point
le plus proche, au chiffre le plus élevé entre a)La moyenne arithmétique entre
d’une part, la moitié de la somme de la moyenne mensuelle de l’Euribor 3 mois
et de la moyenne mensuelle de l’Eonia, et, d’autre part, l’inflation en France
mesurée par la variation sur les 12 derniers mois connus de l’indice INSEE des
prix à la consommation ; b) L’inflation majorée d‘un quart de point ».
Simplicité de cette formule abracadabrantesque ! Ce taux n’est pas un prix Ce taux « mathématique »
n’est pas le résultat de la confrontation d’une offre et d’une demande :
c’est un « faux prix », comme disait Jacques Rueff. La logique aurait
pourtant voulu qu’on se réfère plus simplement au marché, du moment où la concurrence
était introduite par l’extension des privilèges fiscaux du livret A à toutes les
banques. Mais l’arrêté de 2008 n’est pas un
retour au marché, bien qu’il veuille passer pour un retour à la concurrence. Les
taux sont toujours fixes, et leur révision a lieu deux fois par an. L’an dernier,
comme l’inflation était forte, le taux aurait dû monter plus, mais le gouvernement
a arbitrairement limité la hausse à 4%. Cette année, l’inflation n’est plus que
de 1%. Le calcul du taux donne donc, avec la formule, 2%. Cette fois, c’est trop
peu selon La gestion des banques centrales :
contrôler les quantités ou les prix des liquidités ? Quant aux taux débiteurs fixés par
les banques centrales, ils sont aussi les « faux prix » imposés aux
banques « de second rang » qui ont besoin de liquidités (un besoin pressant
par les temps qui courent). Les banques centrales, ayant le monopole de l’émission
de la « monnaie de base » (en clair les billets), peuvent en proposer
la quantité qu’elles veulent. Milton Friedman, père du monétarisme, incitait les
banques centrales à respecter une règle d’émission stricte, tenant compte du besoin
« normal » de liquidités dans une économie. D’après la théorie monétariste,
la demande de liquidités étant dans une proportion à peu près constante du taux
de croissance de l’économie, le taux d’intérêt, ne devrait pas connaître de grandes
fluctuations si l’offre de liquidités était elle-même stable. Depuis des années, les banques centrales
font l’inverse et fixent arbitrairement les taux, la quantité s’adaptant à ceux-ci.
Parfois, elles pratiquent des politiques restrictives (taux élevés), d’où une
réduction arbitraire de la quantité de monnaie. Plus souvent, comme depuis des
années avec Cette politique de faux taux d’intérêt
artificiellement bas a causé la crise des subprimes, et répondre à ce laxisme
monétaire par un laxisme encore plus grand est stupéfiant : Jean Yves Naudet
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