Banque libre ou banque centrale : quelle solution pour l'ex-URSS ?
Bruno Deffains°


Jusqu'aux réformes monétaires de 1987-88, le système bancaire soviétique était un système « monobanque » consistant en une banque centrale, la Gostbank, qui avait le monopole d'émission, le monopole des règlements et des opérations de compensation, le monopole du crédit et celui des changes. La transition vers l'économie de marché nécessite la mise en place d 'un système monétaire performant, c 'est-à-dire capable d 'affecter les crédits de manière efficiente et d'assurer une certaine stabilité monétaire. Cet article aborde le débat sur la structure de l'offre de monnaie dans les anciennes républiques. L'offre doit-elle être monopolisée comme dans le modèle occidental de systèmes monétaires hiérarchisés ou peut-on envisager d 'autres solutions telle que la création de banques d'émission privées ? Tout le problème consiste en fait à trouver une solution permettant d'atteindre vite l'objectif d 'une monnaie saine sans renoncer aux avantages d'une monnaie commune. Les experts ont envisagé de multiples solutions allant du maintien de la zone rouble à l 'institution de monnaies nationales dans chaque république, en passant par la mise en place d'un étalon rouble-or inspiré de Bretton Woods. Ces solutions présentent toutes des avantages mais se heurtent au fait que la stabilisation du rouble est un préalable indispensable mais non réalisé. Dans le contexte de dollarisation croissante, de crédits inter-entreprises massifs de « guerre des banques centrales » que connaissent les républiques, il s'avère intéressant d'explorer des solutions originales comme celle de la banque libre. De plus, les solutions comme une Union des paiements ou une zone rouble supposent l'existence de banques et d'institutions financières au sens strict. Or, le système de crédit et de création monétaire est actuellement plus proche de l'ancien système compte tenu des contraintes et des stimulants qui gouvernent la vie économique.


° Maître de Conférences à l'Université de Nancy 2, chercheur au CREDES.