Il y a deux façons de se
croire savant : comprendre ce qui est, et décrire ce qui paraît.
La pensée scientifique des XVII° et XVIII° siècles se veut mécanique
et logique, et n’admet plus la référence à un ordre naturel supérieur
qui donnerait leur finalité aux phénomènes et aux êtres.
Science et morale : elles
veulent s’exclure ; Kant veut les réconcilier.
La morale, pour Kant, est une contrainte imposée par notre conscience.
Chacun a sa conscience, chacun a sa morale.
Cependant, l’individu moral se comporte de la même façon : ce qui
est moral pour lui c’est peut-être ce qui peut être érigé en loi universelle.
Mais non pas une loi universelle rationnellement déduite des conséquences
que peut avoir la décision retenue. Par sa raison l’individu est capable
de comprendre où est son devoir.
La conscience nous dit de faire ce qu’il faut faire. La conscience nous
éveille sur les conséquences de nos actes. Ainsi Kant parvient-il à
concilier un individualisme forcené avec une perception rationnelle
d’un ordre
universel.
Le titre complet de l'article publié dans le Journal des Economistes et des Etudes Humaines est "Le conséquentialisme
kantien comme fondement du postulat de la primauté du sujet".
Professeur de Philosophie à l'Université
de Sherbrooke (Québec).