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Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît
pas ? Le problème économique n’est
pas tant de trouver la meilleure allocation possible de ressources existantes
que d’acquérir et de gérer des connaissances
sur ces ressources ainsi que sur les besoins à satisfaire. La théorie
classique de la décision (Savage) qui sert de fondement à la microéconomie
contemporaine occulte en grande partie le problème de l’acquisition
des connaissances, ne s’intéressant qu’au problème de l’allocation optimale.
L’économie de l’information considère
l’information comme une
ressource rare qu’il nous faut rechercher de façon optimale. Elle
ne répond donc pas vraiment au problème. Le courant récent des logiques
épistémiques s’intéresse à la gestion, mais non à l’acquisition des
connaissances. Les behavioristes s’intéressent au problème de l’acquisition
autant qu’à celui de la gestion, mais c’est dans les disciplines voisines
qu’ils cherchent réponse au problème de l’acquisition et leurs études
portent plutôt sur les difficultés de gestion. Les Autrichiens
enfin continuent d’insister sur la dimension créatrice du processus
d’acquisition des connaissances. Cette créativité est elle-même « commandée »
par un paramètre de vigilance qu’ils
tentent de mieux cerner. Ces réflexions nous amènent à adopter une vision
plus large du concept de rationalité et à réviser certaines positions
méthodologiques. |