Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas ?
Pierre Garello


Le problème économique n’est pas tant de trouver la meilleure allocation possible de ressources existantes que d’acquérir et de gérer des connaissances sur ces ressources ainsi que sur les besoins à satisfaire. La théorie classique de la décision (Savage) qui sert de fondement à la microéconomie contemporaine occulte en grande partie le problème de l’acquisition des connaissances, ne s’intéressant qu’au problème de l’allocation optimale. L’économie de l’information  considère l’information comme une ressource rare qu’il nous faut rechercher de façon optimale. Elle ne répond donc pas vraiment au problème. Le courant récent des logiques épistémiques s’intéresse à la gestion, mais non à l’acquisition des connaissances. Les behavioristes s’intéressent au problème de l’acquisition autant qu’à celui de la gestion, mais c’est dans les disciplines voisines qu’ils cherchent réponse au problème de l’acquisition et leurs études portent plutôt sur les difficultés de gestion. Les Autrichiens enfin continuent d’insister sur la dimension créatrice du processus d’acquisition des connaissances. Cette créativité est elle-même « commandée » par un paramètre de vigilance qu’ils tentent de mieux cerner. Ces réflexions nous amènent à adopter une vision plus large du concept de rationalité et à réviser certaines positions méthodologiques.