La liberté : un mot piège
Angelo Maria Petroni
Pour
définir la liberté,
certains ont opposé liberté positive et liberté négative.
La liberté négative est l'absence de coercition,
la liberté positive est la possibilité de faire ce que l'on veut.
La liberté positive n'existe que dans l'esprit de ceux qui prétendent
savoir ce que l'être humain veut, ou devrait vouloir. Sans cela, elle
ne peut déboucher que sur l'anarchie du "chacun pour soi".
La liberté négative exige le respect de la liberté individuelle comme
un absolu.
La liberté individuelle ne saurait être soumise à la liberté collective,
ni à quelque modèle de société rationnelle ou juste. Aucun individu
ne peut en effet prétendre connaître un tel modèle. S'il l'évoque, c'est
pour mieux asservir les autres et les persuader de la justice de leur
asservissement.
Restons-en donc à la conception négative de la liberté définie par Hayek
: absence de coercition, interdiction de prescrire aux autres ce dont
ils ne veulent pas, possibilité pour eux de trouver le chemin de leur
propre progrès et des relations harmonieuses avec les autres.
Le titre de l'article paru dans le Journal
des Economistes et des Etudes Humaines, Vol. 4, n°4, pp. 637-647,
est "Une note sur l'état présent d'un concept inactuel : la liberté".