Une protection peut en cacher une
autre
Victoria Curzon-Price
Ni forteresse ni passoire :
l’Europe
de Jacques Delors est également conquise au ni-ni. Mais ce ni-ni ne
vaut pas mieux que l’autre.
On veut en réalité passer du marché commun au marché unique. La nuance
est de taille : au lieu d’économies privilégiant leurs échanges
mutuels, on joue la carte de la concurrence
totale. Cette concurrence est indispensable pour sauver l’économie européenne,
déjà bien atteinte par le protectionnisme
des trente dernières années. Mais la concurrence n’est-elle pas un cadeau
aux japonais et aux américains ? Il restera seulement aux entreprises
européennes à devenir à leur tour les plus performantes. A l’inverse
toute politique protectionniste tendra à créer des trusts européens
qui imposeront leur loi aux consommateurs.
L’ouverture des frontières européennes s’impose aussi pour l’Europe
de l’Est et les pays du tires-monde : le commerce est la meilleure
façon de les intégrer et de les aider.
Il faut évidemment envisager des changements complets : nous vivons
depuis si longtemps dans un système protégé : un protectionnisme
en cache souvent un autre !