Crise bancaire aux Etats Unis : Leçons pour l'Europe*
Robert T. Clair & Gerald O'Driscoll°  


 

Les banques américaines sont fragiles parce qu'elles ne peuvent pas diversifier leurs risques. La réglementation leur interdit de constituer des réseaux géographiquement étendus : toute alliance avec d'autres activités économiques pour former des conglomérats est également interdite. Par comparaison, les banques européennes sont libres.
Cependant le vice le plus grave du système américain est la garantie des dépôts par les pouvoirs publics. Cette couverture automatique a été exploitée sans limite par les Caisses d'Epargne américaines. A la recherche de taux de profit spectaculaires, les Caisses ont pris des risques insensés, et font payer la facture au système fédéral, c'est à dire au contribuable.
Lorsque les finances sont dopées par de telles pratiques, les erreurs d'investissement se multiplient. On sort de la logique capitaliste lorsque l'Etat socialise le risque d'investir.

 


* Cet article est paru dans le Journal des Economistes et des Etudes Humaines (Vol. III, N°1, sous le titre "Apprendre les uns des autres: les expériences bancaires américaines et européennes".

° Robert T. Clair est Senior Economist et Gerald O'Driscoll Vice Président et Directeur de Recherche associé à la Banque Fédérale de Réserve de Dallas (Texas).