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LA FRANCE AUX
ORDRES D’UN CADAVRE Le dernier livre de Maurice Druon (La France aux ordres d’un cadavre),
ne manque pas de tonus pour dénoncer, avec courage et lucidité, la permanence
de l’influence marxiste en France. Tout a commencé il y a 80 ans lorsque, à Tours, les
mouvements socialistes, au lieu de s’unir, comme il était convenu, pour
le bien du genre humain, se scindent en deux tendances comparables aux
mencheviks et aux bolcheviks : d’une part, la S.F.I.O. proprement
dite et, d’autre part, la Section Française de l’Internationale communiste,
devenue presque aussitôt le Parti communiste français, avec sa filiale
syndicale, la Confédération Générale du Travail Unitaire (C.G.T.U.). Depuis,
une grande partie de l’Histoire de la France se décide à Moscou et s’applique,
grâce à des intermédiaires dévoués, à Paris. C’est le point de départ
du dernier livre (La France aux ordres d’un cadavre, Editions du
Rocher et de Fallois, octobre 2000) de l’académicien Maurice Druon qui
n’est autre chose qu’un diagnostic implacable de la France d’aujourd’hui.
C’est la soumission continue de notre pays aux ordres de Moscou et à la
pensée marxiste qui provoque l’ire de Druon. C’est la servilité de tous
ces valets, de Thorez à Marchais, en passant par Duclos, qui a poussé
l’académicien à écrire ce brûlot. L’autre visage de l’Histoire apparaît clairement dès
le Front populaire (terme inventé par Thorez) lorsque celui-ci est instauré
pour servir la politique étrangère de l’URSS. Habiles, les communistes,
en suivant les ordres de Staline, refusent de participer au gouvernement
mais font adopter les réformes qui se révéleront catastrophiques pour
l’économie française : baisse de la durée hebdomadaire du travail
(elle visait à résorber le chômage, ce qui se révéla faux, déjà !),
création de l’Office du blé, nationalisation de la Banque de France, nationalisation
des industries de l’armement. Ce gouvernement ne dura que onze mois mais
ses effets furent durables… Pendant l’Occupation, les communistes creusent leur
nid. Après avoir été les alliés d’Hitler (on oublie trop souvent en France
que le PCF a été le seul parti allié du national-socialisme), ceux-ci
deviennent leurs ennemis mais aux ordres de Moscou et dès la Libération
réclament leur dû. Ils n’eurent pas l’armement dans le gouvernement de
Gaulle, ni l’Intérieur, mais en compensation Thorez reçut la Fonction
publique. Et c’est le 5 octobre 1946 que Thorez fait signer la loi sur
le statut des fonctionnaires qui est encore valable aujourd’hui. Elle
était faite pour que l’administration soit pléthorique et que les procédures
soient toujours lentes et, surtout, à ce qu’on ne puisse jamais réformer
l’Etat. Peu de lois ont été aussi solides ! C’est la loi
Thorez qui a installé le pouvoir syndical qui ampute celui des ministres,
elle a créé les Commissions paritaires qui donnent aux syndicats une large
part d’autorité, généralement paralysante, sur la gestion des personnels
et la marche même des services (quand un ministre prend sa charge, il
doit obligatoirement réserver trois précieuses heures pour entendre les
représentants syndicaux exposer leurs revendications). Cette loi a représenté
la création de l’Etat schizophrène qui survit encore aujourd’hui. « Si la France décline, constate Druon avec lucidité et amertume, si elle n’occupe plus en Europe et dans le monde la place et le rang qui devraient être les siens, c’est en grande partie parce qu’elle est malade de sa fonction publique. Ses organes essentiels souffrent d"une infection pernicieuse ». Si la France est malade, c’est à cause de son administration énorme, de ses 20 000 emplois fictifs (des fonctionnaires mis à la disposition des syndicats alors que ceux-ci ne représentent plus que 6,1 % de la population active), de l’argent colossal qui est englouti par l’Etat. Pourquoi s’obstine-t-on à sauvegarder des entreprises nationalisées qui côutent très cher aux contribuables ? Ce sont les syndicats qui veillent : à la SNCF, il n’y a pas moins de 3 000 préposés, payés par l’entreprise, qui ne s’occupent de rien d’autre que du « dialogue social », et de gérer les dix à trente préavis de grève quotidiens, en période « calme », et jusqu’à cent dans les moments de crise. Si l’URSS a prôné le « stakhanovisme », les services publics français encouragent le « stakhanovisme » à l’envers. Moins on travaille, mieux on sera recompensé ! Dans un pays où l’égalitarisme fait figure de loi fondamentale,
les riches s’exilent à l’étranger, avec les jeunes en quête d’ascension
sociale, et les assistés augmentent. Comment ce pays pourrait-il être
prospère quand les charges qui pèsent sur le contribuable s élèvent
à 62 % du revenu moyen individuel ? Quel avenir pourrait-il avoir
quand 20 % des élèves sont incapables de lire et d’écrire à la sortie
de l’école primaire? « Désapprendre » a été et reste le mot
d’ordre de l’éducation en France depuis que les syndicats s’en sont emparés
et depuis que Marx et Lénine ont remplacé Tocqueville. Une centaine de pages suffit pour rendre compte d’un
désastre lorsqu’elles sont écrites avec colère, mais aussi avec beaucoup
de talent, par un écrivain reconnu surtout pour ses talents de romancier.
Et cette fois-ci, il ne s’agit plus d’un roi maudit, mais d’un pays qui
paraît maudit, à la solde d’un cadavre idéologique qui bouge encore. Mots clés : Communisme,
Fonction Publique, Idéologie,
Marxisme, Syndicats.
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