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| LIONEL JOSPIN PEUT SAUVER LES RETRAITES Revoilà les retraites au coeur de l’actualité.
D’un coté le rapport du COR (Conseil d’Orientation des Retraites), qui indique
qu’il y a là un problème, mais ne propose aucune véritable solution, pour ne fâcher
personne. De l’autre, la déclaration de L. Jospin, qui ne propose rien non plus,
mais qui fera sûrement quelque chose, un jour ... L’analyse de Jacques Garello
dans la Nouvelle lettre. Les mauvaises langues auront trouvé la prestation
du Premier Ministre Mercredi soir assez lamentable. Il est vrai qu’une grande
partie de son discours était sur le refrain; « tout va très bien, Madame la Marquise
». L'emploi ? Pas d’inquiétude à ce sujet. La révolte des policiers et des gendarmes
? Le gouvernement négocie et la situation est en passe de se régler. La justice
? Il faut laisser le temps faire son oeuvre, on est dans la bonne voie, et ainsi
de suite. Ce serait pourtant minimiser la portée des
propos de Lionel Jospin d'en rester à ce jugement purement négatif. Car ce soir-là
il aura révélé aux Français de quoi les étonner, de quoi constituer un vrai cadeau
de Noël : il peut sauver les retraites. On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement
avec Pierre Dac lorsque, interrogé ptr Francis Blanche : “Pouvez-vous, grand fakir,
deviner le numéro de la montre de Monsieur”, il répondait de manière digne et
appropriée : « Oui, je le peux ! ». Donc, le fakir Jospin peut sauver les retraites. Que ne l'a-t-il fait à ce jour ? Pour deux
raisons dont l'intelligence n'aura pas échappé au public averti: - la première c'est que le dossier des retraites
avait été « plombé par le gouvernement précédent», entendez celui d'Alain Juppé.
C'est en effet une explication majeure, et il n'a pas fallu moins de cinq ans
à ce gouvernement-ci pour «deplomber» un dossier si bien « plombé » par le précédent. Le déplombage est une opération délicate,
peu familière aux gouvernants, qui savent à la limite désamienter, mais qui ont
plutôt des talents de sapeurs, bouchant les trous en en creusant d'autres, suivant
la méthode éprouvée de Camembert. - La deuxième raison, et celle-ci est inattaquable,
est que la réforme des retraites n'était pas inscrite au programme Jospin en 1995.
Par suie sans doute d'une erreur typographique, elle ne figurait pas sur la liste
des changements décisifs que les socialistes se promettaient de réaliser. Fatale
erreur ! On comprendra en effet que le gouvernement
n'a pas constitutionnellement le pouvoir de faire ce qu'il n'a pas promis, et
que c'est honorer la démocratie de respecter scrupuleusement les promesses sur
lesquelles les élus se sont engagés vis-à-vis des électeurs. La mission d'un gouvnement
n'est pas, comme on le croit naîvement, d'intervenir en cas de menaces sur les
droits des citoyens, et de périls sur l’ensemble de la nation, mais d'exécuter
consciencieusement, à la manière d'un bon petit énarque bureaucrate, le programme
fixé par le contrat social avec le peuple. Que se profilent une guerre, des attentats,
des violences, que les routes ou les aéroports soient bloqués, que la xénophobie
et l'insécurité se déchaînent, tout cela doit laisser le gouvernement de marbre,
on dira même : de plomb. Ainsi le plombage criminel de Juppé s'est-il
alourdi du plombage démocratique de Jospin. Mais ce sont les Français qui se retrouvent
aujourd'hui malades de saturnisme ! Qu'à cela ne tienne: On va réparer tout cela
en 2002, pourvu que Jospin veuille bien vérifier que les retraites sont sur la
nouvelle liste qu'il va présenter ! Il recevra pour cela le secours du COR (Conseil
d'Orientation des Retraites) dont le rapport montre la voie à suivre: allongement
de la durée des cotisations, diminution des droits à la retraite et surtout alignement
de la durée et des pensions du public sur le privé. Il n’est évidemment pas question
de la seule manière intelligente de régler le problème, et que les libéraux prônent
et appliquent dans les pays civilisés depuis plusieurs années : faire sauter le
régime de répartition, pour le remplacer par le régime par capitalisation, tout
en évitant que les retraités actuels et d'un proche avenir sautent avec le système.
Je crois cependant savoir que ce programme figurera sur la liste d'un candidat
du nom d'Alain Madelin. Jacques GARELLO Mots Clés : Capitalisation, Répartition,
Retraites.
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