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L’AMERIQUE SOLIDAIRE La France prend des leçons de solidarité. Bien sûr, elle aussi, lorsqu’elle
fut déchirée par les tempêtes a vu spontanément affluer des dons pour
aider les victimes, mais avouons-le : ces multitudes de petits groupes
de quelques personnes qui prient ensemble dans des parcs, au coins des
rues, ces civils qui acclament les pompiers, leur fournissant eau et en-cas,
tout cela est finalement étranger à notre tradition « républicaine ».
Pour les Américains, ceci est naturel. Chez nous, cela tient de l’exception.
La solidarité est devenue en France une chose publique - elle aussi. Elle
est « nationale », nationalisée, oui. On nous gave de « citoyenneté »
et autres « démocratie locale », mais rien n’est plus trompeur :
notre véritable citoyenneté, notre autonomie solidaire, on nous l’a volée.
La France a perdu sa société civile, et depuis longtemps, depuis que l’Etat
s’est immiscé dans cette dimension communautaire. Tocqueville ne s’y trompait pas. Voilà près de deux siècles, il relevait déjà
combien la « Démocratie en Amérique » possédait une sphère communautaire
puissante. Il expliquait et admirait cette naturelle horizontalité du
lien social américain, tissé entre les individus. Il dénonçait au passage
la verticalité de ces rapports en France, un héritage de la Révolution
jacobine sans doute : les Français doivent toujours s’en référer
à une autorité publique « supérieure » pour régler leurs rapports
civils. Et les bribes de la sphère commumautaire, que l’on appelle la
« vie associative » ne sont pas en reste : les associations
étant subventionnées, elles ne sont le plus souvent que le lieu d’un racolage
et d’un raclage électoral, un système quasi-mafieux. L’individualisme, soi-disant inhérent à la société capitaliste, que les beaux
penseurs de la gauche caviar ou terroriste fustigent, est un leurre. Et
bien plus que cela, ils se trompent de cible. C’est bien plus la solidarité
organisée par l’Etat pour les individus, ainsi atomisés par cette rupture
de leurs rapports horizontaux, qui nous rend individualistes, irresponsables
des autres, étrangers à toute communauté. Pourquoi se soucier du sort
des autres ? L’Etat s’en charge. On glisse ainsi vers cet « individualisme
d’Etat ». Les sociétés libérales, qui encouragent la liberté d’association
- au vrai sens responsable du terme -, voient se constituer une formidable
société civile. Qu’on ouvre un peu les vieux livres d’histoire - pas ceux
écrits par l’intelligsensia marxiste - et on redécouvrira comment l’Angleterre
par exemple, de 1834 jusqu’à 1907 - triste date de l’instauration de l’Etat
Providence - a vu constituer une « société civile Providence »
des plus étonnantes. La liberté est étonnante
et les Américains nous donnent là une belle leçon de vie, de vie en société.
Mais ne nous étonnons plus : cet élan solidaire est le ferment de
la nation américaine, il n’a rien de conjoncturel. En cette occasion,
souhaitons que nous retrouvions, nous, Français, cet élan que l’on nous
a confisqué. Quant à la solidarité avec l’Amérique dans son désir de justice,
elle doit être entière. Non seulement parce que la France aussi a payé
son tribut à la folie terroriste, non seulement parce que « si les
Ricains n’étaient pas là, nous serions tous en Germanie », mais aussi
par principe. L’Amérique nous montre l’exemple d’une solidarité effective
et d’une société civile en action ; nous ne pouvons rester indifférents.
Mots-clés : Social, Société
civile, Solidarité.
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