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PAS DE COUP DE POUCE
Coup de pouce au SMIC ou pas ? La réponse est tombée : le SMIC augmentera de 2,4% soit la hausse légale automatique ; pas de coup de pouce donc, priorité est donnée pour l’instant à l’harmonisation des SMIC. Devenu unique, après avoir été cinq, le salaire minimum cessera-t-il d’être considéré comme l’instrument d’une politique des revenus ? C’est la question essentielle, le gouvernement RAFFARIN a décidé de surseoir à sa réponse. Pas de coup de pouce pour le SMIC au 1° juillet, ainsi en a décidé le ministre des affaires sociales, François FILLON, puis le conseil des ministres, après consultation de l’ensemble des partenaires sociaux dans le cadre de la commission nationale de la négociation collective, dont la réunion annuelle s’est tenue lundi. Le SMIC augmentera donc de 2,4%, la hausse légale automatique compte tenu de l’inflation et du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire ouvrier de base (SHBO). Cette décision ne constitue pas à proprement parler une surprise. Francis MER, le ministre des finances, avait clairement laissé entendre son opposition à toute hausse supplémentaire du salaire minimum : « Je ne suis pas personnellement convaincu qu’en dehors d’un geste symbolique, ceci soit dans l’intérêt des entreprises et donc des travailleurs »… une opposition partagée par J.P.RAFFARIN : « Je crois que nous serons dans la perspective d’une augmentation légale et nous verrons ensuite avec l’ensemble des partenaires sociaux sur l’ensemble des dossiers comment, par le dialogue social, on va résoudre les problèmes qui sont posés » a déclaré ce dernier, vendredi, après un entretien avec E.A.SEILLIERE. La priorité du nouveau gouvernement dans l’immédiat est ailleurs, elle est dans l’harmonisation des différents SMIC, il n’en existe pas moins de cinq qui se côtoient du fait de la diversité des dates de passage aux 35 heures. « Il faut, a expliqué F.FILLON, sortir de cette situation invraisemblable créée par les lois AUBRY dans laquelle il y a des salariés qui sont moins payés que d’autres en faisant le même travail parce que leur entreprise est entrée plus tard dans le dispositif, toute décision qui accroîtrait l’écart entre les SMIC rendrait les choses plus difficiles ». Le conseil Economique et social, chargé par le gouvernement de faire un inventaire des solutions possibles, devrait rendre ses propositions à la mi-juillet et un schéma de convergence vers un SMIC unique pourrait être proposé aux partenaires sociaux à la rentrée ; il faut organiser l’harmonisation du SMIC avant de procéder à sa revalorisation… Le gouvernement a choisi de temporiser. Il fallait s’attendre à un concert de critiques, il a bien eu lieu : « Les années passent, les prétextent changent, mais la politique anti-sociale des gouvernements de droite demeure » ont rétorqué les syndicats ouvriers –Fo, la CGT et la CFDT- relayés par les partis de gauche. Tous condamnent violemment ce gouvernement qui méprise le dialogue social ignorant les positions des uns et des autres ; tous avaient réclamé une revalorisation substantielle allant de 6,5% pour FO à 8% pour la CGT soit un SMIC brut à 1400 euros par mois pour 35 heures…. Les smicards n’auront rien de tout ça, ils devront attendre, se contenter de miettes : 30 euros pour le SMIC à 39 heures, 20 euros pour celui à 35 heures tandis que, dans le même temps, les médecins, les pédiatres ont vu leurs revendications satisfaites, et que l’on va « donner » 224O euros aux contribuables les plus riches. « Dans la lutte pour la répartition des richesses » les salariés les plus pauvres encore une fois vont être les grands perdants. Voilà la thèse des syndicats : la revalorisation du SMIC, un des principaux instruments du combat contre les inégalités dans cette conception d’inspiration marxiste de la société, n’a donc pas été acceptée. Le gouvernement RAFFARIN a choisi pour l’instant de temporiser. Parviendra-t-il à ne pas se laisser enfermer dans cette vision marxisante de la société ? Pourra-t-il ne pas céder à cette sensibilité sociale qui trop souvent en France fait office d’analyse économique ? Le salaire est un prix dont l’évolution est tributaire de celle de la productivité, et sa fixation arbitraire conduit forcément à la montée du chômage, à un accroissement de l’exclusion des travailleurs les plus faibles, les moins qualifiés. Le nouveau gouvernement doit tout faire pour augmenter les revenus, le pouvoir d’achat des salariés, mais il ne pourra y parvenir que par la déréglementation du marché du travail. Puisque l’on parle tant de solidarité, à propos de la hausse du SMIC, rappelons que la priorité numéro un doit être l’emploi. Or, toutes les enquêtes le montrent, plus le SMIC est élevé, plus il favorise le chômage. Le refus d’augmenter le SMIC au delà de la hausse légale est donc un petit pas dans la bonne direction, mais ne tranche pas sur le fond. Ce n’est pas la hausse du SMIC qui doit être remise en cause, c’est le SMIC lui-même, afin de réduire le chômage.
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