L'AUGMENTATION DU SMIC : UNE VIEILLE LUNE

 


L’augmentation du smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) est à l’ordre du jour politique. C’est une vieille lune. Pourtant, on devrait savoir que contrairement à ce que l’on attend d’une telle mesure, la hausse des salaires oblige les entrepreneurs, qui en supporteront le fardeau, à la répercuter sur les prix des biens et services (inflation par les salaires et donc réduction du pouvoir d’achat), à diminuer leur budget d’investissement, et, pire encore, à arrêter leur projet d’embauche, s’ils ne décident pas de réduire leurs effectifs. Alors les hommes politiques de gauche et même certains de droite (comme François BAYROU) semblent continuer à ignorer l’évidence de tels automatismes. D’autant plus que, comme vous le savez, le chômage en France ne manque pas de causes pour en rajouter…


François BAYROU trouve que le smic est trop bas en France. « Travailler pour 900 euros par mois, c’est insuffisant ». Il épouse parfaitement l’essence de l’idéologie de l’ancien gouvernement de la cohabitation, et il rejoint ainsi la gauche.

Pourtant le smic n’est rien d’autre qu’une contrainte réglementaire qui ne coïncide nullement avec la logique du calcul économique des agents, selon laquelle, un entrepreneur accepte d’offrir un niveau de salaire qui correspond à la productivité et à l’efficacité du travail. Le travailleur, quant à lui, décide de sacrifier son temps de loisir en comparant l’utilité qu’il retirera en consommant son revenu avec l’utilité qu’il retire de son temps de vacances. L’offre et la demande de travail se manifestant sur le marché, définissent des niveaux de salaires naturels sur lesquels offreurs et demandeurs de travail se sont mis d’accord grâce à leur liberté contractuelle. Et quand le gouvernement décide d’intervenir sur ce marché par le biais de la réglementation, en prétendant que le niveau de salaire n’est pas suffisant ou n’assure pas un bon pouvoir d’achat, il fait courir à ce marché deux dangers majeurs :

1-     Toute hausse des salaires qui ne correspond pas à un accroissement de la productivité n’entraîne qu’une hausse des prix des biens et services de consommation ;

2-     Les entrepreneurs, étant contraints à respecter un niveau de salaire minimum se verront dissuadés d’embaucher, ou, s’ils y sont obligés, ils embaucheront mais « au noir ».

Fixer un salaire minimum et le pousser à la hausse, loin des règles du marché, est donc synonyme d’inflation par les salaires, d’aggravation du chômage et d’accroissement de la précarité du travail.

Si aujourd’hui la gauche réclame pour les Français de « relever le smic de 5% », c’est qu’elle leur promet purement et simplement une réduction de leur pouvoir d’achat en encourageant l’inflation, et plus de personnes au chômage. Une telle position peut être expliquée soit par l’une ou l’autre de ces deux raisons : la gauche ignore les graves dégâts socio-économiques que comporte une telle mesure, ou elle en est consciente et ne fait que de la démagogie péri-électorale.

Déjà la mesure des 35 heures a laissé beaucoup de séquelles et continue d’en créer. Il ne faut pas en rajouter sur un marché de travail qui n’a cessé de se dérégler à cause des multiples mesures interventionnistes qu’il subit et qu’il ne supporte plus : si le taux de chômage est aujourd’hui supérieur à 9%, il risque d’escalader dans l’avenir si les salaires sont augmentés de façon artificielle sans aucune référence aux exigences du marché. Et si les syndicats ne semblent pas être convaincus de cette réalité, ils sont invités à examiner les faits pour le devenir. Et on ne l’aura jamais assez répété : mieux vaut prévenir que guérir.

Mots-clef : Chômage, Interventionnisme, Marché du travail, Salaires, Smic.

Dossiers : Chômage, Smic.

Le 12 juin 2002