Les Etats-Unis connaissent
une pénurie de main d’oeuvre. La France voit passer son niveau d’emploi
salarié au dessus des 15 millions et son chômage vient de tomber sous
la barre des 10 %. Deux machines à créer de l’emploi ?
Deux générations après que
les Beach Boys chantent les joies du surf californien,
l’Amérique toute entière surfe sur la vague de la croissance. Il y aurait
même « trop » de croissance puisque l’Oncle Sam manque de personnel
pour faire tourner ses entreprises. Selon la Réserve Fédérale Américaine,
cette pénurie de main d’oeuvre pourrait finalement avoir un impact négatif
sur la croissance. Le « Livre beige » publié la semaine dernière
par l’institution américaine indique que la machine US aurait légèrement
ralenti son rythme aux mois d’Avril et Mai, et que l’inflation présenterait
des signes d’aggravation. Pour faire face à ces besoins pressants de main
d’oeuvre, étudiants et immigrés ont comblé les trous. L’incroyable « Job
Machine » tourne donc à plein régime.
Chauvinisme oblige,
on se devait de saluer en France le passage de l’emploi au-dessus de la
barre des 15 millions de salariés. Mais réalisme oblige, on se doit aussi
de constater que les emplois créés sont bien sûr dus à la croissance,
mais aussi aux mesures collectivistes que sont les 35 heures (dont l’effet
à court terme est difficilement mesurable, sans parler de l’effet à long
terme), et surtout aux emplois « jeunes » et autres emplois
publics. En tout, c’est 3,2 % de postes en plus sur un an soit 439 500
postes. On fanfaronne tous azimuts parce que la France ne compterait officiellement
que 9,8 % de chômeurs. A côté des 4 % côté Yankee, cela peut faire sourire,
surtout quand on connaît la propension de l’administration française à
ne pas compter ses faux chômeurs, qui viendraient logiquement grossir
les rangs des chômeurs officiels.
Non seulement donc,
les niveaux entre USA et France ne sont pas les mêmes, mais surtout la
nature de l’emploi n’est pas la même. Avec un quart de l’effectif
salarié, l’emploi public français
se porte bien. Un emploi jeune inutile ou un fonctionnaire qui ne sert
à rien, c’est un emploi qui coûte à la collectivité et qui ne crée aucune
valeur. C’est donc une perte sèche au plan de la collectivité puisque
sa rémunération aurait pu servir à quelque chose d’utile. On se félicite
d’avoir créé des emplois publics : c’est beau, c’est généreux, ce
sont des gens qui travaillent. Quoi de plus touchant et donc de plus populaire ?
Imaginez que l’on oblige de force chaque foyer à acheter un poste TV supplémentaire
dont il n’a cure, sous prétexte de soutenir l’emploi. Cela représenterait
des sommes colossales investies dans quelque chose qui ne sert à rien
... Idem pour l’emploi public non utile ... Les ressources utilisées contribuent
à détruire de l’emploi utile. Alors qu’il serait si simple de favoriser
la création naturelle d’emplois, répondant à des vrais besoins de vrais
clients, et ce, au moins par le biais de la défiscalisation, comme aux
Etats-Unis. Que les emplois publics détruisent autant d’emplois privés,
on le sait depuis longtemps et, au moins, depuis Bastiat : « ce
qui se voit et ce qui ne se voit pas ». Mais les hommes politiques
français n’ont – en général – pas lu Bastiat, contrairement aux Américains.
Mots-clés :
Croissance,
Emploi, Fiscalité,
Inflation,
Secteur
Public.
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