| LE POINT SUR LES RETRAITES :
COMBIEN VOUS NE TOUCHEREZ PAS
Face au chômage et au vieillissement de sa
population, la France, à l’instar de tous les pays d’Europe, est confrontée aux
mêmes défis que lui impose le système de protection sociale en général, celui
du dossier de la retraite en particulier. L’heure est venue d’entamer la réforme,
d’enterrer un régime de retraite par répartition devenu caduc, et d’instaurer
un régime de retraite par capitalisation. Sinon, comme le souligne le point dans
son guide des retraites, il ne vous restera plus qu’à vous demander « combien
vous ne toucherez pas ».
La France a connu une flambée de la natalité à la fin de la seconde
guerre mondiale, et cette génération, dite du baby-boom, commencera à faire valoir
ses droits à la retraite à partir de 2005. Compte tenu de la chute de la natalité,
les actifs ne seront plus assez nombreux, pour financer au cours des trente prochaines
années les retraites des personnes nées entre 1945 et 1955. Tout cela est bien
connu et a déjà été examiné sur ce site. Mais les chiffres les plus récents sont
impressionnants. En 2050, 22,4 millions d’habitants seront âgés de plus de 60 ans,
soit 85 % de plus qu’en 2000. Ils représenteront alors 35 % de la population.
D’ici à 2050, la France métropolitaine comptera trois fois plus de personnes âgées de plus de 75 ans et
quatre fois plus de personnes âgées de plus de 85 ans, ils seront respectivement
11,6 et 4,8 millions contre 4,2 et 1,2 millions en 2000 (LE MONDE- économie
du 13 novembre 2001). Championne des départs précoces à la retraite (59 ans en France contre
64 ans aux Etats-Unis et 67 ans au Japon), la France assistera à une forte augmentation
de son taux de dépendance démographique, et aurait besoin de deux personnes actives
pour financer la retraite d’une personne à la retraite (LE MONDE- économie
du 22 janvier 2002). On sera loin du compte. C’est donc une mission impossible si la France continue d’adopter
un régime de retraite par répartition, reposant sur des transferts instantanés
de ressources entre générations coexistantes d’actifs et de retraités, et dont
l’équilibre permanent nécessite un équilibre entre les cotisations collectées
et les prestations versées. Mission impossible puisque la variation de l’une des
deux cohortes (retraités ou actifs) affecte directement l’équilibre de ce type
de régime. La solution du remplacement réside donc dans l’adoption du régime
de retraite par capitalisation, où l’individu accumule différents biens patrimoniaux
pendant sa vie active afin que, après son départ en retraite, ils financent sa
consommation future. C’est ce que font tous nos partenaires étrangers, sous forme
de fonds de retraite, qui « grossissent » des revenus de ces placements
en attendant l’âge de la retraite. Une telle mesure, une fois mise en place, évitera au budget de l’Etat
un fardeau supplémentaire qui accentuera son déficit public et lui épargnera d’être
encore montrée du doigt par Bruxelles sur le dossier des retraites. Une telle
réforme est donc nécessaire pour rattraper le temps de retard accusé par rapport
à d’autres pays de l’Union et pour sauver les retraites. Or, sur la scène politique, la volonté dans les discours est en apparence
seulement assez présente « Dans les années qui viennent, une réforme de
l’ensemble des retraites est absolument nécessaire » (Michel Sapin, ministre
de la fonction publique), « S’il y a une réforme à faire d’entrée de jeu,
c’est celle des retraites » (Jean Glavany, ex-ministre de l’agriculture
et actuellement directeur de campagne d’élection de Jospin), ou encore « La
réforme des retraites sera l’une des premières priorités du prochain gouvernement »
(Lionel Jospin, premier ministre) (Le Point du vendredi 22 février 2002). En réalité, toutes ces prises de position vont dans
le même sens conserver le système actuel de retraites par répartition, ce qui
revient à dire courir à la faillite. L’élection peut être une occasion d’ouvrir
le débat dans ses vrais termes : ou la capitalisation ou la faillite des
régimes de retraites. Dans ce second cas, le Point à raison : calculez ce
que vous ne toucherez pas !
Mots-Clés :
Budget,
Retraites
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