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ELECTION
PRESIDENTIELLE AUX ETATS-UNIS : SPLENDEURS ET MISERES DE LA DEMOCRATIE Il y aurait certes beaucoup à dire sur l’organisation des scrutins et certaines règles du droit électoral, le cas de la Floride apparaissant, de manière circonstancielle, très représentatif, mais non isolé. L’étonnement prévaut également au récit de certains comportements électoraux, normalement inattendus dans une démocratie ancienne et non discontinue, et dans une société où l’on dit les rapports politiques plus pacifiés qu’en Europe ou ailleurs ; il y a là de quoi réfléchir sur la démocratie elle-même et sur l’électeur idéal, en s’abstenant surtout de toute hypocrisie ou fausse vertu. Le défaut principalement dénoncé tient dans le mode d’élection du Président des Etats-Unis. Le vieux système de désignation indirecte par de grands électeurs eux-mêmes élus dans chaque Etat selon des modalités variables, mais presque toutes calquées sur un scrutin majoritaire de liste à un tour, ne semble trouver aujourd’hui plus guère de partisans, aux Etats-Unis même mais surtout de ce côté de l’Atlantique, toujours enclin à la leçon et soucieux d’essayer d’expliquer la situation « désastreuse » et de justifier ce qui pourrait avec justesse être considéré comme un acharnement de mauvais perdant. L’absence d’uniformité, la distorsion entre majorité en voix et majorité en grands électeurs (déjà survenue à trois reprises et qui pourrait se produire cette fois encore), sont particulièrement visées. Malgré tout, il convient de rappeler que, si un tel système, mis en place à la fin du XVIIIème siècle, correspondait effectivement à la fois à la conception alors dominante de la démocratie représentative (méfiante à l’égard du suffrage direct et universel) et aux contraintes de territoires difficiles et déjà vastes, d’autres justifications ont motivé les constituants fédéraux de 1787 dans le choix d’un mécanisme qui, depuis lors, a bon an mal an plutôt fait ses preuves. La logique fédérale et le souci que chaque voix dans chaque point des Etats-Unis compte demeurent d’actualité : une élection au suffrage universel direct (ainsi que le proposait un amendement à la Constitution fédérale adopté par la Chambre des représentants en 1969) concentrerait l’influence et donc l’intérêt des candidats sur les quelques mégalopoles et les grandes zones urbaines, et le déséquilibre qui se perçoit peu dans un pays moins vaste et à la population mieux répartie deviendrait criant entre les territoires et leurs populations. Les campagnes présidentielles américaines, leur rythme surhumain et la faible place qu’elles paraissent laisser aux véritables débats d’idées peuvent être critiqués ; il n’en demeure pas moins que le marathon électoral reflète aussi l’idée d’une démocratie fédérale où chacun devrait trouver sa place. Malgré tout, les interrogations subsistent, plus largement sur la démocratie dans les pays développés, sur l’importance du débat authentique, sur l’acculturation politique dans nos sociétés, sur les racines, les effets et les méfaits du bipartisme ultra-dominant. Une solution possible de sortie à moyen terme d’un situation au maintien de laquelle nul, aux Etats-Unis comme sur le reste de la planète, n’a intérêt, pourrait être le maintien du suffrage indirect, mais après désignation proportionnelle ou semi-proportionnelle des grands électeurs (avec seuil minimum), une majorité relative (de 40 % minimum par exemple) de délégués et une majorité renforcée d’Etats étant nécessaire à l’élection (avec ajout des membres du Congrès au collège électoral présidentiel, de sorte notamment à limiter les effets de la dispersion possible de la représentation). En tout cas, ce qui gène bien des européens, c’est tantôt que la démocratie américaine ne fonctionne pas comme la notre (ne sommes-nous pas des « modèles idéaux » ? ), tantôt que la diversité l’emporte aux U.S.A., avec des règles variant d’un Etat à l’autre : cela heurte notre sens de l’égalitarisme. La diversité nous fait-elle si peur, que nous la critiquions, même chez les autres. Pourquoi vouloir imposer les mêmes règles partout ? Mots-clés : Etats-Unis, Election présidentielle, Démocratie, Vote. P.S. Comme les Américains,
en outre, ont de l’humour, ils
ne manquent pas de rire de la situation et font circuler des bulletins
de votes « rectifiés » pour éviter les erreurs, tels que les
démocrates les souhaiteraient, c’est à dire donnant dans toutes les hypothèses,
un résultat favorable à Al Gore...
VOTING FOR DUMMIES
Presidential Election Ballot 2000Specifically Designed for Residents of West Palm Beach
County, Florida
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Referendum Vote: Should all votes cast in this election be recast in favor of Al Gore?
Le 13 novembre 2000
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