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LE MONDE LIBRE TOUCHE AU CŒUR La rentrée aux Etats-Unis s’annonçait morose, mais tranquille. Les débats, dont nous devions parler ici même aujourd’hui dans cette rubrique, portaient sur les questions budgétaires et en particulier sur les baisses d’impôts. Les médias, dans la ligne de leur attitude critique pendant la campagne présidentielle, s’interrogeaient sur la capacité de G.BUSH à diriger le pays. Les partisans du Président insistaient au contraire sur la pertinence de sa politique, les baisses d’impôts préparant les conditions de la reprise de l’offre et de la croissance. Tout cela apparaît dérisoire dans la situation actuelle,
et les monstrueux attentats qui viennent de se produire ont balayé toutes
les interrogations. Il n’y a pas grand chose à ajouter sur le plan des
faits, puisque les médias français ont assuré une information ininterrompue
et montré les hallucinantes images que l’on sait. Le bilan sera sans précédent
et il faudra beaucoup de temps pour qu’il soit complet, mais on sait que
des milliers de victimes seront concernées. Il est clair aussi qu’une
telle simultanéité, une telle importance des attentats ne peut provenir
que d’une opération concertée qui a nécessité des moyens, des techniques
considérables, qui ne peuvent provenir que du Proche-Orient. Mais on peut à chaud faire quelques observations : -
N’oublions
jamais ceux qui se sont réjoui bruyamment de ces attentats en poussant
des cris de joie. Ce sont des images que l’on n’est pas près d’oublier.
Ceux-là se sont pas dignes de faire partie du monde civilisé. -
Les
réactions de G.BUSH junior seront suivies de près. Nous sommes
certains que ceux qui ont mis en cause les mois précédents la capacité
de BUSH à diriger le pays, ses qualités intellectuelles, sa force de travail
ou de caractère, vont être démentis par les faits. G. BUSH va se révéler
comme un homme d’Etat et dès les premiers instants il a montré qu'il était
aux commandes, qu'il savait prendre les décisions, y compris celle de
ne pas rentrer immédiatement à Washington, d’assurer sans ambiguïtés la
continuité de l’exécutif, ou de mettre l’armée en Américaine en état d’alerte.
Il a la carrure pour faire face au drame qui vient de se produire et a
su montrer qu’il était le patron. -
Les
réactions des Américains seront conformes à l’histoire de ce grand pays.
Nous avions pu l’observer dans les deux guerres mondiales et en particulier
après Pearl Harbour. L’Amérique est grande dans l’adversité. Il n’y a
plus alors de républicains ou de démocrates, d’adversaires ou de partisans
du Président. Le pays est uni pour faire face. Les Américains sauront
faire preuve de courage et de solidarité. -
La
donne est aussi changée au Proche-Orient. On reprochait à G.BUSH d’être
un peu en retrait dans le conflit entre Israël et les Palestiniens. C’était
exagéré. Mais désormais le conflit concerne l’Amérique directement, sur
son propre territoire. Les Etats-Unis sont donc en première ligne. Certains
ont cru que ces événements tragiques allaient renforcer le courant isolationniste
en Amérique. Ce sera l’inverse et la solidarité des Etats-Unis avec Israël
et leur volonté d’en finir avec le terrorisme sera sans faille. Si ce
sont des islamistes radicaux qui ont commis ce crime, ils ont commis une
faute majeure. Les Américains ne laisseront pas ce crime impuni et l’équilibre
des forces peut en être bouleversé au Proche-Orient si les Palestiniens
ne se désolidarisent pas immédiatement et totalement de ces attentats.
L’Amérique sera bien obligée de revenir en première ligne sur ce front. -
Au
delà de l’Amérique, c’est tout le monde occidental qui est visé. Les Occidentaux,
France en tête, doivent montrer une solidarité sans faille avec les Américains.
Les premières déclarations, en France et ailleurs, ont été dans ce sens.
Cela doit continuer sans aucune hésitation. C’est notre liberté qui est
en cause, le respect de nos droits fondamentaux, l’état de droit. A travers
les Américains, ce sont tous les hommes libres qui sont visés. Face au
terrorisme, aucune hésitation ne peut être possible. Ceux qui commettent
de telles actions sont des barbares. Ceux qui hésitent dans leur condamnation
sont leurs complices : aucun homme politique, même le plus anti-Américain,
ne doit avoir l’indécence de se désolidariser des Américains : il
serait disqualifié à vie. Moralement, aujourd’hui, nous sommes tous des Américains. Mots-Clés : Guerre, Politique, Terrorisme
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