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Serions nous proche du
dénouement dans l'imbroglio politico-mutualiste mafieux de la MNEF? Il
semblerait en tout cas que se joue l'épilogue, les juges d'instruction
ayant déclaré leur enquête achevée. De là à imaginer que justice sera
faite et que la restauration de l'état de droit sera enfin enclenchée,
il n'y a qu'un pas, que l'expérience nous a appris à ne surtout pas anticiper.
L’affaire serait-elle enterrée ? Il semblerait qu'une étape décisive dans l'affaire
de la MNEF soit en passe d'être franchie, puisque les juges chargés de
l'instruction du dossier ont fait savoir aux différentes parties concernées
que leur démarche était en voie d'achèvement imminent. En d'autres termes,
après deux ans d'investigations riches en révélations et en rebondissements,
volet après volet, les juges ont pratiquement reconstitué le puzzle peu
reluisant de ce scandale politique, héritage d'un règne mitterrandien
décadent. Outre le volet concernant les fausses factures de la MNEF terminé
en février dernier, le volet concernant l'ex-ministre de l'économie Dominique
Strauss-Kahn est pour sa part instruit depuis octobre dernier, et a abouti
au renvoi de ce dernier devant les tribunaux pour faux et usage de faux.
En dépit de son indécente précipitation à se faire réélire dans la circonscription
de Sarcelles au début du mois d'avril (avec 53,89% des suffrages, mais
un taux d'abstention de 66,4%), l'homme sera malgré tout jugé courant
mai devant la chambre correctionnelle de Paris. Depuis le 11 avril dernier, les magistrats ont
mis fin aux longues investigations portant sur la présomption de financement
d'emplois fictifs à travers le système MNEF. Au final, cette mutuelle,
et les divers satellites qui gravitaient autour, pourraient constituer
la structure principale d'un réseau politico-financier "mafieux"
impliquant quelque 34 personnes physiques et morales poursuivies pour
"abus de confiance" et "recel", "recel et détournements
de fonds publics", "destruction de preuves", "faux
et usage de faux". La MNEF véritable cheville ouvrière du soutien
trotskiste à l'élection mitterrandienne, paraît être devenue au cours
des années 1980-1990, une vaste "pompe à finance" pour certains
proches et certains membres du P.S. Au centre de cercles concentriques successifs plus où moins diffus se trouve l'homme d'affaires, proche des socialistes, Olivier Spithakis, mis en examen dans ce volet de l'affaire. Directement impliqué par les largesses du directeur général de la MNEF, on relève une dizaine de prétendus salariés, indûment rémunérés, issus d'associations de gauche et d'extrême gauche vouées de la sorte à la cause du P.S. Parmi celles-ci, on retrouve tous les groupuscules folkloriques et médiatiques qui ont fait la gloire du mitterrandisme triomphant comme l'UNEF-ID, SOS-Racisme, les fédérations CFDT de la protection sociale et les fédérations FO des employés et cadres. Notons ici, tout en le déplorant, que la justice a préféré ne mettre en cause que les personnes morales et non pas les bénéficiaires directs de ces salaires fictifs pourtant nommément connus (Fodé Sylla ou Malek Boutih par exemple), estimant que ces rémunérations relevaient d'accords entre la MNEF et les organismes concernés. A un autre niveau dans cette nébuleuse, les juges
situent le député socialiste Jean-Marie le Guen et l'ancien numéro deux
du P.S., Jean-Christophe Cambadelis. Le premier aurait touché, sans que
cela soit justifié, quelque 1,5 millions de francs entre 1989 et 1997,
le deuxième plusieurs centaines de milliers de francs entre 1989 et 1995.
La justice complète enfin l'édifice par une sphère ultime dans laquelle
on retrouve Marie-France Lavarini, ancienne collaboratrice de Messieurs
Jospin et Allègre à l'Education Nationale, et Dominique Paillé député
UDF des Deux-Sèvres. Tous deux sont soupçonnés d'avoir indûment touché
des rémunérations. L'ensemble du dossier devrait être transmis dans
les prochains jours au procureur de la République de Paris, pour que soient
prises les réquisitions nécessaires à un renvoi des protagonistes devant
le tribunal correctionnel. Sous d'autres cieux, l'épilogue de cette déplorable affaire aurait poussé à l'optimisme compte tenu de l'issue juridique imminente et de l'indispensable purge morale d'un monde politique en déliquescence. Mais dans un pays où les "responsables non coupables" sauvent leur têtes à coups de non lieux inespérés, d'immunité catégorielle ou dans des juridictions d'exception, l'état de droit n'apparaît plus que comme une épitaphe désuète, vestige d'un temps oublié, inscription émouvante sur la tombe des affaires enterrées. Mots clés : Affaires, Droit,
Etat, Etat
de droit, Ethique,
Institutions, Justice, Morale,
Politique, Règles. |