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PASCAL SALIN : LE PLAN DE DESTRUCTION DE BUSH
Pascal
SALIN ne pratique pas la langue de bois ni le politiquement correct :
dans une remarquable interview au Figaro, il explique que le plan de relance
de BUSH est en réalité un plan de destruction de l’économie américaine.
On ne sera pas surpris de lire chez le professeur de Paris-Dauphine des
analyses qui rejoignent celles que nous présentons sur ce site. Pour une
fois, les lecteurs du Figaro auront entendu une autre musique que celle
de la pensée unique. Pascal SALIN, professeur à l’université de Paris-Dauphine, vient d’accorder une interview au Figaro du 15 octobre, dans la rubrique « expliquez-vous ». Et l’explication est claire, puisqu’en quelques lignes Pascal SALIN renverse quelques idées reçues. Interrogé sur les mesures d’augmentation des dépenses publiques et les limites du « libéralisme à tout crin », P.SALIN répond que cela ne fait que prouver « que le libéralisme se heurte bien souvent à des pressions politiques ». Or BUSH n’a pas été élu pour pratiquer une relance keynésienne, mais sur un plan de réduction des impôts. P.SALIN voit dans ce changement un effet courant du marché politique, gouvernement et Congrès étant sensibles « à des opérations de lobbying, notamment celles des compagnies aériennes ». Tant que les hommes politiques seront plus sensibles à la pression de leur électorat qu’à la défense de leurs idées, c’est ce qui se produira inévitablement… Mais pourquoi SALIN emploie-t-il cette expression, forte, de « plan de destruction » ? Parce que, comme BASTIAT, encore une fois, le soulignait il y a 150 ans, il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Et ce qu’on voit, ce sont les mesures de soutien. Mais ce qu’on ne voit pas, c’est que cet argent sera pris à d’autres. On dit souvent, lorsque l’on a gardé un peu d’esprit critique, par rapport au keynésianisme ambiant, que c’est un jeu à somme nulle. Faux, explique SALIN : « c’est un jeu à somme négative ». En effet, « on détruit des incitations productives ». On provoque des faillites dans d’autres secteurs, en particulier les PME, qui auront à payer la facture. Toute augmentation des dépenses publiques a ce même effet destructeur- et non pas créateur- car « l’Etat n’est capable que de prendre des ressources à ceux qui les ont crées pour les redistribuer à d’autres ». Mais il y a un autre argument : si l’Etat préfère recourir à l’emprunt, il va alors empêcher les épargnants de financer l’entreprise : « ils achètent des bons du trésor, au lieu d’acheter des actions et des obligations. De plus, l’emprunt, c’est l’impôt futur », vérité que l’on oublie souvent : on transfère la charge sur la génération suivante, belle façon de préparer l’avenir… Évidemment, le journaliste insiste sur la situation exceptionnelle ; cela implique une réponse exceptionnelle de l’Etat. Faux, ; répond là encore l’économiste de Dauphine. C’est l’entrepreneur qui doit s’adapter ; c’est le marché financier qui permet d’atténuer la restructuration, alors que les aides publiques retardent la nécessaire adaptation. En outre la politique monétaire de baisse des taux d’intérêt, que nous n’avons cessé de dénoncer ici même, permet aux entreprises non rentables ou proches de la faillite de survivre artificiellement, alors que certaines devraient disparaître pour faire cesser les gaspillages. Bien entendu, si le plan BUSH s’en était tenu à une baisse d’impôts, cela serait très différent, car on agirait alors sur l’offre, et non sur la demande, et donc on jouerait sur « l’incitation des individus à créer des richesses, en incitant »… à « innover davantage, à épargner davantage ». Bref, un article rafraîchissant, rejoignant les analyses des meilleurs économistes américains, Milton FRIEDMAN en tête, et qui ne surprendra guère les habitués de ce site. Mais ce sont les lecteurs du Figaro qui ont dû être surpris de lire enfin autre chose que les analyses convenues des habituels commentateurs français. Mots Clés : Dépenses
publiques, Economie de l’offre,
Impôts,
Keynésianisme, Relance.
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