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GREENSPAN SERAIT-IL KEYNESIEN
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Pour la première fois en 8 ans, la FED va réduire les taux d'intérêt en dessous du taux d'inflation pour relancer une économie proche de la récession depuis l'attaque terroriste du 11 septembre dernier. Greenspan serait-il tombé dans le piège keynésien ? Les attaques terroristes du 11 septembre dernier n'ont pas fait que provoquer la terreur chez les Américains, elles ont aussi renforcé les craintes de récession qui pèsent sur l'économie américaine depuis quelques mois. Le Dow Jones s'effondre, le NASDAQ s'effondre, la consommation chute, le marché du travail n'est plus en aussi bonnes conditions qu'auparavant (que dire du marché français); en bref, rien ne va plus (une fois encore que dire de l'économie française !!!). Face à cette désastreuse situation, Greenspan, grand manitou de la Fed (président si vous préférez) devait réagir au plus vite. Il n'a pas fallu attendre bien longtemps. Si tôt dit, Si tôt fait. Le lundi 17 septembre, Greenspan annonce une réduction du taux des fonds de la Fed de 3,5 % à 3 %. Mais la situation ne semblant pas s'améliorer, Greenspan a décidé de frapper encore plus fort et d'annoncer une neuvième réduction des taux d'intérêt à 2,5 % pour redonner confiance aux consommateurs et aux investisseurs. Avec cette nouvelle réduction des taux d'intérêt, Greenspan non seulement bat tous les records. Record numéro un, 9ième réduction des taux d'intérêt en moins d'un an. Record numéro deux, cette fois-ci le taux d'intérêt est inférieur au taux d'inflation, ce n'est pas arrivé depuis presque dix ans. Record numéro trois, le taux d'intérêt n'a jamais été aussi bas depuis Kennedy, c'est à dire, 40 ans !!!!
Mais au-delà des records, il y a une question plus important qui se pose. Une question qui tracasse tous les libéraux. La politique monétaire menée depuis presque un an par Alan Greenspan, grand manitou de la Fed (et certainement le deuxième homme, après le président des Etats-Unis, le plus puissant des Etats-Unis, voire du monde), a quelque chose de keynésien, pour ne pas dire, tout de keynésien. Il est vraiment difficile de conclure autrement quand on compare la politique monétaire de Bush avec la théorie keynésienne de lutte contre la récession. Pour lutter contre la récession, la théorie nous dit qu'il faut relancer la consommation et l'investissement (l'épargne n'est pas une vertu mais un vice dans la théorie keynésienne, l'épargnant c'est l'Harpagon de l'avare, détenant précieusement ses pièces d'or dans un coffre caché dans son jardin). En termes de politique monétaire, la relance se traduit par de nouvelles facilités pour les consommateurs. On pourrait miser ici sur les baisses d’impôt souhaitées par Bush, et cet argent ne fera retour au contribuable que dans quelques mois, d’ailleurs l’excédent budgétaire risque de fondre comme neige au soleil avec le plan de sauvetage (quelques 120 milliards de dollars) que le Congrès s’apprête à voter. La méthode plus expéditive est de rendre le crédit gratuit, c’est ce que fait Greenspan. Les nouveaux crédits ont pour contre partie le gonflement de la masse monétaire américaine. Bien évidemment, la théorie autrichienne des cycles d'affaires, développée par Mises et Hayek (qui a gagné le prix Nobel pour cette théorie), nous dit que non seulement cette relance ne marche pas mais qui plus est que ce type de politique monétaire est la cause même du cycle en créant du mal-investissement. Imprimez de la monnaie (ou réduire les taux d'intérêt) N'EST PAS CREATEUR DE PROSPERITE. Son seul effet est de redistribuer la richesse, chaque unité de monnaie perd de sa valeur et ne récompense que ceux qui reçoivent en premier la nouvelle monnaie avant que le pouvoir d'achat de tous les autres ne chute. Les taux d'intérêt sont le prix que nous payons pour vivre dans un monde de rareté. Quelles vont être les conséquences de la politique monétaire de Greenspan ? Question très importante à laquelle on peut tâcher de répondre rapidement. Premièrement, les conséquences ne seront pas celles voulues par Greenspan. Il suffit de prendre le cas du Japon pour savoir que même s'il réduisait les taux d'intérêt à 0,1 %, cela ne va relancer l'économie (c'est à se demander si Greenspan ne souffre pas d'amnésie … non seulement il a oublié les enseignements de la théorie autrichienne qu'il a reçus à New York University quand il assistait aux séminaires de Mises mais, qui plus est, il a oublié ce qui s'est passé ces dix dernières années dans le monde… On se croirait dans le film Mémento, il devrait prendre des photos et écrire dessus à quoi correspondent les photos). Deuxièmement, la politique monétaire peut devancer le redressement de l'économie en différant une récession inévitable. Rappelons une fois encore que la situation présente était inéluctable, elle résulte du boom économique qui a précédé, lequel était disproportionné en comparaison avec le volume de l'épargne. Ce boom économique de la fin des années 90 est le résultat même de l'injection de monnaie par la Fed. Troisièmement, la Fed risque de faire éclater le pouvoir d'achat de la monnaie et d'affaiblir le dollar au niveau international. Elle risque aussi de soutenir des affaires qui devraient faire faillite et stimuler des investissements qui ne devraient pas exister. Elle peut également favoriser des emprunts que personne ne peut rembourser, et placer par la même occasion des individus et des secteurs entiers directement en position de faire faillite. La Fed peut même à ce train créer de l'hyper-inflation. En bref, la Fed a toutes les cartes en main pour ruiner l'économie. A la question, Greenspan est-il un autrichien ? La réponse est NON. A la question, Greenspan est-il un monétariste (ou si vous préférez un disciple de Milton Friedman)? La réponse est encore NON. A la question, Greenspan est-il un keynésien ? La réponse est OUI. N'en déplaise aux libéraux qu'ils soient partisans de la concurrence monétaire, de la monnaie forte, du 100 % étalon-or ou des réserves fractionnaires, Greenspan est un KEYNESIEN. Au passage, n'est-ce pas Hayek qui disait que lorsqu'on laissait la gestion de la monnaie entre les mains du gouvernement (directement ou indirectement), tôt ou tard, il en fera usage à des fins politiques ? Question à méditer. Alexandre Padilla Mots Clés : Cycle d'affaires,
Hayek, Keynesianisme,
Mises, Monnaie,
Politique Monétaire.
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