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EFFETS ET MÉFAITS DE LA "RÉFORME FISCALE"
La gauche plurielle
s'avère, encore une fois, incapable de comprendre la notion de concurrence
fiscale. Elle poursuit sa lutte contre la richesse au lieu de combattre
la pauvreté. La réforme budgétaire ne fera qu'accentuer les tares de la
fiscalité française : une complexité inouïe et une progressivité
décourageante. Rappelons que le taux marginal d'imposition du revenu sera réduit à moins
de 45% par le social-démocrate Schröder. Il est de 40% au Royaume-Uni
et de 39,6% au niveau fédéral aux États-Unis. L'on pourrait se consoler parce que les baisses concernent les taux d'imposition
pour toutes les tranches et qu'en matière d'impôts, toute baisse est bonne
à prendre. Cependant, avant d'applaudir, il vaut mieux regarder de plus
près. 2.L'effet de la baisse du taux marginal est estimé à 755 millions de francs
pour 2001 et de 1,5 milliards pour 2003, sommes qui devraient rester dans
le portefeuille de ceux qui les auront gagnées. (Il est donc incorrect
de parler de "cadeaux"). Cependant, d'autres mesures fiscales
(suppression de l'abattement pour les hauts revenus, alourdissement de
l'imposition des dividendes) devront rapporter à l'Etat environ 500 millions
de francs en 2001. L'Etat reprend d'une main ce qu'il cesse de prendre avec une autre. On baisse
le taux marginal (de manière infinitésimale) et on réduit les déductions
pour compenser : le bilan est quasi-nul. 3.La fierté de Didier Migaud (rapporteur, député P.S.) est que la nouvelle
loi de finances rendra non imposables 2,3 millions de contribuables. Autrement
dit, les autres vont payer davantage, ce qui va accentuer la progressivité,
déjà élevée, de notre système d'imposition. Selon les estimations, si
cette réforme est menée à son terme, en 2003, 20% des ménages paieront
81,7% de l'impôt sur le revenu, contre 79,2% aujourd'hui. Combien de contribuables choisiront de partir à l'étranger ou renonceront
tout simplement à travailler pour le fisc ? 4.Entre ristournes dégressives de CSG, plafonds de décote et de quotient familial
et autres dispositions ciblées, il est très difficile d'y voir clair.
Les contradictions et les effets de seuil sont inévitables et entraînent
à leur tour des mesures correctrices, qui viennent compliquer davantage
l'ensemble. Un effet de seuil se produit chaque fois qu'une mesure introduit une différence
de traitement élevée entre des personnes dont la situation est similaire.
Définir un seuil de pauvreté et aider seulement ceux qui sont en dessous
aura pour effet de décourager les pauvres à s'en sortir (ils perdraient
l'aide) et d'encourager ceux qui sont juste au-dessus du seuil à passer
en dessous. C'est ce qui se passe déjà en France, avec les "trappes
d'inactivité" : il vaut mieux être chômeur ou RMI-iste à temps
plein que travailleur à mi-temps. Même l’INSEE a été obligé de reconnaître
l’existence de ces trappes à inactivité. La France a une fiscalité plus confiscatoire et plus opaque que celle de ses
partenaires européens. Les entreprises (étrangères) ont plus de difficultés
qu'ailleurs à s'y établir et à survivre. Elles ont du mal à recruter et
retenir les cadres supérieurs et l'actuelle réforme ne fait rien pour
y remédier. A terme, ce sont des emplois qui sont empêchés d'apparaître
ou qui disparaissent. Cela fera des revenus et des impôts en moins. Mais
la gauche pourra s'en féliciter : il y aura moins de riches. C’est
bien l’essentiel. On reste dans une logique de lutte des classes
et pas dans la lutte contre la pauvreté. Décidément, le marxisme
n’est pas mort ! Mots-clés : Concurrence (fiscale), Fiscalité,
Impôt.
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