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LE COUT D'OPPORTUNITE DU TEMPS
Le temps, c’est de l’argent. Si ce vieil adage est aujourd’hui mis en avant par les anti-capitalistes comme argumentaire phare, car il conduirait l’homme « à perdre sa vie à gagner de l’argent », il demeure pour autant chargé de sens, du moins si l’on fait référence aux analyses de Gary Becker qui, au côté du revenu, met le coût d’opportunité du temps comme contrainte aux décisions des individus … A travers une formule mathématique qui mesure la valeur individuelle ou relative du temps, le Professeur Ian Walker de l’université de Warwick en Grande Bretagne en apporte la preuve ! Le temps, c’est de l’argent, l’ adage est connu de tous. Personne n’a pris concrètement le temps d’effectuer le calcul individualisé de la valeur de son temps. C’est désormais chose faite avec cette formule mathématique développée par un Professeur Britannique et présentée la semaine dernière sur le site de CNN dans la rubrique SCI-TECH. Le site permet d’effectuer un calcul individualisé du coût d’opportunité de son temps directement en ligne. Si, à première vue, le concept semble être assez simpliste, il demeure pour le moins assez original. Il s’agit de permettre à tout un chacun d’avoir une idée de la valeur de son temps (V). La formule repose en effet sur le taux de salaire horaire(W), le taux d’imposition (t) et le coût de la vie (C) de la localité à laquelle la personne réside. Elle s’écrit V=(W(100-t)/100))/C. Cette formule permet d’avoir la valeur du temps de chaque individu en relation avec les activités qu’il effectue à la minute près. Ainsi, l’étude du professeur Ian Walker montre qu’une heure pour les hommes est évaluée en moyenne à £6.16 contre £4.87 pour les femmes en Grande Bretagne. De même, le coût de préparation d’un dîner, achat des ingrédients compris, qui est de l’ordre de £10.77 pour les hommes est seulement de £9.87 pour les femmes. L’étude peut être déclinée sur plusieurs axes, comparant les localités, les catégories professionnelles, etc. Ainsi peut-on avoir une idée du coût d’opportunité lié aux différentes tâches qu’on peut avoir à effectuer dans une journée. Elle donne un éclairage sur la valeur du temps dépensé au travail et à la maison, à faire la cuisine, à prendre le bus ou la voiture. Elle explique, preuve à l’appui, les arbitrages effectués en termes de travail et loisir et également le choix qu’opèrent certaines personnes lorsqu’elles décident d’embaucher quelqu’un pour effectuer des tâches ménagères ou encore lorsqu’elles sacrifient leur week-end pour une activité bien rémunérée. Mais, au-delà de l’aspect pratique et peut-être gadget, cette étude du professeur Ian Walker est chargée de sens. En effet, au-delà, l’adage « le temps, c’est de l’argent », apparaît comme un aphorisme qui règle le monde moderne. Cela constitue d’ailleurs un des argumentaires phares des adversaires du capitalisme, et par ricochet des adversaires de la mondialisation, accusant le monde moderne d’être « productiviste » et ressuscitant du coup l’adage des années 60 qui stipule que les individus seraient poussés à « perdre leur vie, à gagner de l’argent ». L’étude du Professeur Ian Walker pourrait malheureusement être comprise comme une confirmation de cette logique de l’argent qui « aliène » l’homme, surtout en France, où parler d’argent demeure tabou. Pourtant, cette étude a le mérite de rendre plus palpables les analyses développées par Gary Becker sur l’importance du concept de temps dans les décisions des individus. Des analyses qui dépassent le cadre marxiste qui réduit l’approche économique à des individus motivés par l’égoïsme et l’appât du gain, en mettant en évidence la logique d’individus maximisant leur bien être tel qu’ils le conçoivent, qu’ils soient égoïstes, altruistes, fidèles, rancuniers, masochistes,…. Le point fondamental étant que les actions des individus intègrent la contrainte de temps. Ainsi les différentes déclinaisons des réflexions de Gary Becker, étude de la criminalité, la discrimination, la famille, et surtout le capital humain accordent une importance particulière au coût d’opportunité lié au temps. Les travaux de Gary Becker méritent d’ailleurs d’être interprétés à la lumière des nouvelles approches du temps suggérées par l’école Autrichienne. En particulier Mario Rizzo et Gérald O’Driscoll dans leur ouvrage « L’économie du temps et de l’ignorance » mettent en évidence le caractère subjectif du temps : il y a des minutes plus longues que d’autres, et des heures qui nous paraissent trop brèves. Le coût d’une heure de temps d’horloge (le « temps newtonien ») peut donc être plus ou moins élevé, suivant que le temps nous aura paru plus ou moins long ! Mots-clés : Argent, Coût d’opportunité, Salaires, Temps.
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