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FORTE HAUSSE DES FAILLITES D'ENTREPRISES
La dernière livraison de la société de renseignements commerciaux Dun & Bradstreet (D & B) du lundi 29 avril dernier a fait état du mal qui ronge le tissu économique en France. L’étude de D & B montre en effet une nette augmentation des faillites d’entreprise depuis le début de l’année. D & B fait état de 10731 dépôts de bilan au premier trimestre contre 9020 l’année précédente, ce qui correspond à une progression de l’ordre de 19%. Ce sont logiquement les PME qui sont les plus vulnérables. A titre d’illustration, la progression est de l’ordre de 24,8% et 21,5% pour les entreprises de 5 à 9 salariés et pour celles de 10 à 49 salariés. Par contraste, D & B met en exergue la croissance de la vulnérabilité des moyennes et des grandes entreprises. En effet, pour les entreprises de plus de 200 salariés, la progression des faillites est beaucoup plus importante. L’augmentation est de 266,7% pour les entreprises de 200 à 299 salariés. Elle est de 180% pour les entreprises de plus de 300 salariés. Encore plus inquiétant, selon D & B, « une quarantaine de sociétés de plus de 15 millions d’euros de chiffres d’affaires qui ont déposé le bilan ce trimestre, avaient en moyenne vingt ans, et employaient plus de 7000 salariés… ». Les défaillances ne touchent plus seulement les jeunes pousses, mais concernent désormais les entreprises avec des réputations plus affirmées et fortement implantées dans les tissus économiques locaux. Parallèlement, l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprise) fait état d’une diminution de 6% du nombre des créations pures en mars dernier. Le mal qui ronge le tissu économique en France apparaît donc beaucoup plus profond. Et l’argument du manque d’esprit entrepreneurial des Français ne tient plus. Comme l’a montré en effet le sondage de l’Ifop du début de l’année, 14 millions des français souhaitent créer leur propre entreprise. Et parmi eux, 45%, soit 6 millions, ont un projet précis (voir notre archive de la rubrique économie « 14 millions de Français aspirent à plus de liberté… » de janvier 2001). Les vraies causes des défaillances d’entreprises sont donc ailleurs. Certes, la mauvaise conjoncture actuelle a sa petite part de contribution. Toutefois, et comme l’a souligné l’étude de D & B, l’augmentation continue des retards de paiements depuis 15 mois, facteur le plus souvent évoqué comme cause principale des défaillances de PME, s’est stabilisée au premier semestre. L’explication du phénomène et de sa généralisation, tient donc à l’ensemble des politiques publiques qui ont conduit à accroître le poids des contraintes financières des entreprises. Il s’agit tout d’abord des multitudes de réglementations, les 35 heures, la loi de « modernisation » sociale, la nouvelle régulation économique qui alourdissent le coût du travail et qui anesthésient l’esprit d’initiative, et donc la création d’entreprise. Il s’agit ensuite du poids sans cesse croissant de la fiscalité qui paralyse l’ensemble des entreprises et en particulier les PME. Il s’agit enfin du repli idéologique, fondé sur le mépris du marché et la diabolisation de la bourse, qui contraint les entreprises, surtout les PME, à se financer essentiellement par voie d’endettement, à taux élevé la plupart du temps. Ce qui ne fait que renforcer leur fragilité. Mots-clés : Défaillance, Entreprises, Entrepreneur.
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