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EDF : LE CLAIR OBSCUR
Difficile d’y voir clair dans la stratégie et le d’Electricité de France. Prédateurs à l’extérieur et sous haute protection à l’intérieur, EDF offre désormais une contradiction permanente de la notion de service public en France. Aujourd’hui, avec l’acquisition de l’électricien britannique Seeboard et la demande de hausse de tarif de 4,9% au gouvernement, EDF semble vouloir préparer sa privatisation. Reste à savoir si le nouveau gouvernement aura le courage politique nécessaire pour faire front aux réticences doctrinales des syndicats ! En
mars dernier, à la place d’un vrai débat entre les dirigeants européens
sur la libéralisation de l’électricité, on a accepté un compromis politique
de circonstance qui a conduit à une « ouverture » symbolique
du secteur de l’énergie. José-Maria AZNAR, président en exercice de l’Union
européenne, Berlusconi et Tony BLAIR ont manqué de jus pour défendre cette
libéralisation, (voir notre archive rubrique Economie). Cela s’est fait
bien sûr au détriment des consommateurs européens, puisque les ministres
ont préféré une libéralisation purement symbolique, qui prévoit notamment
d'ouvrir 60% des marchés de l'énergie - en 2003 pour l'électricité et
en 2004 pour le gaz - à destination des professionnels seulement. Aucune
date d’ouverture en revanche n’est prévue, même à titre symbolique pour
les particuliers. Mais pour l’instant
EDF poursuit ses acquisitions à l’extérieur. Le mardi 18 juin dernier,
EDF a obtenu l’appel d’offres pour l’acquisition de l’électricien britannique
Seeboard pour la somme de 2,18 milliards d’euros. Parallèlement, François
Roussely, le Président d’EDF, récidive et demande au nouveau gouvernement
ce qu’il n’a pas obtenu du précédent, à savoir une hausse de ses tarifs de 4,9%. Si a priori
ces nouvelles donnes peuvent apparaître cohérentes, les acquisitions nécessitant
des disponibilités en capital, elles ne disent rien de définitif sur l’avenir
d’EDF. car les dirigeants
de l’entreprise font face à deux obstacles majeurs. Le premier est relatif
au cadre réglementaire et à son statut public. En effet, si EDF estime
aujourd’hui que la pérennité de son activité et sa stratégie de développement
reposent de plus en plus sur ses parts de marché à l’international, son
statut public a prive de la possibilité de procéder à des acquisitions
par échanges de titres. Elle ne peut que procéder par endettement. Ce
qui alourdit progressivement ses charges financières. Il est à noter qu’aujourd’hui,
après la dernière acquisition, la dette d’EDF s’élève à 22,2 milliards
d’euros, alors que la rentabilité se traîne, l’entreprise ayant vu une
diminution de ses résultats nets de 26% en 2001. Ce poids croissant de
l’endettement fait penser au syndrome France Telecom. A ce jeu, les premiers
perdants sont les consommateurs privés des vertus de la concurrence. Mais
vont s’ajouter à eux les contribuables, qui seront appelés nécessairement
à la rescousse une fois l’entreprise en grande difficulté. Le deuxième
obstacle majeur est l’hésitation du gouvernement. Faisant fi des réactions
des différents Etats européens quant au caractère asymétrique de la concurrence
sur l’électricité en France et des soucis de rentabilité des dirigeants
de l’entreprise, le gouvernement semble entretenir le flou en défendant
la notion de « service public à la française ». Une conception
qui consisterait à préserver le monopole d’EDF sur le territoire national
au nom de la défense des salariés et des syndicats. Mieux encore, craignant
la réaction des syndicats, le gouvernement semble privilégier, à la place
de la privatisation progressive d’EDF, le schéma alternatif réclamé par
les syndicats, et qui consiste à fusionner EDF avec GDF, tout en sauve
gardant leur statut de monopole, bien évidemment ! Mots
clés : Concurrence,
Entreprise,
Monopole,
Réglementation. Dossier
: Concurrence,
EDF. |