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LA BOURSE EN CHUTE : POURQUOI ? La coupe du monde et les élections ont fait que la chute vertigineuse des marchés et du CAC 40 en particulier, est passée presque inaperçue auprès du grand public. Par contraste cette chute à probablement marquée les investisseurs et les actionnaires plus actifs, petits ou grands. Apparemment la Bourse fait des siennes. La chute est presque permanente depuis 2 ans. Si l’explication donnée est celle de l’atterrissage après plusieurs bonnes années et de la surévaluation des sociétés technologiques, toujours est-il que la forte chute de Wall Street et des principaux marchés, alors même que les signaux économiques de reprise sont bien perceptibles, du moins aux Etats-Unis, laisse les investisseurs perplexes. Après le mauvais contrôle des contrôleurs, la mauvaise analyse des analystes fait perdre ses repères à la Bourse ! La domination quasi-absolue des événements sportifs sur l’ensemble de l’actualité a éclipsé la nette baisse des grands indices boursiers depuis lundi dernier. Le Dow Jones, principal indicateur de Wall Street a reculé de 2,7%. Le Nasdaq, indicateur phare des valeurs technologiques a baissé de 3,29%. Et le CAC 40 affiche une baisse de plus de 3,82% et file sous les 4100 points. La chute est ainsi continue depuis près de 2 ans. L’optimisme modéré affiché par les économistes au début de l’année 2002 n’a donc pas empêché les marchés de chuter. En cinq mois, l’indice Dow Jones a cédé près de 3,11%, le Nasdaq 19,89%, et le CAC 40 plus de 10%. Ce qui marque une nouvelle crise de défiance de la part des investisseurs quant aux marchés des actions, et ce, malgré les signaux économiques favorables. Le paradoxe est ici saisissant. Les investisseurs sont apparemment perplexes. Et, dans le doute, ils préfèrent s’abstenir en cédant leurs actions. Ils délaissent les signaux de reprise annoncée et semblent défier la macro et la microéconomie en anticipant une révision à la baisse de la croissance, une avalanche des « Profits Warning ». Tétanisés par les dégâts de l’affaire Enron, Tyco et autres, qui ont entraîné un doute quant à la sincérité des comptes, ils suspectent la pertinence de la rigueur de l’interprétation des comptabilités et des prévisions sur les résultats futurs fournies par les analystes. Cette défiance des investisseurs ferait ainsi perdre ses repères à la Bourse. Son rôle régulateur et d’allocation optimale des capitaux est perturbé par la mauvaise qualité du travail des financiers. L’affaire Enron constitue un précédent à cette atmosphère délétère. Elle a généralisé la méfiance à l’endroit de ceux qui ont pour mission d’informer les actionnaires sur la réalité comptable. Aujourd’hui, le même soupçon se dirige vers les analystes financiers, chargés non pas de contrôler ou d’authentifier les comptes, mais de les interpréter. Muni de leurs modèles mathématiques de plus en plus sophistiqués, les analystes annonçaient la pluie et le beau temps sur les marchés. Equipés d’une batterie de ratios et de règles de gestion toutes faites, ils donnent l’impression de maîtriser l’économie et de défier l’imprévisible. Mais les avalanches de « Profit warning » de ces derniers temps, ont eu raison de ceux qui cultivent le culte des chiffres et des ratios. Les modèles de calculs mathématiques ou économétriques constituent certes des outils d’aides à la décision, mais ils ne peuvent aucunement remplacer les aléas de la réalité. Mais, au-delà de leurs méthodes utilisées, une autre dérive spectaculaire est celle de l’accroissement du rôle des analystes pour la vente ou la mise sur le marché de tel ou tel titre. Ce rôle les conduit souvent à utiliser la langue de bois, en insistant sur les qualités d’une société, et en minimisant ses défauts. Ces multiples dérives n’ont donc fait que renforcer la défiance des investisseurs. Elles posent certes un problème à l’avenir du capitalisme et de l’économie des libertés et des responsabilités. Néanmoins, une des forces même du capitalisme est celui de porter à nu ses difficultés et de les dépasser. Mots-clés : Actionnaires, Bourse, Confiance, Investisseur.
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