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UN EMPLOI PUBLIC DÉTRUIT 1,5 EMPLOI PRIVÉ !
La Revue Économique de mai 2002 publie
un article consacré à l'analyse de l'effet net de la création d'emplois
publics dans 17 pays de l'OCDE durant la période 1960-2000. L'étude réalisée
par Yann Algan, Pierre Cahuc et André Zylberberg suggère que "la
création d'un emploi public détruit 1,5 emploi privé, augmente le nombre
de chômeurs de 0,3 et diminue faiblement la participation au marché du
travail".
Voici en détail les conclusions des auteurs : "1) En moyenne, l'emploi public
a eu un effet d'éviction de grande ampleur sur l'emploi privé dans les
pays riches de l'OCDE au cours de la période 1960-2000. 2) L'impact de la création d'emplois
publics dépend crucialement du type d'emplois publics créés. Deux
caractéristiques jouent un rôle prépondérant : le degré de substitution
entre la production du secteur public et celle du secteur privé, et la
taille des rentes offertes par le secteur public. Ceci suggère que des
réformes du secteur public agissant sur ces deux caractéristiques peuvent
avoir un impact important sur les performances du marché du travail.
3) Aucun élément ne justifie l'idée selon laquelle l'emploi public diminue durablement le chômage dans les pays où le secteur public produit des biens substituables à ceux du secteur privé et où les rentes dans le secteur public sont importantes". Nous avons dénoncé maintes fois sur ce site le raisonnement fallacieux selon
lequel la lutte contre le chômage passe par la création d'emplois publics.
Le financement de ces emplois est synonyme d'impôts supplémentaires qui
détruisent ou qui empêchent la création d'autres emplois dans le privé.
Tout le monde connaît maintenant la formule de Bastiat : il y ce
qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Le terme employé pour désigner ce
phénomène – effet d'éviction – sous-estime l'ampleur des effets pervers
des emplois publics. Ces derniers ne se substituent pas simplement aux
emplois privés, ils en détruisent davantage. Rien d'étonnant donc à la
hausse du chômage qui accompagne la création d'emplois publics. L'analyse économétrique citée suggère que les effets pervers des emplois publics
sont plus graves dans les pays où ces derniers concurrencent directement
le secteur privé et où ils sont assortis de privilèges (emploi à vie,
retraite avantageuse, meilleures conditions de travail, possibilité de
corruption, etc.). Autrement dit, il n'y a aucune raison de s'étonner si le chômage est un problème
permanent lorsque des emplois publics sont créés à la seule satisfaction
de leurs titulaires (sans tenir compte de "l'usager" et du contribuable),
lorsque l'État concurrence les entreprises privées (automobiles, avions,
banques, assurances, télécommunications, autoroutes, télévision, radio,
poste, etc.) au lieu de remplir correctement ses missions (défense, police,
justice). Pour les libéraux, ce ne sont pas ces conclusions qui constituent une surprise,
mais plutôt leur publication dans une revue qui n'a pas la réputation
d'être particulièrement favorable aux thèses libérales. Cela constitue
un événement de nature à justifier un optimisme tempéré pour l'avenir :
les yeux finiront bien par s’ouvrir pour se rendre à l’évidence.
Mots-clés : Chômage,
Dépenses publiques, Emploi, État,
Marché du travail.
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