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DIMINUER LES IMPÔTS : NON ! REDUIRE LES TAUX D’IMPOSITION : OUI ! Faut-il baisser les impôts de 5% dès cette année ? Paradoxalement la réponse libérale est non. Car l’urgence est de diminuer les taux, et pas la masse des recettes fiscales, qui pourrait au contraire se gonfler en cas de réduction des taux. C’est l’effet Laffer. Tout
le monde discute actuellement les réductions d'impôts auxquelles s'est
engagé le Président Chirac pendant la campagne : comment financer
les 30 milliards d'euros d'allégements ? Est-ce compatible avec les
autres promesses, qui impliquent 20 milliards d'euros de dépenses supplémentaires ?
Qu'en est-il de l'engagement d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2004 ?
Ce débat est obscurci dès le début par la confusion entre réduction des
impôts et réduction des taux d'imposition. Dans les projets de réforme fiscale, un élément négligé est l'impact du taux
d'imposition sur le comportement des individus. Il est souvent supposé
qu'une variation de ce taux laisse inchangé le niveau de l'activité. Dans
cette hypothèse, si l'on augmente les taux d'imposition, le montant total
des impôts collectés augmente, si les taux baissent, les recettes fiscales
diminuent. Cependant, cette hypothèse est tout simplement fausse. Un simple raisonnement
économique suffit pour le comprendre : les individus choisissent
entre travail et loisir, entre travailler une heure de plus (et gagner
davantage) ou "profiter de la vie". Le gain net de la dernière
heure travaillée doit donc compenser l'individu pour l'effort effectué
mais aussi pour renoncer aux loisirs qu'il aurait pu avoir pendant ce
temps. Il est évident qu'un taux d'imposition supérieur réduit le gain
net de la dernière heure travaillée. Non seulement l'individu n'est pas
incité à travailler davantage mais il peut être découragé au point de
réduire son activité. L'existence d'une fiscalité progressive amplifie
cet effet décourageant. Pour ces raisons, les augmentations du taux d'imposition
"rapportent" à l'État toujours moins que prévu. De manière symétrique, les diminutions des taux d'imposition augmentent pour
le travailleur le gain net d'une heure de travail, ce qui encourage le
travail : il y aura davantage de richesses produites. Dans les pays
à fiscalité élevée, la diminution des taux d'imposition peut donc engendrer
un accroissement de l'activité suffisant pour entraîner une hausse des
recettes fiscales : avec un taux d'imposition inférieur, le montant
total des impôts collectés augmente. C'est ce qui s'est passé aux États-Unis
au temps de Ronald Reagan et, plus récemment, en Russie. (Nous en avons
parlé sur ce site, les articles peuvent être consultés dans les archives).
Ce mécanisme a été expliqué par l'économiste américain Arthur Laffer et
représenté graphiquement par la courbe qui porte son nom. La question est de savoir si la France est dans la situation où "l'effet
Laffer" pourrait jouer. Selon une étude publiée aujourd'hui par la
revue Forbes (voir www.forbes.com), la France occupe la première
place parmi les pays développés du point de vue du niveau général de la
fiscalité (capital, travail, TVA, charges sociales, etc.). Autrement dit,
si les réductions des taux d'imposition étaient réellement décidées, le
montant des impôts collectés serait supérieur à ce qui est prévu par nos
technocrates. Dans quelque temps, on pourra reparler de la cagnotte. En mettant l’accent sur la baisse des impôts plutôt que sur celle des taux,
le gouvernement actuel raisonne en termes ordinaires, c’est à dire keynésiens :
la baisse des impôts libère le pouvoir d’achat, donc gonfle la consommation
et la dépense globale. Voilà qui nous rapprocherait de la croissance et
du plein emploi. C’est « l’économie de la demande ». Au contraire,
une baisse des taux a un effet sur la création de richesses et décide
tout le monde à entreprendre, travailler et épargner davantage :
c’est « l’économie de l’offre ». Mots-clés : Charges (sociales), Économie
de l'offre, Fiscalité,
Impôt, Laffer
(courbe de). |