NIMES PRIVATISE SA FERIA

Rendez-vous traditionnel de Pentecôte des aficionados, la feria de Nîmes a fêté cette année ses 50 ans. L’occasion pour la « Rome française » d’abriter une fête colorée et vivante avec ses bodegas (bars et tapas) et défilés des gardians (gardiens de bœufs, taureaux ou chevaux en Camargue), pour témoigner qu’elle est fière de son passé, de ses monuments, places et jardins. Fière de son maire novateur, qui, lui, a choisi cette année de confier l’organisation des festivités à un opérateur privé. Fière parce que ses contribuables n’auront plus à payer pour un spectacle qui n’intéresse qu’une minorité. Leçon de bon sens…


Nîmes, 135 000 habitants, attire annuellement près d’un million de visiteurs qui viennent mettre de l’ambiance dans sa fiesta taurine. Des visiteurs dont le poids économique est assez considérable pour la ville. En effet, en l’espace de moins d’une semaine, la dépense totale des quelque 50 000 à 70 000 inconditionnels aficionados, avoisine les 66 millions d’euros et peut même les dépasser. Une recette que se partagent les professionnels de la ville (hôteliers, restaurateurs, brasseries, bodegas, artisans, commerces en tous genres, etc.) La mairie de la ville a compris que, pour continuer à assurer un accueil et un service de qualité, la tâche d’organiser la feria devrait être relayée par des professionnels. Des professionnels qui ont le sens de l’innovation et de l’entreprise, mieux outillés pour pouvoir anticiper les besoins et désirs du public afin de les  satisfaire au mieux « la feria est une affaire de professionnels. Ce n’est pas notre vocation, il faut savoir choisir les meilleurs toros, les meilleurs matadors, c’est très complexe », insiste Michel RENOULEAUD. Ce professionnel, qui a pris l’affaire en mains, compte 20 personnes permanentes dans l’effectif de son personnel et a embauché quelque 200 vacataires le temps de la feria.

En plus des économies que la mairie a faites en déléguant l’organisation de l’événement à des opérateurs privés, elle a pu se concentrer sur le montage d’expositions et spectacles sur la tauromachie. Une initiative qui lui a permis de mobiliser 1 000 employés municipaux, chargés aussi de superviser la restauration occasionnelle liée à cet événement.

La mairie de Nîmes a compris que la feria n’est pas un service public, et que ce n’est pas au contribuable de payer les frais d’un spectacle auquel il ne s’intéresse guère ou peu, comme l’explique Simon CASAS, le patron de la feria de cette année. En la circonstance, et à l’image des fonctions de base d’un Etat gendarme, la mairie ne doit assurer que la sécurité, en requérant les services des compagnies de CRS.

Ce qui vient de se passer à Nîmes est une leçon de bon sens et peut servir le modèle pour le « mieux d’Etat », qui devrait à jamais se substituer au « trop d’Etat ». Il est grand temps de comprendre que l’Etat devrait arrêter de fourrer le nez dans des activités qui ne ressortissent pas de ses compétences, et de laisser davantage d’espace à l’initiative privée, tout en lui assurant les bonnes conditions de sécurité, pour qu’elle puisse agir librement et sereinement.

En agissant ainsi, la mairie de Nîmes démontre que la prestation fournie par une entreprise privée est synonyme d’économie des ressources et d’efficacité, et que cette même prestation est synonyme de gaspillage et d’inefficacité, lorsque l’Etat décide de s’en occuper lui-même.

Mots-clef : Bien privé, Bien public, Etat gendarme, Initiative privée, Service public.