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LE PEN : UN PROGRAMME ULTRA-LIBERAL
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Les opposants à Le Pen n'en sont pas à un mensonge près. L'un des plus
gros consiste, comme on l'a lu sur beaucoup de tracts, à taxer son programme
"d'ultra-libéral" ! Voilà qui est surprenant. Le MEDEF, par
la bouche d'Ernest-Antoine SEILLIERE, a mis les choses au point : le programme
de LE PEN est totalement anti-économique et irréaliste. Les zélateurs de CHIRAC avaient pressé le MEDEF de prendre position et de donner des consignes de vote. Le MEDEF s'était abstenu de toute consigne publique et directe au premier tour, et a gardé la ligne pour le second tour : au risque de décevoir certains adhérents Ernest Antoine SEILLIERE n'a pas appelé à voter CHIRAC de manière ouverte, estimant à juste titre que ce n'était pas le rôle de l'institution patronale de participer à la mêlée politique. Mais il n'en a pas moins critiqué avec sévérité le programme économique de Jean Marie LE PEN, laissant aux électeurs la liberté de se prononcer sur d'autres critères, c'est leur droit. Sans vouloir entrer dans le détail du programme, on peut en relever ce qu'il y a de plus marquant : la rupture avec l'Europe économique, le rétablissement de droits de douane aux frontières, le remplacement de l'Euro par le Franc à l'intérieur de notre territoire. Il y a là ou bien des incongruités (le Franc serait-il en parité fixe avec l'Euro, comme Bruno GOLNICH l'a laissé entendre en faisant un parallèle avec l'Ecu, naguère unité de compte commune à tous les pays de la Communauté ?), ou bien des impossibilités : nous sommes trop liés avec nos partenaires européens pour jouer la carte du protectionnisme et a fortiori de l'isolationnisme. Refuser le libre-échange semble donc être une curieuse façon de comprendre "l'ultra libéralisme". Il est vrai que Maurice ALLAIS, dont se réclame volontiers le Front, ainsi que trois autres prix Nobel (lesquels ?) sont opposés au libre-échangisme, mais voilà bien longtemps qu'ALLAIS n'est plus considéré comme libéral dans les cercles scientifiques, s'il ne le fut jamais. Une autre idée de Maurice ALLAIS inspire le Front : la suppression de l'impôt sur le revenu. Une idée que défend d'ailleurs depuis toujours Jean Claude MARTINEZ, député européen FN, professeur de finances publiques. C'est une idée discutable certes, mais qui ne résout pas deux problèmes : quelles recettes de substitution (le recours aux droits de douane est ridicule), et surtout quel progrès véritable lorsque l'on supprime le seul impôt dolore pour le remplacer par des impôts anesthésiants (type TVA). Le MEDEF a aussi indiqué la
gravité de l'erreur qui consiste à établir des relations de travail dans
l'entreprise sur la base d'une discrimination, tenant à la nationalité
des travailleurs ou pas. La qualité économique et éthique d'un marché
du travail est sa fluidité et son ouverture. Tout cela méritait d'être dit. Il faudra à LE PEN beaucoup de progrès dans sa connaissance de l'économie pour approcher d'un programme "ultra-libéral". Mots-clés : Fiscalité, Libre-échange, Nationalisme, Protectionnisme. Dossiers : Fiscalité. |