LA CROISSANCE MONDIALE REPART … GRACE AUX ETATS-UNIS

Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales, publié jeudi 25 avril dernier, l’OCDE prévoit une reprise de la croissance mondiale en 2002 et 2003 plus importante que prévue. Cette reprise serait due au dynamisme des Etats-Unis (avec 2,5% en 2002 et 3,5% en 2003), l’Union européenne restant à la traîne (1,3% en 2002 et 2,9% en 2003). Certains pays européens, dont la France en particulier, se sont fait épingler sur l’absence de réforme, maintenant le chômage à un niveau élevé, et sur la nécessité d’un assainissement de leurs finances publiques. Après la fièvre électorale et le laxisme budgétaire, les Français devront bien « se serrer la ceinture », quelque soit le futur gouvernement.


Dans ses prévisions de printemps, publiées jeudi 25 avril dernier, l’OCDE a revu à la hausse ses prévisions de la croissance mondiale. Ainsi, le taux de croissance des pays de l’OCDE devrait atteindre 1,8% en 2002 et 3% en 2003.

Cependant, ce taux moyen et global cache la réalité et les différences entre les économies. Une analyse plus approfondie fait ressortir plusieurs points.

1)       Les Etats-Unis sont de nouveau le moteur de l’économie mondiale. Si l’OCDE revoit à la hausse ses prévisions de croissance, c’est grâce aux performances de l’économie américaine qui tire la moyenne mondiale vers le haut avec un taux de croissance du PIB de 2,5% en 2002 et de 3,5% en 2003. Le choc du 11 septembre semble complètement absorbé et une telle croissance est due en très grande partie (selon l’OCDE) aux baisses d’impôts prévues (la hausse de 5,8% du PIB au 1° trimestre 2002 confirme cette reprise américaine).

2)       Le taux moyen de la croissance est trompeur à cause de la récession que connaîtra encore cette année le Japon (-0,75% du PIB). Il devrait réaliser une hausse minime (+0,25%) l’année prochaine.

3)      La croissance européenne même si elle reste proche de la moyenne des pays de l’OCDE (1,3% en 2002, soit pratiquement deux fois moins que la croissance des Etats-Unis ; 2,9% en 2003) est très loin du rythme de croissance de l’économie américaine.

Si les prévisions de croissance ont été revues à la hausse grâce au dynamisme des Etats-Unis, les pays européens, et la France en particulier, se sont fait épingler sur leur absence de réforme. Ainsi, même si les perspectives de croissance sont meilleures que celles de l’année dernière, les prévisions concernant le chômage et le poids des déficits publics sont plus sombres.

En dépit de toutes les (pseudo)mesures, comme les 35 heures, et les « astuces » statistiques (voir nos articles en archives) pour faire baisser le taux de chômage, il « restera élevé » selon l’OCDE, jusqu’à 9,2% en 2002 (8,7% l’an dernier), pour retomber en 2003 à 9%. Au contraire, l’OCDE estime que la loi des 35 heures est carrément destructrice d’emplois et est une menace pour la croissance française : « Les effets sur l’emploi du ralentissement actuel (…) pourraient se renforcer lorsque l’impact initial de l’allègement des cotisations sociales et des autres mesures de soutien associées à l’introduction de la semaine de travail de 35 heures disparaîtra ».

L’OCDE donne plusieurs recommandations aux pays européens, valables particulièrement pour la France, allant à l’encontre de la politique menée à l’heure actuelle : i) il faudrait rendre sa flexibilité au marché du travail en diminuant les prélèvements obligatoires sur le travail peu qualifié et en augmentant le taux d’activité des travailleurs âgés ii) assainir les finances publiques et œuvrer en faveur de l’équilibre budgétaire. A cet égard, l’OCDE estime que « le budget 2002 ne prévoit pas la poursuite de l’assainissement des finances publiques. En conséquence, d’importantes économies budgétaires devront être réalisées dans un avenir proche ».

En conclusion, la croissance semble bien repartir, mais ailleurs (aux Etats-Unis), la France et les pays de l’Union européenne restant simplement dans le sillage américain. De plus, ce ne sont que des prévisions : ces taux de croissance seront réalisés si le prix du pétrole ne s’envole pas, si le protectionnisme (acier, agriculture, textile etc.) et les entraves au marché ne progressent pas davantage. Sinon, les solutions pour rejoindre les Etats-Unis sont connues : baisse des impôts, assainissement des finances publiques et baisse des dépenses sociales, suppression des 35 heures et réforme du marché du travail, etc. Une fois l’euphorie électorale passée, le prochain gouvernement aura fort à faire, quelle que soit sa composition, si les Français veulent rester « dans la course ».

Mots-clés : Croissance, OCDE, Finances publiques, 35 heures.

Dossiers : Croissance, 35 heures.