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L’E CARTE DE CREDIT : EN ROUTE VERS LA MONNAIE ELECTRONIQUE ! On l’avait annoncée depuis longtemps, la voici enfin ! L’e-carte bleue est une carte bancaire virtuelle, qui permet de mieux sécuriser les paiements sur Internet. Cette carte permet de fournir un numéro, unique et limité dans le temps, soit à la transaction, soit sur une durée définie. Est-ce une nouvelle invention ? Pour la France peut-être ! Mais pas pour les pays anglo-saxons. Il est important de rappeler que ce système de monnaie électronique existe depuis bien longtemps. Cette évolution monétaire pourrait fournir aux individus une double protection : une protection contre les fraudeurs et une autre contre les pouvoirs publics… Ce sont deux banques françaises qui se lancent dans
l’aventure de la « carte de crédit virtuelle ». La Société Générale
et la Caisse d’Epargne sont en effet les deux premiers établissements
à adopter la technologie de l’e-carte. Les clients de la société Générale
peuvent y souscrire depuis le 9 avril dernier ; ils seront bientôt
rejoints par ceux de la Caisse d’Epargne d’Ile-de-France, et d’autres
dans l’avenir… Le groupe Visa chapeaute l’opération en France, puisque
c’est le GIE Carte Bleue (groupement d’intérêt économique) qui en
est le maître d’œuvre. Le GIE Carte Bleue regroupe les plus grandes banques
du pays (près de 200 établissements), sous la houlette de Visa, pour faire
la promotion de ses propres solutions de crédit. A ne pas confondre avec
le GIE dont la vocation est d’assurer le développement et la sécurité
du système interbancaire de paiement par cartes. Le principe de cette e-carte n’est pas nouveau. L’idée
reprend le principe du « mot de passe dynamique », un sésame
électronique éphémère (qui ne sert qu’à un moment donné), dont se servent
les employés, techniciens ou commerciaux, pour se connecter à distance
sur leur réseau d’entreprise. Le porteur de cette vraie-fausse carte de
crédit, déjà identifié auprès de sa banque, n’aura plus à taper les seize
chiffres de sa carte de paiement, mais ceux d’un numéro temporaire fourni
par sa banque, lors de sa transaction. Comment fonctionne ce système ? Le principe est très simple. Dans un premier temps, vous souscrivez ce service sur le site Internet de la banque. Puis, dans un deuxième temps, vous téléchargez (sur PC uniquement pour l’instant) un logiciel spécifique, qui apparaît ensuite sur votre ordinateur sous la forme d’une icône en bas de votre écran. A partir de ce moment, vous êtes en mesure de faire votre achat. Il suffit de cliquer sur l’icône. Par la suite, le logiciel vous demandera votre identifiant et le mot de passe que votre banque vous aura envoyés, dès la souscription. Il reste à indiquer le montant de l’achat que vous souhaitez payer sur Internet. Cette « carte de crédit virtuelle », présentée
comme une arme pour « restaurer la confiance des consommateurs »,
apporte en réalité une amélioration technique en matière de sécurité et
de transmission des informations. En effet, la e-carte émet, de façon
aléatoire, un numéro spécifique, unique, pour chacun de vos achats en
ligne. Et c’est lui que vous allez inscrire à l’endroit où le cybercommerçant
vous demande d’indiquer le numéro de votre carte bancaire. Plus besoin,
donc, de mentionner celui de votre « vraie » carte de paiement. L’e-numéro émis par l’e-carte ne peut servir qu’une
fois. Même s’il était piraté, sur Internet ou chez le cybercommerçant,
il n’est pas réutilisable pour régler un autre achat ! Précaution
supplémentaire : ce numéro n’est de toute façon valable que pour
payer le montant que vous avez saisi au préalable. Avec ces deux verrous
de sécurité, l’e-carte bleue a vocation à rassurer les internautes, souvent
inquiets à l’idée d’envoyer en ligne le numéro de leur « vraie »
carte bancaire. Un avantage supplémentaire concerne le faible coût de
ce système. La Société Générale fait payer seulement 6 euros une fois
pour toutes pour la souscription, puis 0.5 euro pour chaque e-paiement
(à titre d’exemple, le coût d’un chèque bancaire est au minimum de 5 euros,
sans compter le délai de décaissement). Le développement en France du système d’e-carte de
crédit joue en faveur du consommateur. Désormais, il peut effectuer ses
achats à des faibles coûts et à risque minimum. Mais ce même consommateur
pourra-t-il protéger son intimité financière ? C’est difficile, dans
la mesure où tous les paiements effectués vont apparaître sur le compte
bancaire traditionnel. Ce sont toujours les mêmes euros, les même dollars
qui circulent d’un compte bancaire à un autre. Même si les banques ont
la possibilité d’émettre de la monnaie à partir de leurs dépôts, la quantité
finale de monnaie émise reste régulée par les autorités. La véritable
nouveauté n’apparaît qu’avec la monnaie électronique. La monnaie électronique offre des nouvelles cartes
dites des cartes à « puces intelligentes » (smart cards). Avec
ces cartes, la mémoire stocke une certaine somme de monnaie qui est débitée
quand il y a achat. La dématérialisation va même jusqu’à la totale disparition
de la carte. La somme de monnaie peut simplement être mémorisée dans le
disque dur d’un ordinateur par l’intermédiaire d’un logiciel offert par
la banque. La différence avec l’e-carte de crédit est que personne
ne peut connaître l’affectation de la monnaie chargée, ni la banque, ni
même surtout les autorités. La cryptographie, utilisée dans les paiements,
offre des possibilités insoupçonnées aux individus dans l’optique de préserver
l’intimité de leur vie privée. Dans le même sens, la monnaie électronique
offre la possibilité de mémoriser les intérêts associés au crédit, lesquels
dépendent de la durée pendant laquelle la somme est conservée. De plus,
la monnaie électronique peut couvrir son détenteur contre les méfaits de l’inflation. La banque émettrice de monnaie électronique
peut proposer un contrat stipulant que le pouvoir d’achat de la monnaie
électronique circulant sous sa signature est protégé contre l’inflation.
Ainsi, que ce soit pour se procurer un intérêt ou pour protéger contre
l’inflation, la monnaie électronique vient de plus en plus concurrencer
les moyens de paiement traditionnels. La concurrence monétaire se profile
derrière l’émergence de la monnaie électronique. Mots clés : Concurrence monétaire, Cryptographie, Dématérialisation, Intimités, Monnaie électronique.
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