![]() |
||
|
CONJONCTURE
POST-ELECTORALE
Les
Français ont l’esprit trop occupé par les élections, même s’ils doivent
s’abstenir, pour prêter l’attention qu’il convient à la conjoncture de
l’économie française après le 5 Mai. Ils le devraient pourtant :
seul un gouvernement réformateur certes, mais aussi assez courageux pour
maîtriser un 3° tour social, peut éviter la catastrophe. L’économie française
est malade de la politique. N’est-ce pas pour cela que la Bourse a chuté
de 1,7% ce matin ?
Pourtant,
le fameux document de Bercy ne laisse aucun doute : sur le front
des finances publiques, il n’y a rien de bon à espérer dans les prochains
mois. Et la hausse des prix enregistrée en Mars n’est pas non plus très
rassurante pour les finances privées. Nous ne sommes pas loin d’un scénario
catastrophe, et les prochains gouvernants devront en tout état de cause
faire face à des difficultés considérables. C’est ici que plusieurs variantes
s’offrent au choix des conjoncturistes : en fonction de l’état de
l’économie mondiale d’abord, mais aussi de la politique menée par les
autorités françaises. Il y aura donc de toutes façons une conjoncture
peu encourageante, la seule incertitude pèse sur la façon dont elle sera
gérée. DESASTRE
DES FINANCES PUBLIQUES
Comme
l’expliquait Bastiat, l’Etat n’est pas manchot : il a la main douce
et la main fiscale. Depuis deux ans le gouvernement socialiste n’a cessé
de montrer la main douce, et les flots de la démagogie ont déferlé sur
l’économie française. Le coût de toutes ces largesses a été bien sûr sous-évalué.
Vient maintenant le moment de régler la note, et elle sera plus salée
que prévu. On en a déjà un aperçu avec la facture des 35 heures. Au lieu
de « l’équilibre » annoncé (la réduction du chômage et des indemnités
qui l’accompagnent, le retour de rentrées de la part d’une population
de nouveau en activité devant compenser les subventions versées aux entreprises),
on a d’ores et déjà une impasse de quelque 20 milliards de francs, et
l’on multiplie les artifices budgétaires et comptables pour la couvrir.
Mais l’APA, le réajustement des salaires des hospitaliers, des policiers,
des militaires et demain des douaniers, la rallonge accordée aux paysans,
aux pêcheurs et autres, et tant d’autres interventions providentielles
du gouvernement ont lourdement chargé la barque budgétaire.
De
façon très arithmétique, les services de Bercy ont donc pondu la fameuse
note, qui dénie toute possibilité d’atteindre l’objectif d’équilibre pour
2004, objectif pourtant fixé dans le « pacte de stabilisation »
d’Amsterdam et confirmé récemment à Barcelone. Toutes choses égales par
ailleurs, la prétention de Lionel JOSPIN de tenir cette promesse est illusoire.
Même avec une croissance à 3 % le niveau de notre déficit budgétaire devrait
être de l’ordre de 2 % du PIB en 2002 et 2003. Ce pronostic, qui aurait
pu être suspecté de partialité venant d’une administration qui veut absolument
démontrer qu’une baisse de la fiscalité est dans ce cas impossible, est
confirmé par une étude au-dessus de tout soupçon publiée la semaine dernière
par l’OFCE : « Le nouveau gouvernement sera dans l’impossibilité
de respecter l’objectif d’équilibre en 2004 ».
Encore
ces pronostics sont-ils fondés sur la connaissance actuelle des coûts
de la démagogie socialiste. A l’usage, nous pourrions avoir de nouvelles
surprises. Voilà qui devrait inciter les futurs dirigeants, quels qu’ils
soient à faire un sérieux inventaire avant de commencer, s’ils ne veulent
pas affronter la critique et la colère de l’opinion publique.
LE
TROISIEME TOUR
L’opinion
publique, parlons-en. On n’en a pas fini avec les deux tours de la présidentielle
qu’on nous annonce déjà le fameux « troisième tour social ».
Si c’est JOSPIN qui gagne, Arlette et les gauchistes lui promettent une
belle bronca.
S’il
y a un troisième tour (et hélas on peut y croire) la paralysie totale
ou partielle du pays, le climat délétère de nature à faire fuir encore
davantage les capitaux et à bloquer complètement l’embauche, vaudront
certainement à la France la perte d’un point ou un point et demi de croissance
au deuxième semestre 2002. Nous ne serions plus au rythme des 2 % espérés,
mais à la limite de la stagnation, voire de la décroissance.
SAUVES
PAR LA CROISSANCE MONDIALE ? Les optimistes vont cependant miser sur la croissance mondiale. On l’a annoncée, et le FMI vient de la confirmer : en dépit des pressions exercées par les exportateurs de pétrole et de la hausse actuelle du prix du baril, la reprise généralisée sera bien au rendez-vous dès cette fin d’année 2002 et à coup sûr en 2003. 2,6 % pour cette année, puis 4 % l’an prochain pour le monde entier : c’est une aubaine. Une fois de plus, la locomotive américaine tire l’ensemble, et on a vu déjà avec quelle rapidité le choc de septembre 2001, mais aussi et surtout la déroute des start-up amorcée dès 2000, ont été absorbés par l’économie des Etats Unis. L’affaire Enron elle-même ne laissera pas de trace durable, si ce n’est un renforcement du contrôle des contrôleurs de gestion, au demeurant hautement souhaitable. Dans ce grand pays, on ne cesse de réformer, de s’adapter, d’innover : des comportements qui tranchent avec la sclérose des Français et des Allemands. Les prévisionnistes du FMI sont gentils pour la France : ils lui prêtent la fameuse « croissance à 3 % ». Ont-ils intégré dans leurs prévisions les cégétistes, les gauchistes, Arlette et Bové ? Nous ne croyons donc pas que la France puisse être sauvée par les seules perspectives de la croissance mondiale. Et nous n’avons guère le choix qu’entre deux perspectives : - soit un gouvernement sans génie (comme les précédents) incapable d’amorcer la moindre réforme, et poursuivant sur la pente glissante de la démagogie, prisonnier des syndicats et des politiciens : croissance nulle - soit un gouvernement conscient de l’urgence et de la profondeur des réformes à entreprendre, et déclenchant la grève générale et les conflits à répétition : croissance nulle La seule hypothèse favorable est celle d’un gouvernement réformateur et courageux à la fois qui, à l’image de Berlusconi, ne se laisserait pas impressionner par la rue. Mais où le trouver ? Et quelle sera sa légitimité démocratique quand il ne représentera qu’un électeur sur trois ? Oui, l’économie française est réellement malade de la politique. Mots Clés : Budget, Conjoncture, Croissance, Finances publiques, Fiscalité. Dossiers : Budget,
Croissance,
Fiscalité.
|