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L'ADMINISTRATION BUSH EN CESSATION
DE PAIEMENT ?
En cette période de Pâques, l’administration Bush et l’Oncle Sam rencontrent des problèmes de fin de mois. En partant en vacances de Pâques, le Congrès américain a laissé vides les caisses du Trésor. Face à des caisses vides et afin d’éviter un défaut de paiement, le secrétaire au Trésor, Paul O’Neill, a été dans l’obligation d’user des artifices comptables et de suspendre pour un temps les versements au G-Fund, mesure qui équivaut en fait à prélever de la trésorerie sur ce fonds qui contient environ 40 milliards de dollars. Ce G-Fund n’est autre que le fonds de roulement des fonctionnaires. On n’imagine pas une telle mesure en France, pays où on ne touche pas plus à son pote qu’à son fonctionnaire. Si l’Etat Fédéral, Washington, recourt à ces artifices comptables, c’est parce qu’il vient d’atteindre le plafond d’emprunt de 5950 milliards de dollars fixé par le Congrès. Au surplus, il est impossible à l’Etat Fédéral d’emprunter le moindre cent supplémentaire. Le refus du Congrès de relever le seuil de ce plafond de 750 milliards de dollars, ce qui aurait porté la dette publique américaine au-delà du chiffre mythique de 6000 milliards de dollars (pour mémoire et afin d’établir une comparaison, l’exercice de l’année 1990 s’était soldé par un niveau d’endettement d’un peu plus de 3000 milliards), a donc obligé le gouvernement actuel à utiliser des moyens jugés non conventionnels. En fait l’administration Bush doit tenir à peu près une quinzaine de jours jusqu’au 15 avril prochain. Même si la session du Congrès redémarre le 8 avril, il faudra en effet attendre le 15 avril, date à laquelle le Trésor fédéral recevra de très importantes rentrées d’impôts. Pour faire la « jointure » sur une quinzaine de jours, et pour pallier l’évidente lenteur du Congrès à relever le seuil du plafond d’endettement, c’est-à-dire éviter un défaut de paiement de 6 milliards de dollars, la seule solution trouvée par le Trésor était donc cet artifice comptable. Le secrétaire au Trésor, Paul O’Neill, a, dans une lettre adressée au Congrès, garanti que les fonctionnaires en retraite ne seraient pas affectés par ces mesures temporaires et que ceux-ci ne subiraient aucun préjudice. Paul O’Neill a également estimé nécessaire de revoir le système du plafond d’emprunt, un système institué pendant la Première Guerre mondiale. Selon lui, « Nous devons accroître le plafond de la dette le plus vite possible pour éviter toute répercussion à domicile et à l’étranger. » L’opposition démocrate a évidemment sauté sur l’aubaine offerte par ce risque éventuel de défaut de paiement (un tel défaut de paiement ne s’est jamais produit aux Etats-Unis) afin de dénoncer à nouveau le programme de baisse des impôts de l’administration Bush. La mémoire des Démocrates est, certes, courte puisque l’administration Clinton en 1995 avait déjà utilisé ces moyens jugés non conventionnels. Il est vrai que, pour un homme politique, 7 années en arrière, c’est presque une éternité quand on se rappelle que la mémoire d’un électeur ne dépasse pas les 18 mois. Néanmoins, il est mal venu de la part des gens qui, pour les mêmes raisons, ont utilisé certaines méthodes, de les critiquer par la suite. Cela est d’autant plus malvenu que, pendant la décennie 1990, dont 8 années d’administration démocrate, la dette publique américaine a été doublée, passant d’environ 3000 milliards à 6000 milliards. Mais l’administration Bush n’est pas sans responsabilités. Il fallait, certes, baisser les impôts pour provoquer un « effet Laffer ». Mais il fallait aussi baisser les dépenses publiques, et non les accroître. Il faut être cohérent : on n’est pas libéral à moitié. Mots clef : Budget,
Fonds de roulement, Trésor.
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