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DEMAGOGIE STATISTIQUE
Des
chiffres, encore des chiffres ! La publication par l’INSEE des premiers
résultats des comptes publics pour 2001 nous offre l’occasion d’apprécier
les méandres des finances publiques : l’utilisation du budget de
l’Etat, le poids des impôts et des charges, l’importance de la dette publique.
Si les chiffres, en offrant une photographie instantanée de la situation
économique, ne doivent pas constituer une source d’inquiétude, la tendance
systématique du gouvernement à toujours y trouver des signes « positifs »
est sidérante, alors même que le déficit de l’Etat se dégrade, le taux
de prélèvements sociaux est toujours aussi élevé, la dette publique s’accélère ! L’état des
comptes publics publiés par l’INSEE mardi dernier a donné l’occasion à
Laurent Fabius de faire de l’autosatisfaction. Il trouve dans ce document
« des résultats encourageants, conséquence des efforts de maîtrise
des dépenses publiques ». L’échéance électorale est décidément une
période qui nous permet de découvrir les vrais talents du gouvernement,
celui de magicien, car trouver des résultats encourageants derrière des
comptes publics en pleine dégradation relève, non plus de la science,
mais bien de la magie ! En effet, qu’en est-il
exactement ? L’INSEE, dans sa dernière publication, nous donne la
possibilité d’apprécier l’évolution de trois grandeurs importantes :
les déficits publics, les prélèvements sociaux et la dette publique. S’agissant
du déficit public, les chiffres de l’INSEE montrent qu’il a augmenté en
2001, passant de 1,3% à 1,4% du PIB (à 1,5% hors recettes exceptionnelles
des licences UMTS). Le déficit s’élève à près de 210 milliards d’euros.
Il s’est accru de 1,8 milliards d’euros ou de 3 milliards d’euros si l’on
compte les recettes UMTS ; des recettes que l’INSEE, dans une acrobatie
comptable, traite comme une diminution de dépense !). Le besoin de
financement de la France a augmenté pour la première fois depuis 5 ans
pour s’établir à près de 21 milliards d’euros. Le retour à l’équilibre
promis pour 2004 est de plus en plus douteux. Et le montage du budget
2002, fondé sur des hypothèses fantaisistes d’une croissance de 2,5%,
d’une diminution du chômage et une inflation de 1,6%, n’arrangerait certainement
pas les choses (voir notre rubrique économique « Budget 2002 :
virtuel, mais vicieux »). Quid du respect du pacte de stabilité européen ? La situation
est encore moins rose si l’on regarde l’état des prélèvements sociaux.
Chacun sait en effet que « les déficits d’aujourd’hui sont les impôts
de demain ». Le constat de l’évolution de ce déficit est donc au
plus haut point inquiétant. En effet, même si l’INSEE fait état d’une
lente décrue de la pression fiscale, le taux de prélèvements obligatoires
passant de 45,5 % à 44,9%, ceci n’enlève rien au fait que la France soit,
en Europe, le pays où la pression fiscalo-sociale est la plus élevée.
D’ailleurs, le niveau reste supérieur à celui d’avant l’entrée de la gauche
au pouvoir (43,7%), malgré la « cagnotte » et les recettes liées
aux années de croissance exceptionnelle, que le gouvernement a déjà dilapidées Dernier élément,
la publication de l’INSEE montre que la dette publique s’est légèrement
accéléré en 2001 (+3,3% après 2,6% en 2000). Il est à noter que l’endettement
public a quasiment triplé en dix ans pour s’établir à 57,1% du PIB. Les
dépenses publiques ont augmenté plus vite que les recettes. Ce qui n’arrange
en rien l’état des comptes publics, d’autant plus que les charges de la
dette représentent plus que le déficit de l’Etat et 14% du total des dépenses
(c’est le second poste après l’éducation, et celui qui a la croissance
la plus rapide). Au-delà des
interprétations touffues d’autosatisfaction, que l’on peut reconnaître
comme étant de bonne guerre en période électorale, les chiffres de l’INSEE
confirment un fait important : la calamiteuse gestion de la gauche
qui, en entraînant des déficits élevés, bride le dynamisme de l’économie,
en confisquant une part de plus en plus importante des richesses, anéantit
le patrimoine des Français et la compétitivité des entreprises, en augmentant
sans cesse la dette, condamne la génération future... . Il est temps pour
les citoyens-électeurs-contribuables de devenir à leur tour des magiciens,
tout simplement en faisant passer ces démagogues dans la trappe électorale,
au fond des urnes. Mots-clés : Déficit,
Dette
publique, Finances publiques, Prélèvements. |