LES GEANTS DU CAC 40 QUITTENT LA FRANCE

Un document de travail de l'Insee vient de confirmer ce qui n'était plus un secret pour personne, à savoir que les capitaux quittent la France, devenue une "terre d'accueil" particulièrement hostile pour les entreprises. Ainsi, selon l'Insee, dont l'étude porte sur la comparaison des activités nationales et internationales des entreprises non-financières du CAC 40 entre 1997 et 2000, les investissements et les effectifs à l'étranger ont connu une forte progression, alors qu'en France ils ont stagné, voire baissé. Il faudra peut-être arrêter un jour de voter des réglementations et autres lois sociales qui les font fuir.


En cette période préélectorale, l'Insee —Institut qui pourtant se voudrait parfaitement "indépendant" du pouvoir politique— est resté politiquement très correct et n'a pas voulu publier le travail de Lise Dervieux en tant qu'étude officielle. En effet le "document de travail" (probablement un "label" de moindre importance politique), intitulé "Internationalisation des groupes non-financiers du CAC 40", s'avère bien dérangeant pour les socialistes au pouvoir, qui ont fait voter plusieurs textes législatifs repoussant les entreprises et entravant la liberté d'entreprendre.

L'étude qui a été menée montre, chiffres à l’appui, qu' entre 1997 et 2000 les grands groupes non-financiers du CAC 40 ont largement préféré investir à l'étranger plus qu'au niveau national. Ainsi, leurs immobilisations corporelles nettes (qui correspondent en très grande partie aux investissements) ont augmenté de 45% à l'étranger durant la période, alors qu'en France elles ont stagné, voire baissé pour 11 des 32 groupes recensés. De même, leurs effectifs ont nettement augmenté au niveau international (+43% totalisant plus de 3,6 millions de nouvelles embauches) en comparaison avec l'évolution hexagonale (+5%). Logiquement, l'activité hors France des grands groupes a connu une explosion pendant la période (+52%), soit des chiffres d'affaires atteignant environ 4 757 milliards de francs en 2000. En même temps, les chiffres d'affaires réalisés en France "ne progressent que de 6,5%".

Il est évident que de tels mouvements de délocalisation de l'activité économique des entreprises françaises semblent parfaitement rationnels dans une économie de plus en plus mondialisée. Une telle réorientation s'est sans doute opérée en partie à cause de l'ouverture économique européenne et mondiale. En revanche, il est absurde de dire, comme les socialistes veulent bien nous le faire croire, qu'une telle hyperactivité au niveau international (en comparaison avec l'activité en France) serait le bon signe d'un dynamisme des entreprises nationales (profitant de leurs politiques peut-être ?).

En réalité, plusieurs éléments indiquent que ce déséquilibre, mis en avant par le document de l'Insee, est largement artificiel et créé par les lois et réglementations socialistes adoptés ces dernières années.

1)      Premièrement, par nature, les textes législatifs que les socialistes ont dernièrement fait voter ont largement contribué à l'entrave de l'activité des entreprises et de la liberté d'entreprendre en France. Pour ne citer que les exemples les plus importants : il y a eu la loi sur les 35 heures, la loi de « modernisation sociale » ; il y a toujours à l'ordre du jour des projets de loi qui rendront les licenciements extrêmement difficiles ; il y a enfin une pression fiscale et un niveau de prélèvements obligatoires qui sont biens supérieurs à ceux pratiqués dans les autres pays développés et qui étouffent les entreprises en rendant leurs investissements moins rentables (voir dans les archives nos articles sur tous ces sujets).

2)      Deuxièmement, le développement des entreprises à l'étranger passe souvent par des opérations de fusions-acquisitions, et il est vrai qu'il y en a eu un certain nombre entre 1997 et 2000 (de Renault et de Nissan, de Rhône-Poulenc et de Hoechst, entre autres). Cependant, ces mouvements de fusions-acquisitions (qui se font au coup par coup) ne sont pas en mesure d'expliquer, selon Lise Dervieux, la progression soutenue et la tendance générale à la hausse des investissements français à l'étranger. De toute évidence, les entreprises trouvent régulièrement que la "terre d'accueil" est moins attractive en France qu'ailleurs (rien qu'en investissements directs pour la seule année 2000, le montant s'élève à plus de 1 115 milliards de francs).

3)      Enfin, la preuve la plus accablante pour les socialistes et leurs politiques consiste dans le fait que les entreprises du CAC 40 ont continué à investir massivement à l'étranger, alors qu'en France toutes les conditions marchandes étaient réunies pour le faire au niveau national. En effet, durant cette période l'économie française connaissait une croissance forte et surtout, l'appareil de production était à la limite de la saturation. Par conséquent, il faut en déduire que si les conditions marchandes étaient bien réunies, les conditions politiques qui dictent les "règles du jeu" ne l'étaient pas. Ce sont indiscutablement ces "règles" (réglementations, fiscalité et autres lois sociales), mises en place par les pouvoirs publics, qui ont fait la différence et qui ont poussé les entreprises à aller ailleurs.

En conclusion, le document de travail de l'Insee apporte des arguments chiffrés à ce que nous avons toujours soutenu dans cette rubrique : la politique des socialistes au pouvoir (35 heures, loi de modernisation sociale, fiscalité pénalisante, etc.) supprime régulièrement la motivation des entrepreneurs à rester en France. A force de les repousser, les grands groupes du CAC 40 en tête, ils ont fini par quitter la France, d'une manière ou d'une autre.

Mots-clés : Délocalisation, Entreprise, Investissement, Loi de modernisation sociale.

Dossier : 35 heures.