BAISSE DES IMPOTS : VERITE AU-DELÀ DES PYRENEES ...

Message clair et simple en provenance de plusieurs pays, dont l’Espagne, en direction des hommes politiques : vous voulez créer de l’emploi et favoriser la croissance, la voie du salut est du côté de l’allègement fiscal. Une mesure déjà préconisée par l’économiste Arthur Laffer, et les résultats très probants de l’expérience espagnole nous confirment aujourd’hui, plus que jamais, que « trop d’impôt tue l’impôt, et que moins d’impôt est synonyme de croissance et de réduction du chômage. »


Rappelons-nous que, pendant la Reaganomics (1982-1990), quand on a mis en application les enseignements de cette fameuse courbe de Laffer qui suggère que « la hausse du taux d’imposition marginale peut entraîner une baisse des recettes fiscales », les caisses de l’Etat américain ont assisté à un accroissement remarquable des rentrées fiscales à raison d’une moyenne de 7% par an, favorisant ainsi la succession d’une période d’expansion de 92 mois, et faisant chuter le taux de chômage qui est passé de 9,7 à 5,3% : 18 millions de chômeurs ont pu intégrer ou réintégrer le marché du travail grâce aux formidables effets sociaux générés par la baisse des impôts.

Aujourd’hui dans l’UE, dans ce pays de l’autre côté des Pyrénées qu’est l’Espagne, la conviction de l’efficacité d’une telle mesure en matière de politique économique a abouti à des résultats très tangibles. Introduite il y a à peine trois ans, la baisse de l’impôt sur le revenu (l’IR), rien qu’en 1999, a favorisé l’augmentation des revenus des contribuables d’un montant de 4,85 milliards d’euros. Outre les implications directes sur les comportements de consommation privée (+0,7 point) et d’épargne, la baisse de l’IR a dopé les recettes fiscales d’un montant de1,2 milliard d’euros. Mieux encore, en 1999, la réforme de l’IR a créé 75 000 emplois et a contribué dans la croissance du PIB d’un demi-point. Il ne s’agit pas d’un miracle, mais bien d’une réalité : de la mise en marche d’un principe économique et le résultat est clair « la réforme a amélioré le rendement de l’impôt », comme nous l’apprend le directeur général de l’Institut d’Etudes Fiscales, Juan José Rubio.

Rien de miraculeux. La réduction de l’IR a été ciblée : 64% de réduction pour 1,4 millions de contribuables ayant de faibles revenus, contre 9,34% pour ceux qui gagnent plus de 30 000 euros par an. Ce qui se ramène à une moyenne de 13,64%.de réduction sur l’IR.

Autres effets positifs ressentis depuis l’introduction de ces réformes, ceux de la réduction du poids du déficit public sur le PIB espagnol, qui est passé de 2,6% en 1998, à 1,2% du PIB en 1999, puis ramené à 0,3% en 2000 : l’Espagne, bon élève de l’UE.

Une telle avancée risque de laisser le voisin français à la traîne, si ses décideurs prennent du retard à prendre conscience de la nécessité d’adopter les bonnes résolutions en matière de fiscalité. Surtout qu’aujourd’hui, outre-manche, le gouvernement britannique a décidé, et ce dès le 1er avril, de « sacrifier » de 500 millions de livres, l’équivalent de 806 millions d’euros de rentrées fiscales en faveur de ses contribuables. En sus de cette mesure, il prévoit de détaxer les plus-values de la plupart des participations de 10% ou plus dans les sociétés commerciales, et un allègement des charges des sociétés, de 322 millions d’euros à partir de cette année et de 563,5 millions d’euros par an à plus long terme. Cela, en plus de l’octroi d’un crédit d’impôt en faveur de la recherche-développement afin d’encourager les efforts de plus de 1500 entreprises.

Toutes ces mesures vont dans le même sens : inciter les entrepreneurs et les éléments dynamiques de l’économie à gagner davantage d’argent, améliorer l’efficacité de l’appareil productif pour davantage de croissance et plus de création d’emplois.

L’efficacité effective des mesures d’allègement des impôts n’a pas laissé le gouvernement japonais indifférent. Son ministre de l’économie, Heizo Takenako, compte entamer des réformes structurelles en matière de politique économique, qui viseront de prime abord un système fiscal désormais vétuste, puisque datant de la période d’après-guerre. La réforme fiscale envisagée tentera de revitaliser l’économie nippone en répondant aux critères d’équité, de simplicité et de croissance économique.

Faudra-t-il le crier fort pour en avoir l’écho : « une pression fiscale plus élevée encourage le travail non déclaré et pénalise l’effort productif. Elle oblige ceux qui travaillent à payer cher ceux qui ne travaillent pas. Elle favorise la fraude et décourage l’investissement ».

Il est grand temps de changer d’optique. Et de choisir moins de dépenses publiques et moins de pression fiscale.

Hommes politiques, futurs dirigeants de la France, Arthur Laffer ne manquera pas de vous le rappeler :  « Prenez les bonnes résolutions en matière de politique fiscale, allégez les impôts pour honorer vos engagements en matière d’échéances européennes .» Les Français s’en porteront mieux et, avec eux, la croissance et l’emploi.

Mots-clef : Budget, Courbe de Laffer, Croissance, Impôt, Pression fiscale, Recettes fiscales.