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Au classement mondial de la liberté économique, la France ne figure que dans un rang très moyen, et a perdu quelques places depuis quelques années, au point qu’elle est considérée désormais comme « plutôt libre », et non pas « libre ». Comment se calcule l’indice de liberté économique ? Quels sont les pays les mieux placés, les plus mal classés ? Quelles corrélations avec la richesse, la croissance et les inégalités sociales ? Depuis près de dix ans maintenant, deux instituts fort réputés s’adonnent à un jeu cruel : renseigner les peuples des divers Etats sur le degré de liberté économique dont ils jouissent. Le Fraser Institute de Vancouver et Heritage Foundation à Washington utilisent des procédés comparables et ont des résultats assez proches. Ils se cantonnent dans la mesure de la liberté économique, sachant qu’il serait également utile de prendre en compte la liberté politique et de faire des rapprochements. Ainsi Hong Kong et Singapour, pays réputés les plus libres du point de vue économique, ne seraient sans doute pas aussi bien placés sur des critères de liberté politique. Au contraire la Nouvelle Zélande, les Etats Unis, la Grande Bretagne et l’Irlande, à fort degré de liberté économique, sont aussi d’authentiques démocraties. 1. Part du secteur public dans la vie économique : dépenses publiques, transferts et subventions 2. Structure de l’Economie et place des activités marchandes : part des administrations et entreprises publiques dans le PIB, contrôle des prix, taux marginal d’imposition, service militaire obligatoire ou non (puisqu’il s’agit d’un véritable impôt en nature) 3. Politique monétaire et stabilité des prix : croissance de la masse monétaire et taux d’inflation 4. Liberté de recourir à des devises étrangères 5. Structure légale des Droits de propriété : garanties de la propriété privée, respect des contrats, état de droit (y compris l’accès à un pouvoir judiciaire impartial) 6. Liberté du commerce extérieur : tarifs douaniers, barrières non tarifaires et autres mesures protectionnistes 7. Liberté des mouvements internationaux de capitaux Ces observations, on le comprend, définissent avec assez de précision ce que l’on peut appeler l’environnement institutionnel d’une économie nationale. On pourrait cependant améliorer la qualité de l’indice en y adjoignant des données sur le marché du travail, le droit social et syndical, et la protection sociale – ce qui vraisemblablement ferait descendre la France d’un cran supplémentaire ! La pondération de ces divers éléments fait la part à peu près égale entre les données qui concernent l’économie domestique et celles qui se rapportent aux relations économiques extérieures. C’est dans la pondération et le détail des éléments que diffèrent les deux Instituts qui se livrent au calcul – mais encore une fois le classement est pratiquement le même. Au même niveau que la Suède et le Portugal, la France est moins libre que la plupart des pays de l’Union Européenne, où seules l’Italie et la Grèce font plus mal. Cela lui vaut d’être mise par les économistes d’Heritage dans la classe des pays « presque libres » (« almost free ») mais pas « libres ». Il est aussi à remarquer qu’alors que le degré de liberté économique a augmenté un peu partout, la France est un des rares pays au monde où il a régressé. La hausse des prélèvements obligatoires y est pour beaucoup, ainsi que le poids des tarifs publics et la faiblesse de la concurrence dans le secteur des entreprises publiques. Le protectionnisme français est aussi assez marqué par rapport à celui de ses voisins (Allemagne et Espagne exclues). |
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Deux graphiques indiquent clairement la corrélation entre liberté et performances économiques. Tous les deux classent les pays par niveau de liberté économique croissant (de la gauche à la droite). Le graphique 1 montre que les pays les plus riches sont les plus libres, et le graphique 2 qu’à peu de choses près les pays les plus libres ont les taux de croissance les plus élevés (la liberté permet aux pauvres de s’enrichir plus vite) . |
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Comme beaucoup de gens
aiment bien dialectiser l’économique et le social, et se disent que la
richesse est source d’inégalités, le graphique 3 remet les idées en place.
Si on mesure les inégalités par l’écart qui sépare les 10 % de revenus
les plus élevés et les 10 % de revenus les plus faibles, ce qui est une
mesure assez raisonnable, on s’aperçoit que la liberté économique diminue
les écarts plutôt qu’elle ne les creuse. Tant pis pour le « renard
libre dans le poulailler libre » : il n’a rien à manger !
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