LA
PERESTROIKA DE NICOLAS SARKOZY | ||||||||||||
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La perestroïka (Перестройка
signifie en russe : reconstruction, restructuration)
fut le nom donné aux réformes économiques et sociales de Mikhaïl Gorbatchev menées d'avril 1985 à décembre 1991 en Union soviétique. Ces réformes souvent brouillonnes
ne s’accompagneront pas de vrais changements à l’intérieur de l’URSS.
Elles ont surtout consisté à reconnaître la nécessité d’une plus grande
transparence à l’intérieur du régime, d’une ouverture de l’économie
mais elles ont été faites dans l’esprit de la continuité et de la sauvegarde
du système soviétique. Or, le communisme ne peut pas être réformé. Il
faut s’en débarrasser. C’est pareil pour l’étatisme français. Le pays
ne sortira du marasme économique que grâce aux vrais changements économiques
libéraux qui ont d’ailleurs été faits dans d’autres pays. Nicolas Sarkozy semble ne pas avoir
compris que la perestroïka ne marche pas. C’est ce qui ressort de sa
longue interview accordée au Figaro
Magazine du 12 mars dernier. « Universités, travail du dimanche,
35 heures, heures supplémentaires… nous ferons un audit de toutes les
réformes pour les améliorer. Ensuite, au second semestre 2011, le gouvernement
marquera une pause pour que le Parlement puisse, s’il le souhaite, délégiférer
(sic) »… Encore une commission ? Encore un Rapport ?
Le risque est grand de se retrouver avec un sentiment d’autosatisfaction
avant de se préparer pour… les élections de 2012. Concernant les retraites,
le président attend un – nouveau – rapport du COR (Conseil d’Orientation
des Retraites) qui sera publié en avril prochain. A quoi bon ?
Ne sait-on pas maintenant qu’il faut réformer le système de retraite ?
Le dernier Rapport du COR (janvier) est arrivé aux mêmes conclusions
que le Rapport Rocard de… 1991. Il serait temps de passer à l’action
(le triptyque présenté l’an dernier par l’IREF sous la plume de Jacques
Garello et Georges Lane mesurait le coût dramatique des atermoiements ;
c’est aussi la conclusion du Rapport Objectif Croissance que vient de rendre public l’OCDE). Sans réformes, pas de succès politiques « Si
l’on réfléchit aux qualités que doit réunir l’homme d’Etat en démocratie,
écrit Jean-François Revel dans L’Absolutisme
inefficace (Plon, 1992), on peut en énumérer cinq : avoir des
convictions de fond et une vision d’ensemble personnelle ; maîtriser
la tactique politicienne, savoir convaincre l’opinion ; posséder
la capacité de décision (et de décision rapide) ; avoir
le courage d’appliquer ce qui a été décidé (et de l’appliquer vite).
(…) (Mais) pour qu’elles produisent leurs fruits, notre homme devra
remplir une sixième condition qui, à vrai dire, ne lui appartient pas
en propre, qui s’impose à lui malgré lui, qui constitue un salutaire
obstacle extérieur à lui : il devra être obligé, non par son bon
plaisir, toujours de mauvais conseil en ces matières, mais par la loi
fondamentale, d’intégrer à son action les critiques, objections et contradictions
formulées au sein des instances et dans les conditions prévues à cet
effet par Certes,
Nicolas Sarkozy, à la différence de son prédécesseur à la tête de l’Etat,
a fait preuve de la plupart de ces qualités, surtout de la maîtrise
de la communication avec l’opinion. Mais les qualités restantes sont
les plus importantes. Qui peut dire avec certitude quelles sont les
convictions et la vision qui le guident ? En a-t-il ? Ou est-il
juste animé par la soif du pouvoir ? Sans de vraies réformes, le
pays est retombé dans l'ornière de la gouvernance stérile, typique de
la Vème République. La perestroïka ne marche pas et seule
une politique radicale de changement pourrait éviter la défaite en 2012.
Aux régionales, les électeurs ont rappelé que le gouvernement avait
été élu pour réformer le pays. Nicolas Lecaussin Directeur du Développement de l’IREF Le 23 Mars 2010
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