RETOUR DE L’OR DANS LE SYSTÈME MONÉTAIRE MONDIAL ? | ||||||||||||
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Jeudi 12 novembre, le cours de l’or a atteint à Londres un pic spectaculaire : 1.123 dollars l’once. A titre de comparaison, quand le système monétaire a été reconstruit à Bretton Woods à la fin de la deuxième guerre mondiale, la parité officielle était de 35 dollars l’once ! La hausse actuelle ne doit
rien au hasard, elle est le résultat d’achats massifs par des banques
centrales ou des banques commerciales, qui ont converti en or une partie
importante des dollars qu’elles détenaient. Cette tendance est visible
dans diverses régions du monde : l’Asie du Sud Est par priorité
(Inde et Sri Lanka), mais aussi le Canada,
les pays du Golfe, ou la zone pacifique, bien que La méfiance à l’égard du
dollar n’est pas nouvelle. Les estimations de L’élément nouveau est cependant la récente faveur dont jouit le métal jaune. Serait-on en train de retourner à l’étalon-or ou au Gold Exchange Standard (étalon change or) ? Il n’en est absolument pas
question. L’or a été démonétisé depuis août 1971, quand la dernière
banque centrale dont la monnaie était liée à l’or, Marchandise comme une autre, l’or bénéficie pourtant de certaines qualités économiques spécifiques. De son glorieux passé, l’or a gardé la cotation dans toutes les bourses du monde. Sans doute d’autres marchandises sont-elles objets de cotation permanente (le cuivre, le nickel, le cacao ou le café par exemple), mais peu de marchandises ont une valeur relativement stable et, surtout, une organisation de leur marché aussi souple et efficace. Des arbitrages sont possibles d’une place boursière à une autre, de sorte qu’on peut connaître à tout instant le prix du lingot dans le monde entier. L’or est donc toujours une valeur à grande « liquidité » : on peut en connaître et en récupérer la contre-valeur à tout moment, il ne manquera pas de personnes intéressées à vendre ou acheter. Mais l’or est un placement, un avoir, et pas une monnaie de paiement. Il y a peu de chance qu’il
le redevienne, en dépit des partisans d’un retour à l’étalon-or (dont
le plus talentueux a été sans aucun doute Jacques Rueff). Il en est
ainsi pour deux raisons. D’une part, la production d’or est concentrée
entre les mains de deux grands pays Russie et Afrique du Sud, et ils
occuperaient à nouveau une position dominante sur le marché (ils ne
s’en sont pas privés pendant le système de Bretton Woods et le cours commercial
de l’or n’a cessé de faire le yo yo). D’autre part, l’étalon-or repose sur la discipline et
l’honnêteté des banques centrales et des gouvernements qui sont derrière
elles. Dans le système de Bretton Woods,
les pays s’engageaient à ne pas dévaluer (c'est-à-dire modifier unilatéralement
la parité de leur monnaie nationale en or). Mais aucun n’a tenu sa promesse,
et les Etats-Unis eux-mêmes, pourtant piliers du système, l’ont finalement
fait exploser. Le système des taux fixes, avec une parité officielle
entre monnaies par l’intermédiaire de leur valeur en or, a montré son
inefficacité dans un contexte où les Etats gardent leur souveraineté
monétaire. La concurrence entre monnaies avec des taux de change variables,
fixés sur un marché libre, est réellement bien supérieur, en attendant
la seule grande réforme du système monétaire mondial : la privatisation
des monnaies. Le 13 Novembre 2009
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