C’EST LE GRAND RETOUR DU SOCIALISME


Jacques Garello

Belle rentrée, avec le congrès du Parti Socialiste. Désormais, il n’y a plus l’ombre d’une querelle au sein du PS, la guerre des deux roses est terminée. La dame Duflot, au nom des Verts, a rappelé que l’on ne peut pas être de gauche si l’on est contre la taxe carbone, ce qui gêne considérablement la dame Aubry, dont les ouailles aiment bien la planète, mais pas les impôts. Une issue possible au dilemme : redistribuer le produit de l’impôt aux pauvres.

Mais est-il besoin du PS pour faire avancer le socialisme en France ? Jacques Attali avait donné en juillet dernier son satisfecit à Nicolas Sarkozy : pour lui jamais les idées socialistes n’avaient été aussi bien mises en œuvre que depuis 2.002. Et, de fait, depuis la taxe carbone jusqu’à l’attaque des marchés financiers, en passant par le plan de relance, la chasse aux paradis fiscaux, la ligne du gouvernement a été ferme. Si nécessaire, la nouvelle alliance syndicale entre la CGT de Bernard Thibaut et la CFDT de François Chérèque pourra se faire entendre dans les jours à venir. N’oublions pas non plus la vigilance socialiste des enseignants de la FSU.

Le paradoxe de cette marche forcée au socialisme est l’intention de la « droite » de reprendre un grand nombre de régions qu’elle avait perdue. Il va falloir mobiliser un électorat important, et l’apport de Philippe de Villiers était bien indispensable. Mais les électeurs vraiment de droite, anti-socialistes, anti-impôts, anti-écolos et pro-capitalistes vont-ils porter les candidats de l’UMP en triomphe ? Rien n’est moins sûr.

Ce qui est sûr, c’est que l’armée de l’ombre, celle des libéraux, est à nouveau mobilisable. La récente Nouvelle Lettre donne les signes de vitalité des partisans authentiques de la liberté. Au niveau international, le congrès de la Société du Mont Pèlerin a non seulement mis en accusation l’Etat providence, mais a défini les modalités d’une alternance libérale : transparence monétaire et financière, liberté des entreprises, vertus morales. C’est aussi sur le terrain de la moralité que veulent s’engager les libéraux participant à la 31ème Université d’Eté à Aix en Provence en ces derniers jours d’août : « Marché et moralité » était le thème de cette traditionnelle rencontre scientifique, qui donne les idées de manœuvre pour les mois à venir. Tout ce que la France compte d’intellectuels libéraux, et notamment de jeunes libéraux très engagés, était présent, heureux de rencontrer certains des leaders de la pensée libérale en Europe (près de quarante instituts représentés) et en Amérique (avec les plus grands think tanks, comme Cato, Atlas, Independant Enterprise, etc .). Deux personnalités de poids ont donné un relief particulier à cette Université : le président tchèque Vaclav Klaus, qui se bat courageusement contre l’Europe socialiste, écologiste et bureaucratique, et Vladimir Boukovski, le héros de la résistance russe, dont le message était clair : c’est le grand retour du socialisme aux Etats-Unis et en Europe.

Je demeure cependant optimiste. Quand le socialisme domine, c’est une catastrophe pour tout le monde, et à tous points de vue. Mais comme le socialisme procède d’une erreur anthropologique, car il ignore ou méprise la vraie nature de l’être humain, la soif de liberté devient de plus en plus ardente, et les idées de la liberté renaissent immanquablement. Puissions nous, nous libéraux, épargner ou écourter la phase du socialisme triomphant ; nous ne devons pas nous taire.  

Le 31 Août 2009

   
 

 

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