| LES COLLECTIVITES LOCALES FONT DE LA SPECULATION AVEC NOTRE ARGENT | ||||||||||||
| Ni vu, ni connu, le Premier ministre, François Fillon,
vient d’accorder plus de 5 Mds d’euros aux collectivités locales. En même temps,
il a annoncé la création d’un - encore un ! – Comité pour la réforme des collectivités locales.
C’est que la situation semble très grave. En effet,
d’après une note – passée sous silence - de l’agence de notation financière Fitch et parue au mois de juillet dernier, les collectivités
locales auraient largement contribué à la… spéculations financière. Cette note
intitulée « La dette structurée des collectivités locales : gestion active
ou spéculation ? » lève le voile sur la gestion financière des collectivités
locales. Et les surprises sont de taille ! Sous le nom de dette structurée ou d’emprunt bonifié,
se cache une catégorie d’emprunt des plus risqué. En gros, les collectivités locales
font appel à des produits spéculatifs afin d’épurer leur
dette. Ces produits (swaps, caps ou
collars) proposent souvent des taux extrêmement
intéressants pendant les premières années du prêt (pouvant aller jusqu’à 3 ans)
puis, sur les années restantes (15 à 20 ans), l’emprunteur s’engage à payer un
taux dégradé et majoré, parfois dans des proportions très importantes, en fonction
du niveau atteint par certains indices (taux d’intérêts à court ou long terme,
taux de change, indices d’inflation …). Dans cette situation, le taux d’intérêt de l’emprunt
se dégrade rapidement, pouvant dépasser les 10 % par an et dans certaines conditions
dépasser les 30 % et comme la réglementation française n’encadre pas la prise
de risque par les collectivités locales souscrivant des produits structurés, on
a ainsi favorisé l’essor de ce genre de spéculation. Le problème c’est que l’encours des produits structurés
souscrits par les collectivités locales (régions, départements et communes) s’est
beaucoup développé ces dernières années et pourrait atteindre 20 à 25 Mds d’euros !
Et si l’on considère l’ensemble des administrations publiques, dont les EPCI (Etablissements
publics de coopération intercommunale), l’encours des produits structurés pourrait
atteindre entre 30 et 35 Mds d’euros pour un encours total de la dette qui s’élevait
à 137,5 Mds d’euros en décembre 2007 ! Certaines collectivités locales n’ont pas du tout recours
à ces produits structurés tandis que pour d’autres, ils peuvent représenter plus
de 50 % de leur encours total de dette ! Il n’est donc pas exclu que les plus exposées ou les
plus fragiles se retrouveront alors en situation d’insolvabilité, d’où l’aide
accordée par Fillon. Ainsi, les collectivités
locales seront obligées de rembourser les pertes engendrées par la spéculation
financière avec l’argent des contribuables. A l’heure où le mot réglementation
est devenu très à la mode lorsqu’il s’agit du privé, il serait bien de l’appliquer
d’abord aux organismes publics et commencer par faire un audit complet des comptes
des collectivités publiques. C’est notre argent et nos impôts qui en dépendent. Le 8 Avril 2009
| ||||||||||||