CENT ECONOMISTES AMERICAINS CRITIQUENT LES PROPOSITIONS OBAMA


Mercredi 8 octobre, une centaine d’économistes américains parmi les plus prestigieux (dont cinq prix Nobel Gary Becker, James Buchanan, Robert Mundell, Edward Prescott, Vernon Smith) ont signé un texte mettant en garde les électeurs américains contre des mesures de nature à plonger l’économie US dans une Grande Dépression, comme en 1930 et pour les même raisons. Voici le texte intégral et quelques-unes des signatures :


Barack Obama soutient que ses propositions d’augmenter les impôts et de suspendre les accords commerciaux internationaux seraient au bénéfice de l’économie américaine. Il n’en serait rien. L’analyse économique et l’expérience historique montrent qu’elles auraient l’effet inverse. Elles réduiraient la croissance économique et diminueraient le nombre d’emplois aux Etats-Unis. De plus, dans une économie américaine affaiblie par la crise financière, l’effondrement de l’immobilier et les hauts prix de l’énergie,  ses propositions feraient courir un grand risque de plonger l’économie dans une profonde récession. Ce sont exactement ces mêmes mesures malencontreuses de hausse des impôts et de protectionnisme, prises au début des années 1930, quand l’économie américaine était fragile, qui ont lourdement accentué la sévérité de la Grande Dépression.

Nous sommes très préoccupés par l’opposition de Barak Obama aux accords commerciaux  en cours avec la Colombie et l’Amérique Centrale, ou aux accords déjà conclus avec le Canada et le Mexique. Les exportations des Etats-Unis vers les pays étrangers créent des emplois pour les Américains. Les importations font que des biens sont disponibles pour les Américains à meilleur prix, elles profitent en particulier aux familles et aux personnes à faibles revenus. Le commerce international est aussi une puissante source de vigueur dans une économie qui en manque. Pendant le second trimestre de cette année, par exemple, l’augmentation du commerce international a fait bien plus pour stimuler l’économie US que le paquet « relance » du gouvernement fédéral.

De façon assez drôle, plutôt que de soutenir le commerce international, Barak Obama propose encore maintenant un autre paquet relance qui aurait peu d’effet sur la croissance économique. Et sa proposition de financer le paquet avec des impôts supplémentaires sur les produits pétroliers augmenterait directement le prix du carburant et réduirait l’exploration et la production.

Nous sommes également préoccupés par ses propositions d’accroître les taux d’imposition sur les revenus du travail et de l’investissement. Ses hausses d’impôts sur les dividendes et les gains en capital réduiraient l’investissement et feraient une coupe dans les épargnes de millions d’Américains. Ses propositions d’augmenter les taux de l’impôt sur le revenu et des cotisations sociales découragerait la création et l’expansion des petites entreprises, et réduiraient l’emploi et le revenu disponible,  de même que son projet de charges sociales sur les entreprises déboucherait sur une assurance maladie coûteuse.

Après avoir enregistré la critique économique de ses propositions, Barak Obama a apparemment laissé entendre à quelques personnes qu’il pourrait remettre ses hausses d’impôts à 2010. Mais c’est une erreur de penser que ce report éviterait les  dommages que ces hausses feraient subir dès aujourd’hui à l’économie. La perspective de telles augmentations d’impôts en 2010 est déjà un boulet pour l’économie. Les entreprises qui se demandent si elles doivent embaucher du personnel aujourd’hui et développer leurs activités ont des horizons temporels plus lointains qu’une seule ou deux années, de sorte que la perspective d’une fiscalité plus lourde à partir de 2009 et 2010 réduit l’embauche et l’investissement en 2008.

Au total , les propositions économique de Barak Obama portent tort à l’économie américaine. Elles défient à la fois la logique économique et l’expérience économique.

 

Robert Barro, Harvard University

Gary Becker, University of Chicago

Sanjai Bhagat, University of Colorado

Michael Block, University of Arizona

Brock Blomberg, Claremont-McKenna University

Michael Bordo, Rutgers University

Michael Boskin, Stanford University

Ike Brannon, McCain-Palin 2008

James Buchanan, George Mason University

Todd Buchholtz, Two Oceans Fund

Charles Calomiris, Columbia University

Jim Carter, Vienna VA

Barry Chiswick, University of Illinois at Chicago

John Cogan, Hoover Institution

Kathleen Cooper, Southern Methodist University

Ted Covey, McLean VA

Dan Crippen, former CBO Director

Mario Crucini, Vanderbilt

Steve Davis, University of Chicago

Christopher DeMuth, American Enterprise Institute

William Dewald, Ohio State University

Frank Diebold, University of Pennsylvania

Isaac Ehrlich, State University of New York at Buffalo

Paul Evans, Ohio State University

Dan Feenberg, NBER

Martin Feldstein, Harvard University

Eric Fisher, California Polytechnic State University

Kristin Forbes, MIT

Timothy Fuerst, Bowling Green State University

Diana Furchtgott-Roth, Hudson Institute

Paul Gregory, University of Houston

Earl Grinols, Baylor University

Rik Hafer, Southern Illinois University Edwardsville

Gary Hansen, UCLA

Eric Hanushek, Hoover Institutions

Kevin Hassett, American Enterprise Institute

Arlene Holen, Technology Policy Institute

Douglas Holtz-Eakin, McCain-Palin 2008

Glenn Hubbard, Columbia University

Owen Irvine, Michigan State University

Mike Jensen, Harvard University

Steven Kaplan, University of Chicago

Robert King, Boston University

Meir Kohn, Dartmouth

Marvin Kosters, American Enterprise Institute

Anne Krueger, Johns Hopkins University

Phil Levy, American Enterprise Institute

Larry Lindsey, The Lindsey Group

Paul W. MacAvoy. Yale University

John Makin, American Enterprise Institute

Burton Malkiel, Princeton University

Bennett McCallum, Carnegie-Mellon University

Paul McCracken, University of Michigan

Will Melick, Kenyon College

Allan Meltzer, Carnegie-Mellon University

Enrique Mendoza, University of Maryland

Jim Miller, George Mason University

Michael Moore, George Washington University

Robert Mundell, Columbia University

Tim Muris, George Mason University

Kevin Murphy, University of Chicago

Richard Muth, Emory University

Charles Nelson, University of Washington

Bill Niskanen, Cato Institute

June O'Neill, Baruch College, CUNY

Lydia Ortega, San Jose State University

Steve Parente, University of Minnesota

William Poole, University of Delaware

Michael Porter, Harvard University

Barry Poulson, University of Colorado, Boulder

Edward Prescott, Arizona State University

Kenneth Rogoff, Harvard University

Richard Roll, UCLA

Harvey Rosen, Princeton University

Robert Rossana, Wayne State University

Mark Rush, University of Florida

Tom Saving, Texas A&M University

Anna Schwartz, NBER

George Shultz, Stanford University

Chester Spatt, Carnegie-Mellon University

David Spencer, Brigham Young University

Beryl Sprinkle, Former Chair Council of Economic Advisers

Houston Stokes, University of Illinois in Chicago

Robert Tamura, Clemson University

Jack Tatum, Indiana State University

John Taylor, Stanford University

Richard Vedder, Ohio University

William B. Walstad, University of Nebraska

Murray Weidenbaum, Washington University in St. Louis

Arnold Zellner, University of Chicago

Le 10 octobre 2008 

 
 

 

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