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Jean Yves Naudet | |||||||||||||||
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Notre
analyse des élections américaines, présentée après le « super mardi »
du mois dernier, s’est confirmée après les dernières primaires de début
mars : la situation est totalement décantée du coté républicain,
alors que le duel se poursuit de plus belle du côté démocrate. McCAIN
peut donc se concentrer sur les élections du 4 novembre, et présenter
son programme, sans que personne dans son camp ne l’attaque, tandis que
les démocrates vont poursuivre leur bagarre et s’entredéchirer, peut-être
même jusqu’à la convention de leur parti. Celui qui sera désigné, aura
ainsi été critiqué pendant des mois par celui qui aura perdu, situé dans
le même camp que lui : l’unité sera difficile à refaire en quelques
semaines. Du
côté républicain, en effet, le 4 mars McCAIN
a emporté largement les quatre primaires en jeu, dont les grands Etats
du Texas et de l’Ohio. Il a ainsi franchi la barre de la moitié des délégués
et son dernier adversaire républicain, Mike HUCKABEE s’est retiré de la
course et lui a donné son appui. « La bataille commence ce soir »
a déclaré le candidat, ce qui lui laisse huit mois pleins pour faire campagne.
Le président BUSH l’a reçu dans la foulée, assurant ainsi la continuité
avec celui qu’il avait battu dans les primaires en 2000. Il peut désormais
peaufiner son programme, resserrer le parti autour de lui, réfléchir tranquillement
à son vice-président et surtout accumuler des fonds pour la vraie campagne,
au lieu de les gaspiller dans les primaires. Par
contraste, les choses ne sont pas décantées du tout du côté démocrate,
au contraire, car, alors qu’OBAMA faisait la course en tête, en ayant
remporté toutes les dernières primaires (11 consécutives), la victoire
d’Hillary CLINTON dans les principales primaires du 4 mars relance la
course. Mais sa victoire n’est pas si nette (54% dans l’Ohio, et même
égalité en nombre de délégués au Texas, même si elle l’emporte en voix,
car cet Etat mélange primaires et caucus) De plus, le scrutin dans le
Mississipi a été catastrophique pour Hillary, et une sérieuse bataille
s’est amorcée dans le camp démocrate autour du « vote nor »
ou du « vote blanc ». La
situation est donc optimale pour McCAIN, car
si CLINTON avait perdu le 4 mars, elle aurait sans doute dû se retirer
sous la pression du parti. Elle est relancée, sans être en tête au total,
ce qui maintient le suspense. Maintenant, et même après le Mississipi,
chacun des deux a annoncé qu’il irait jusqu’au bout, et annonce sa propre
victoire. Mais il faut plus de 2000 délégués. Or OBAMA en a 1542 et CLINTON
1447. Pendant quelques semaines il n’y a presque plus de primaires, sauf
dans de micro états sans enjeu (OBAMA vient d’emporter samedi le Wyoming,
12 délégués à peine en jeu, 7 pour lui, 5 pour elle : on n’avance
pas). La première primaire sérieuse, Ces
super délégués sont les « apparatchiks »et les élus importants,
et les personnalités marquantes du parti.
A priori, ils seraient plutôt plus pour CLINTON, mais OBAMA grignote
peu à peu son avance et ces super-délégués répugnent en général à aller
en sens contraire du vote populaire. Si OBAMA reste en tête, les grands
électeurs le suivront ; s’il y a égalité, tout est possible. CLINTON
a fait une manœuvre osée : elle a proposé un ticket entre elle et
OBAMA, mais évidemment avec elle en tête et lui vice-président. Mais OBAMA
a décliné immédiatement cette « offre ». Ce ticket peut-il se
constituer en septembre, après
des mois de guerre ouverte ? C’est
peu probable. Pour
l’instant, c’est sans aucun doute McCAIN qui
a marqué un point décisif. Mais il doit convaincre beaucoup de Républicains
réticents sur deux points : son attitude à l’égard de l’avortement
(McCAIN est plutôt « pro life », tout en étant »
homophobe »), et en matière d’impôts (il rejoint peu à peu les thèses
de Reagan). ___________________________
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