L’ARGUS DES CANDIDATS


C’est un argus : tous ces candidats ne sont pas neufs, ils ont tous déjà beaucoup roulé.

Les cotations proposées ne sont pas arbitraires : elles renvoient aux textes des programmes de ces cinq candidats. Les extraits de ces textes qui justifient à nos yeux la cotation se trouvent sur le site www.guideducandidat.org. On trouvera aussi sur le site et dans la Nouvelle Lettre n°912 la présentation exacte des « propositions » (synthétisée ici par commodité).

Pourquoi n’avoir retenu que les textes des programmes et pas celui des discours prononcés depuis le début de la campagne ? Parce que « la plume est serve et la parole est libre ». Dans leurs discours les candidats peuvent s’écarter de ce qu’ils ont écrit, ils modulent en fonction du public, allant souvent jusqu’à tenir des propos contradictoires (surprenant !)

 

La signification des cotations

0 : réforme impensable (on n’y a pas pensé, on ne saurait y penser)

1 : réforme rejetée (le problème est évoqué, mais on préconise l’inverse de ce qu’il faudrait faire)

2 : réforme avortée (on ne va pas au bout de la logique de la réforme, tyrannie du statu quo)

3 : réforme tentée (on en sent la nécessité, mais on ignore la façon de procéder)

4 : réforme prudente (on essaie de gommer ce que la réforme a de radical)

5 : réforme acceptée : rassurez-vous, personne n’a obtenu cette cote de 5

 

Ce dont personne ne parle

L’impôt sur la dépense (exonération totale de toute épargne), le salaire complet (versement au salarié du brut et des cotisations « patronales », à charge pour lui de payer sa protection sociale).

 

Il est le seul

à mettre en cause les syndicats et leurs monopoles : Philippe de Villiers

à exonérer d’impôt les cotisations à un fonds de capitalisation : Jean Marie Le Pen

à envisager le désengagement de l’Etat des entreprises du secteur public : Nicolas Sarkozy

 

Ils (mais pas elle) sont presque tous d’accord (rubrique signalée par un ***)

Pour aider le financement des « gazelles » ;

Pour assouplir la loi sur les 35 heures, mais sans mettre en cause la durée légale du travail ;

Pour réduire les méfaits de l’ISF et supprimer les droits de succession ;

Pour réduire les dépenses publiques et accepter l’idée d’un audit extérieur au Parlement ;

Pour libérer l’âge de départ à la retraite ;

Pour interdire le vote d’un budget en déficit.

 

Ils restent dans le politiquement correct

Sur le monopole de la Sécurité Sociale ;

Sur le rejet d’un système concurrentiel d’assurance santé et vieillesse ;

Sur les retraites par répartition ;

Sur l’ouverture à la concurrence européenne de toutes les activités économiques (Bolkestein) ;

Sur l’hostilité à « l’Europe des marchands ».

 

Points forts (tout étant évidemment relatif !) et faibles (à coup sûr)

François Bayrou (23/180) : presque tous les points faibles, le plus faible étant (évidemment) l’enseignement ; le candidat est conforme au ministre de l’Education Nationale qu’il a été.

Nicolas Sarkozy (58/180): points forts dans le domaine de l’économie (chômage et fiscalité) et de l’enseignement, points faibles sur la protection sociale et l’Europe. Où est « la rupture » ?

Philippe de Villiers (45/180) : points forts sur l’enseignement et la réforme de l’Etat, points faibles sur la protection sociale et l’Europe. Une logique souverainiste et étatiste.

Jean Marie Le Pen (53/180) : points forts dans le domaine de l’économie, points faibles sur l’Europe. Un mélange assez incohérent d’étatisme souverainiste et de poujadisme anti-fiscal.

Ségolène Royal (4/180) : toujours bien habillée.


 

PROPOSITIONS DU GUIDE DU CANDIDAT

François

Bayrou

Nicolas

Sarkozy

Philippe de

Villiers

Jean Marie

Le Pen

Ségolène

Royal

CHOMAGE

 

 

 

 

 

Un impôt sur le revenu moins progressif

0

1

1

2

0

Suppression de l’impôt sur les sociétés

0

3

0

2

0

Déductions fiscales pour l’épargne investie dans les « gazelles »

3

3

2

3

0

Bloquer toute augmentation du SMIC

0

1

0

1

0

Créer le contrat Libre-Embauche

3

3

1

0

0

Mettre fin à la durée légale du travail                                              ***

2

3

4

3

1

Développer l’apprentissage / la formation en alternance

0

0

2

2

0

TOTAL CHOMAGE

8

14

10

13

1

 

 

 

 

 

 

FISCALITE

 

 

 

 

 

Réduction de la pression fiscale

2

3

0

4

0

Suppression de l’ISF et des droits de succession                              ***

2

4

4

2

0

Alléger / supprimer la fiscalité sur l’épargne

0

0

0

0

0

Réduction des dépenses publiques / Audit                                        ***

0

4

2

3

0

Privatiser les entreprises publiques

0

0

0

0

0

Autonomie des finances locales

2

0

2

1

0

Equilibre budgétaire                                                                         ***

3

4

4

3

0

TOTAL FISCALITE

9

15

12

13

0

 

 

 

 

 

 

PROTECTION SOCIALE

 

 

 

 

 

Instauration du salaire complet

0

0

0

0

0

Fin du monopole de la Sécurité Sociale (santé / retraites)

0

0

0

0

0

Exercice de la médecine / concurrence équitable privé public

0

0

0

2

0

Libre choix de son assureur / franchises et chèques santé

0

0

0

0

0

Passage de la répartition à la capitalisation

0

0

0

2

0

Liberté du choix de l’âge de la retraite                                              ***

2

3

4

3

0

TOTAL PROTECTION SOCIALE

2

3

4

7

0

 

 

 

 

 

 

ENSEIGNEMENT

 

 

 

 

 

Fin de la carte scolaire / libre choix de l’établissement par les familles

0

4

4

3

1

Liberté de création et d’extension des établissements publics et privés

0

2

3

2

0

Répartition des fonds publics en fonction des effectifs / chèques éducation

0

2

2

4

0

Pédagogie et formation variable / fin du collège unique

0

4

2

3

0

Universités autonomes : diplômes, sélection, financement / bourses , crédits

0

1

0

0

1

TOTAL ENSEIGNEMENT

0

13

11

12

2

 

 

 

 

 

 

REFORME DE L’ETAT

 

 

 

 

 

Inéligibilité des fonctionnaires

0

0

3

0

0

Suppression de l’ENA, de l’ENM et du Conseil supérieur de Magistrature

1

1

0

3

0

Suppression des statuts de la fonction publique

0

0

2

2

0

Réduction des services publics / continuité des services publics

1

3

3

2

0

Redéfinir les domaines respectifs de la loi et du règlement

0

3

0

0

0

Consécration et respect des droits individuels

0

1

4

0

0

TOTAL REFORME DE L’ETAT

2

8

12