POUR PREPARER L’APRES 6 MAI


 

Jacques Garello

 

« Il faudra pousser » : c’est la conclusion de mon éditorial. L’erreur pour les libéraux serait d’attendre avec curiosité et passivité ce qui se passera après le 6 Mai. Dans le passé, nous avons toujours accordé quelque crédit aux nouveaux dirigeants « de droite », dans l’espoir d’une grande ouverture libérale.

En 1986, nous avons laissé Jacques CHIRAC s’embourber dans l’immobilisme, car on nous a fait croire qu’il fallait se séparer de François MITTERRAND avant de faire quelque chose de significatif. Les mesurettes prises entre 1986 et 1988 n’avaient rien à voir avec l’alternance libérale dont rêvaient les Français, à l’heure de Thatcher et de Reagan. En 1988 MITTERRAND prenait sa revanche. En 1993, le succès aux législatives ne s’accompagnait d’aucun bouleversement : on attendait les présidentielles. En 1995, quand CHIRAC fut élu, flanqué de Madelin et de douze ministres libéraux, on a cru qu’on y était enfin, JUPPE s’est chargé de revenir à la tradition gaulliste, Madelin a été évacué. Deux ans plus tard, la France votait à gauche ! Inutile d’en rajouter pour 2002-2007, avec les « performances » libérales de RAFFARIN et VILLEPIN, incapables d’annuler les avancées socialistes de l’époque JOSPIN.

En 2007 nous ne pouvons plus accorder de crédit à quiconque. Nous ne pouvons guère compter que sur nous-mêmes.

Quelle que soit l’issue du scrutin, il faudra donc se hâter de poser les bases d’une reconstruction libérale, sans doute plus réaliste et plus riche de promesses que la reconstruction d’un centre.

Les libéraux sauront faire pression sur les candidats aux législatives pour les persuader de s’engager dans la voie libérale, au moins sur quelques réformes fondamentales. Le « Guide du candidat », nos sites www.leguideducandidat.org et www.libres.org sont à visiter et faire connaître. La Nouvelle Lettre mérite aussi un coup de pouce.

Bref, nous ne pouvons nous endormir sur un succès qui n’est pas le nôtre. Il faut redoubler de vigilance et de présence. Nous continuerons à camper au cœur de la société civile, parce que c’est là que l’on peut mobiliser et rassembler les énergies, pour pouvoir « pousser ». Comme je l’ai dit, les réalités feront le reste.