L’avenir
de la planète est en danger. La sauver est l’affaire de tous. Diminuer les émissions
de gaz carbonique est une priorité absolue. Malheureusement, force est de constater
que les propositions du Grenelle de l’environnement, trop frileuses, ne vont pas
assez loin. Il existe, en effet, une source importante de ce terrible polluant
dont l’aréopage réuni par Monsieur Sarkozy ne semble pas se soucier : la
respiration. Je remarque
que celle des humains émet autant de gaz carbonique que toutes les automobiles
de la planète réunies. En effet, chacun d’entre nous expire en moyenne Que
faire ? L’idéal serait évidemment que nous consommions moins d’air en sautant
par exemple une inspiration sur cinq. Nous atteindrions ainsi l’objectif du nouveau
Grenelle qui impose une diminution de 20% de la production de gaz carbonique à
l’horizon 2020. Hélas, les spécialistes me disent que cela est impossible. D’accord.
Mais il est tout à fait possible de faire en sorte qu’au moins les émissions excessives
soient éliminées. En effet, les Les
émissions de dioxyde de carbone provenant des personnes en surcharge pondérale
sont, à l’évidence, également excessives. Comme les français plébiscitent à 61%
l’imposition d’écopastilles sur les voitures polluantes pourquoi ne pas les
faire porter aussi par les obèses (qui devraient se coudre une pastille jaune
sur la poitrine, par exemple). Dans le même esprit citoyen les anorexiques bénéficieraient
de primes. Ce n’est
pas tout. Je me dois d’aborder ici un sujet délicat. Celui de nos excréments.
Comme ils se décomposent en lâchant du gaz carbonique (représentant environ 5%
de celui résultant de notre respiration) il conviendrait de ne plus les évacuer
par les égouts. Chaque individu devrait disposer des siens dans des sacs en papier
recyclé paraffiné qui seraient scellés et collectés par les mairies afin d’être
enfouis au fond de mines désaffectées et recouverts chaque jour d’une couche de
ciment. Quoique cela puisse choquer nombre de mes lecteurs, nos cadavres, en se
décomposant, dégagent aussi du gaz carbonique et devaient subir le même traitement
(mais pourraient être enfouis dans des mines différentes). Malheureusement
l’homme n’est pas le seul animal qui pollue par le simple fait d’exister. Prenons
les bovins ; ils sont 1,5 milliards sur notre planète. Une vache produit
à peu près autant de gaz carbonique qu’une voiture (plus même en comptant la décomposition
de ses déjections mais je ne reviendrai pas sur ce sujet scabreux). Je note donc
que les vaches dans leur ensemble produisent plus de gaz carbonique que les hommes
et leurs voitures réunis ! Et en plus, en ruminant, elles dégagent du méthane,
autre gaz à fort effet de serre. Un contrôle social adéquat devrait donc également
s’exercer sur ces bestiaux. Surtout sur les vaches suisses dont le lait va dans
le chocolat (qui fait grossir, donc produire du CO2 en excès) et semblent
nous narguer du haut de leurs alpages. Une taxe à l’importation des biens helvétiques
(et en particulier du chocolat) devrait apprendre à nos voisins à mieux respecter
l’environnement. Il en va de même des porcins. La Chine qui en élève un grand
nombre devrait être punie fiscalement à l’instar de la Suisse. En revanche, les
pays musulmans (et Israël) qui, religion oblige, ne mangent pas ces animaux et
donc ne les élèvent pas, pourraient bénéficier d’aides écologiques idoines. Et
il n’y a pas de raison que les ovins, les chevaux et tous les autres animaux domestiques
ne soient également l’objet de réglementations citoyennes. Je
n’ai fait ici qu’esquisser quelques modestes propositions qui ne couvrent pas,
loin s’en faut, tout l’immense problème de la production de gaz carbonique d’origine
respiratoire. Les mesures à prendre devraient en fait s’étendre à toute Florin Aftalion * Florin Aftalion est Professeur Emérite de l'ESSEC ; Docteur ès
Sciences Physiques, il a enseigné à l'Université de New York.
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