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« HUMANISER LE TRAVAIL DANS UNE SOCIETE
LIBRE » | ||||||||||||
C’était le titre du colloque organisé par l’Association
des économistes catholiques (AEC), que préside Jean-Yves NAUDET, et la Fondation
de service politique. Le site www.libres.org
et la Nouvelle lettre l’avaient annoncé et de nombreux lecteurs y ont assisté.
Plus de 200 personnes pour un colloque a priori au sujet austère, puisqu’il s’agissait
de la doctrine sociale de l’Eglise à propos du travail et de l’emploi. Le premier enseignement, c’est que les plus hautes
autorités de l’Eglise, en la personne de l’archevêque CREPALDI, secrétaire du
conseil pontifical Justice et paix, bras droit du cardinal MARTINO et principal
rédacteur du compendium sur la Doctrine sociale de l’Eglise avait accepté de présider
le colloque et d’y faire une communication. La dialogue entre les économistes de l’AEC, qui ne cachent
pas leurs opinions libérales, puisque parmi les intervenants il y avait Jacques
GARELLO et Jean-Yves NAUDET, se poursuit et s’approfondit. D’ailleurs, le texte
de Jean-Yves NAUDET a été publié aussitôt sur le site officiel de l’observatoire
cardinal VAN THUAN sur la doctrine sociale de l’Eglise, lié à Justice et paix,
en français et en italien, au même titre que celui de monseigneur CREPALDI. Ceux
qui ne voulaient pas croire que l’Eglise avait clairement, surtout avec JEAN-PAUL
II, pris position pour l’économie de libre marché en seront pour leurs frais. Il est impossible de résumer le texte des interventions.
Elles paraitront ultérieurement notamment dans Liberté politique. Notons simplement
quelques idées. Pour monseigneur CREPALDI, l’Eglise est à l’opposé du marxisme,
qui voyait l’aliénation dans Dieu et la religion, alors que pour l’Eglise l’aliénation,
c’est de refuser Dieu et surtout de ne pas vouloir répondre à l’appel qui est
lancé à l’homme pour qu’il accomplisse sa vocation. Le client a d’ailleurs été au centre des interventions
remarquables des deux chefs d’entreprise présents, Xavier FONTANET et François
MICHELIN. Le PDG d’Essilor, président de la commission éthique du MEDEF, a expliqué
comment il voulait faire comprendre aux salariés et aux autres que ce n’est pas
lui qui ferme une usine, mais le client. Et il a assimilé concurrence et liberté,
et la liberté, c’est la flexibilité. L’entreprise n’existe que si elle rend un
service. Tout est dans la différence, a-t-il affirmé, attaquant au passage la
sociologie, qui conduit au marxisme en catégorisant. Quant au soi-disant intérêt
général, il conduit au monopole et au corporatisme. C’est l’hypertrophie de l’Etat
qui créé la pauvreté. Quant à François MICHELIN, il a captivé son auditoire
par la profondeur humaine et spirituelle de son témoignage. Pour lui, chaque être
est unique et doit être regardé comme tel. Le patron est un travailleur comme
un autre, car il reçoit lui aussi des ordres des clients. Le travail, c’est en
fait une œuvre à accomplir. Et c’est le service du client qui donne au travail
une dimension infinie. Quant au marxisme, il n’est que l’application du péché
originel, c'est-à-dire une doctrine de haine, qui refuse le mode d’emploi de ce
qu’est l’homme. Jacques GARELLO pour sa part a remis les choses
au clair sur la précarité et la flexibilité. Il y a une précarité objective, liée
aux changements permanents, à la mondialisation, qui doit trouver sa réponse dans
la flexibilité, c'est-à-dire dans la capacité d’adaptation. Avec un marché du
travail actif et une flexibilité interne dans l’entreprise, le changement d’emploi
n’est pas un problème. Quant à la précarité subjective, c’est celle qui engendre
la peur, attisée par l’Etat, car les hommes de l’Etat sont des marchands de peur,
pour dire à la population que l’Etat veille sur eux et que l’Etat providence réglera
tous les problèmes en distribuant des droits nouveaux, et en assurant le risque
zéro. La vie est certes précarité, c’est pour cela qu’il faut compenser par d’autres
certitudes et par des vertus de façon à devenir responsable dans l’éducation,
l’activité, la vie. Bien d’autres interventions mériteraient d’être citées. Mais ce qui nous semble essentiel, c’est ce dialogue qui se noue entre les hommes d’Eglise et les économistes, dans un grand respect réciproque, mais aussi dans la vérité : faire comprendre de part et d’autre comment fonctionne la vie économique, mais aussi quelles sont ses exigences éthiques. Et ne plus laisser caricaturer, comme le font les médias, l’économie de libre marché, qui est la mieux adaptée à la nature humaine.
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