| WOLFOWITZ, LA BANQUE MONDIALE ET LES MEDIAS : UN
CAS D’ECOLE DE LA DESINFORMATION | ||||||||||||
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Il
n’est donc pas étonnant de constater la réjouissance de tous ceux qui préfèrent
le statu-quo bureaucratique et l’idéologie au changement et à l’efficacité. Comme
par exemple l’inénarrable chroniqueur (dans Le Journal du dimanche et sur
Canal+) Gilles Delafon pour lequel tous les maux
dans le monde sont causés par les Etats-Unis. Dans une de ses chroniques du JDD[2], il accuse bien évidemment
Wolfowitz et annonce l’écroulement des Républicains
et de leur président « potiche ». Pratiquement au même moment, les Républicains
gagnaient à la Cour suprême des Etats-Unis qui validait une loi promulguée
en 2003 interdisant une méthode chirurgicale rare d'avortement tardif, par 5 voix
contre 4 (c'est la première restriction nationale à l'interruption volontaire
de grossesse (IVG), depuis sa légalisation en 1973) tandis que le président Bush
concluait un rapprochement transatlantique historique entre les Etats-Unis et
l’Allemagne dirigée par la chancelière Merkel. Basé
surtout sur une libéralisation des échanges sans précédent, cet Accord bilatéral,
au-delà du fait qu’il montre le dépassement de la période des relations froides
entre l’ancien chancelier Schröder et l’administration Bush,
est un pied de nez à l’Europe et aux fameuses « relations historiques »
entre le France et l’Allemagne. Ces faits qui n’ont pas été mentionnés dans la
presse française mais qui ont été repris dans les médias étrangers demandent aussi
d’autres précisions : On a accusé Wolfowitz d’avoir favorisé sa compagne
par une forte augmentation. Or, lors de sa nomination, elle était déjà sur la
liste de promotion (d’avancement) au sein de la Banque. Pourquoi personne n’a mentionné un rapport publié en 2005 par le département de ressources humaines de Banque montrant qu’environ 581 « couples » travaillent dans l’institution ? Ou bien que l’ancien n° 2 de la Banque, Shengman Zhang, est le mari d’une fonctionnaire qui a commencé sa carrière en tant qu’assistante gagnant 52 000 dollars par an pour se trouver rapidement à un poste d’analyste rémunéré à hauteur de 123 000 dollars par an ? Pourquoi personne ne parle du vice-président de la Commission européenne, Günter Verheugen, photographié avec sa maîtresse dans le plus simple appareil sur une plage de la mer Baltique. Jusque-là rien de grave ne serait-ce que, contrairement à M. Wolfowitz, le vice-président est marié et que sa maîtresse n’est autre qu’une collègue fonctionnaire de la Commission qui venait d’obtenir une promotion et une augmentation 45 000 dollars pour toucher environ 190 000 dollars par an, bien évidemment non-imposables. Et personne n’a protesté : ni l’Allemagne, ni la présidence de la Commission européenne. Il faut dire que la France, avec les dépenses somptuaires et le marbre de Jacques Attali obligé de démissionner de la direction de la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement), ou bien le fameux dentiste de notre ancienne Commissaire, Mme Cresson, qui a une longue expérience dans ce genre d’affaires[3]… [1] Dans Le Monde du 15-16 avril. [2] Du 15 avril 2007. [3] Alors que « l’affaire Wolfowitz » faisait la Une des médias, une très grave affaire de corruption secouait l’OMM (Organisation météorologique mondiale), agence de l’ONU. Quatre ans après la découverte d’importants détournements de fonds commis par l’un de ses cadres, une nouvelle instruction a été ouverte portant sur l’utilisation possible d’une partie des fonds détournés (environ 2,65 millions d’euros) pour influencer le vote des délégués lors de la précédente élection du secrétaire général de l’OMM en 2003. ET il s’agit d’un Français, Michel Jarraud, qui fut alors élu à ce poste. Mais, comme tient à le préciser Le Monde (21 mai 2007), « une source explique que cette affaire est instrumentalisée aux Etats-Unis par ceux qui veulent réduire les subventions à l’OMM, dans une optique néo-conservatrice anti-onusienne ». En gros, ces magouilles dignes d’un pays bananier ne seraient que de la pure fiction sortie tout droit de l’imaginaire des « néo-conservateurs » américains. Il n’y a pas de doute, c’est de l’information 100 % Le Monde.
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