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CONTRE LA SERVITUDE VOLONTAIRE D’ALTERNATIVES
ECONOMIQUES : POURQUOI NOUS, NOUS NE CONSENTONS PAS N’IMPORTE
COMMENT A L’IMPOT ! |
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Un pays où l’élite intellectuelle sombre dans la confusion est un pays perdu. Voilà qui explique sans doute pourquoi la France est sur le déclin depuis pas mal d’années. Comment rester de marbre devant cette insondable bêtise propagée par le journal Alternatives Economiques, une pétition consistant à défendre le consentement au niveau actuel de fiscalité en France (voir www.alternatives-économiqes.fr) ? En gros : « nous sommes très satisfaits de payer des impôts parce qu’ils sont nécessaires, ne trouvons rien à redire à leur aspect élevé et accusons ceux qui prônent les baisses d’impôt de démagogues ». Cette « servitude
volontaire », qui procède d’un aveuglement irresponsable est partagée, à
ce jour, par plus de 25.000 Français signataires, ce qui donne une indication
du degré de lucidité dans ce pays ! Cela est véritablement
consternant. L’économiste
britannique du début du XX° siècle John Maynard Keynes qui reste fameux pour ses
préconisations de politique (inflationniste) de relance « par la demande »
notait en 1936 que ce sont bien plus les idées que les
intérêts qui mènent le monde. Et en France les idées économiques de Keynes, réfutées
ailleurs depuis pas mal de temps, mènent effectivement toujours la danse !
Ce que nous sert aujourd’hui Alternatives économiques n’est que du réchauffé d’un keynésianisme
économique désuet, mélange d’arguments économiques erronés et égalitaristes qui
ont – malheureusement – un copieux fond de commerce en hexagone. Rappelez-vous
1981 : la très grande majorité des économistes français soutiennent le programme
commun de la gauche des socialistes et des staliniens. Le keynésianisme mâtiné
de marxisme-léninisme (ou l’inverse ?) nous offrait de « passer de l’ombre
vers la lumière », nous promettait des nouveaux lendemains qui chantent.
Résultat ? La catastrophe ! En moins d’un an il faut redresser la barre,
mais nous payons encore aujourd’hui pour ces erreurs. Des intellectuels irresponsables Une
des sources intellectuelles de cette « révolution tranquille » n’est
autre que le « visionnaire » Jacques Attali (et de son comparse Marc
Guillaume) qui, dans « L’anti-économique » publié en 1974 remettait
en cause les enseignements traditionnels de la science économique, et « Alter Eco » se situe dans la lignée
de cette idéologie : comme en matière de mondialisation on passe de l’
« anti » à l’ « alter », mais
le discours reste le même. Le plus choquant dans l’histoire est que M. Attali
qui a indirectement ruiné la France se voit confier des tas de missions et fonctions
(souvent payées avec la sueur du contribuable et aux résultats souvent controversés
– scandale de la BERD) ; il est accueilli sur les plateaux TV comme un intellectuel
de haut niveau. Et personne ne songe à le rendre responsable de ce qui s’est passé.
Parce que les intellectuels ne sont pas tenus pour responsables, ils sont bien
souvent des irresponsables et ont le pouvoir de nuire, sous couvert de politique
idéaliste… Comment d’ailleurs ne pas songer ici aux « intellectuels »
qui applaudissaient Mao et autres Pol Pot ? Même
si certains médias, tels les guignols de l’info, voudraient nous faire croire
que nous vivons dans un pays « ultra-libéral », la réalité est que l’Etat
au sens large consomme plus de 50 % des ressources nationales. La pression fiscale
est une des plus forte du monde occidental représentant près de 45 % des ressources
nationales. Simple question que chaque signataire de la pétition et chaque Français
devrait se poser : avez-vous la sensation que les services que vous rend
l’Etat représentent plus de la moitié de ce que vous
gagnez ? Si l’on vous donnait votre revenu complet combien seriez-vous prêts
à débourser pour ce que vous estimez en services rendus par l’Etat
(y-compris votre « élan de solidarité » qui
est donc nationalisé) ? Encore une fois : plus de la moitié ? Eh
bien moi, non. Et loin de là. Et je n’oublie pas mon éducation « publique »,
non. Education publique
durant laquelle j’ai pu d’ailleurs profiter du monopole de la pensée d’Alter Eco distillé par mes professeurs d’économie
au lycée. Car il faut préciser qu’Alter Eco est la bible de ces derniers. Des générations d’élèves sont donc
formatées à la doctrine de la troisième voie proposée dans cette revue. Ni l’un,
ni l’autre, ne pas choisir : ni blanc ni noir, gris. C’est cela rester « objectif »…
Le petit problème dans cette espèce de non-choix érigé en principe c’est qu’on débouche sur des contradictions
économiques au nom de « l’alter-économique »
dont la pétition est l’exemple criant : « oui » au marché, « mais »
avec 45 % de prélèvements obligatoires et 54 % de dépenses publiques ! Ouvrez les yeux camarades :
La France est asphyxiée par une fiscalité excessive ! La France se meurt. Elle se meurt du manque d’entrepreneurs qui sont écoeurés par les régulations pléthoriques (et bien souvent stupides) et une fiscalité excessive. Elle se meurt parce qu’un entrepreneur qui fait ses trente cinq heures en deux jours et demi se fait littéralement « braquer » par un système social et fiscal à la dérive. Les entreprises riches qui peuvent payer, pas de problème ! Mais allez un peu demander en bas de chez vous, à l’entrepreneur du coin ! La France se meurt du fait qu’un smicard coûte à une entreprise deux fois plus que son salaire net effectivement versé (mais il ne peut pas le savoir puisqu’il n’a pas le droit à avoir une information claire sur son salaire complet). Contrairement à ce que pense Alter Eco, la France se meurt d’un impôt sur le revenu progressif qui décourage justement les plus entreprenants et donc qui empêche la croissance et l’emploi. A vouloir faire dans l’égalitaire, la conséquence à laquelle on arrive est exactement inverse ! Est-ce un hasard si les pays à l’Est qui sortent de l’égalitarisme le plus crasse ont tôt fait de se débarrasser de la progressivité et d’instaurer une flat tax ? Contrairement
à ce que pense Alter Eco les droits de succession sur la transmission d’entreprise
familiale au nom de la justice sociale ne sont pas une bonne chose : ils
font fermer chaque année des centaines d’entreprises, ce qui se traduit par du
chômage. Cette fiscalité
excessive c’est donc des entreprises et des emplois qui ne sont pas créés,
c'est-à-dire des chômeurs et de la pauvreté en plus. A titre de
comparaison, alors que le secteur marchand au Royaume-Uni accueille 24 millions
de travailleurs, nous n’en avons que 17, à population comparable… La
France se meurt d’une décentralisation chaotique parfaitement anti-démocratique
car non fondée sur un véritable fédéralisme mettant en compétition les gestionnaires
publics. Mes impôts locaux ont augmenté de 23 % cette année. 23 % ! Et personne
ne réagit. C’est le silence. Qu’ai-je reçu en contrepartie ? Rien. Les routes
de ma commune sont dans un état toujours aussi piteux
par exemple. La France
se meurt d’une dette qui lui, qui NOUS, coûte les yeux de la tête. Les signataires
de cette pétition savent-ils que le paiement des intérêts de la dette (pas
de son remboursement !) représente environ 90 % des recettes sur l’impôt
sur le revenu ? C’est cela qu’ils considèrent comme une dépense productive ?
Soit ces gens sont totalement ignorants soit ils vivent dans un monde où 2+2 font
7… Le petit problème
c’est que les « forces vives » de ce pays, celles qui créent réellement
de la valeur en rendant effectivement service aux autres, vont finir par déserter
et qu’il n’y aura plus grand monde pour payer la facture. Les impôts asphyxient
ce pays d’une part parce qu’ils sont élevés et constituent donc une puissante
incitation à ne pas créer, à ne pas gagner trop et parfois à partir, mais d’autre
part parce que ces impôts n’ont tout simplement pas de contrepartie en
terme de service véritablement public, pour ce niveau de dépenses. Non, toute dépense publique n’est
pas bonne ! Rappelons-nous
donc la maxime de l’économiste français Frédéric Bastiat (libéral, et oui…), car
elle est riche d’enseignements en matière d’impact des dépenses publiques
: il y a ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas.
Ce que ne semblent toujours pas comprendre les gens d’Alternatives
Economiques et les moutons qui les suivent, c’est qu’un impôt qui est prélevé
pour aller financer une production qui ne sert à rien ou à pas grand-chose aurait
pu servir à autre chose dans les mains du contribuable. Obsédés par cette
idée que tout emploi génère un revenu qui est réinjecté dans l’économie, ces gens-là
peuvent légitimer absolument n’importe quelle dépense sous ce prétexte. Or, il est des emplois et des productions qui ne servent à rien. Quand le conseil général embauche des gens pour un département « cocktail » somptuaire, ce que l’on voit c’est l’emploi créé (et les syndicats qui applaudissent). Ce qu’on ne voit pas c’est l’emploi détruit : l’argent que le contribuable aurait pu utiliser pour consommer plus ou investir, dans quelque chose d’utile. Quand je paye 45 € de taxes pour faire mon plein d’essence, j’aurais pu les épargner pour réparer une partie du toit de ma maison qui en a bien besoin, et faire travailler un maçon, qui aurait fait travailler son boucher etc. Alter
Eco parle de la nécessité de l’investissement public. Tout à fait d’accord :
malheureusement sur les 54 % de PIB de dépenses publiques combien reviennent à
l’investissement public ? Pas grand-chose en réalité, car l’essentiel de
la dépense est engouffré par de l’emploi public. Les rapports de la Cour des comptes s’empilent : la France est mal gérée, très mal gérée : dans pratiquement toutes les administrations, alors pourquoi donc consentir à financer des gaspillages ? Et pourquoi consentir à financer des dépenses qui ne relèvent pas du véritable service public mais qui servent bien plus les intérêts privés et électoralistes ? Les bureaucraties locales sont devenues des sources intarissables de financement, payé par le contribuable, pour des intérêts privés d’entreprises ou d’associations qui sont bien souvent « lucratives sans but ». Faudrait-il
être fou pour signer un chèque en blanc à cette antithèse de la démocratie ?
Avons-nous à ce point perdu notre dignité et notre sens de la liberté ? Les impôts oui, mais certainement
pas la servitude volontaire. Il
n’est donc pas question de remettre en question ici le bien fondé du financement
public et de l’impôt correspondant lorsqu’il s’agit de biens publics réellement
nécessaires à la communauté. La décentralisation a malheureusement donné lieu
à un enchevêtrement de compétences, à un maquis de financements qui rendent notre
système public totalement opaque et donc anti-démocratique. Encore une fois cette
décentralisation n’en est pas une : elle n’est qu’un rajout de couches bureaucratiques
de plus servant les intérêts politiciens et asphyxiant toujours plus la société
civile. L'absence de concurrence entre entités de gestion entraîne
la déresponsabilisation des acteurs. Donc,
payer des impôts, oui, mais pas pour n’importe quoi. Cette opération de propagande
menée par Alternatives Economiques en faveur de la
servitude volontaire me parait proprement indigne. On ne peut être surpris qu’en
fasse partie le brave Jacques Delors, dont la progéniture a d’ailleurs permis
d’enfermer encore plus les travailleurs de ce pays dans le carcan administratif
tout en leur faisant croire au père Noël. Pierre Rosanvallon, signataire lui aussi, avait écrit – il y a 25
ans ! – un ouvrage sur la crise de l’Etat providence
et ne fait ici que proposer de l’enfoncer encore plus dans la crise justement...
Comprenons :
cette servitude volontaire ne concerne pas que nous, elle enferme aussi l’avenir
de nos enfants. Que les noms de la pétition soient donc conservés : les générations
futures sur qui nous rejetons notre irresponsabilité (au nom de la solidarité
et de l’égalitarisme en plus…) pourront en faire bon usage ! Nous sommes
finalement bien le « pays des cacas
de chiens » (Ah ! L’exception française ! ) : on
laisse ses crottes pour les autres, histoire qu’ils aient le plaisir d’y marcher
dedans… Heureusement
que quelques voix s’élèvent pour nous décrotter les yeux justement : signalons
donc la réaction de l’association Contribuables associés (www.contribuables.org)
qui « proposent au ministre du budget, Jean-François Copé, d’ajouter
à la feuille de déclaration des revenus une ligne réservée à tous ceux qui voudront
accomplir, librement et volontairement, un geste de solidarité supplémentaire
en versant un surplus à la caisse de l’Etat »… E. Martin Le 12 février 2007
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