| | ||||||||||||
| Serons-nous
empestés cette fois-ci par l’obsession écologique ? Je suis étonné d’entendre
de la bouche d’un certain nombre de dignitaires (dont Alain JUPPE) que le débat
au centre de la prochaine campagne sera la sauvegarde de la planète. Comme en
2002 les marchands de peur risquent de faire recette. Nicolas HULOT a donné le
ton : si les exigences écologiques n’étaient pas prises en compte il n’hésiterait
pas à candidater. Enfin je
vois Monsieur de VILLEPIN nous promettre
de multiplier les projets de lois pour protéger l’environnement : taxes nouvelles,
péages urbains, subventions aux énergies renouvelables, etc. Ainsi, comme
en 2002 les vrais problèmes des Français pourraient être totalement occultés,
tandis qu’on amuserait les électeurs avec le discours écolo. Pendant qu’on parle
du réchauffement climatique, on ne pense pas à la faillite de la sécurité Sociale.
Pendant qu’on dénonce la pollution automobile, on n’a pas à s’occuper de la dette
publique. Pendant qu’on programme des économies d’énergie on n’a pas à se soucier
des économies budgétaires. La nature étant en danger, on en oublie les dangers
du fanatisme. Tout ce qui ne va pas en France peut être ignoré pour se concentrer
sur ce seul objectif : faire de notre pays le leader de la croisade mondiale
contre la pollution, l’exploitation éhontée des ressources naturelles, et la désertification
des pays pauvres par les riches de ce monde, Américains en tête bien sûr. Le développement
durable, le commerce équitable, le principe de précaution, l’air pur et l’eau
potable : voilà de quoi aller à la pêche aux voix. Parler comme Bové,
Mamert, Hulot et quelques autres ténors verts, voilà qui est d’un bon rapport.
Comme François Bayrou avait donné le signal, les gens de l’UMP,
gouvernants en tête, ne voudront pas être en reste. Or, à mon
sens – et au risque de blesser involontairement certains de mes lecteurs - les
thèmes écologiques sont à la fois insensés et pervers. Insensés
parce que les gens sérieux, à la différence de Al Gore ou de Nicholas Stern (celui qui a chiffré avec précision le coût
du réchauffement terrestre à 500.000 milliards d’euros), savent pertinemment un
certain nombre de choses : 1° le réchauffement
de la planète est d’une mesure incertaine, son existence et son amplitude sont
controversées dans les observations scientifiques ; 2° Si réchauffement
il y a, il n’est pas le premier, et la Terre s’est réchauffée et refroidie plusieurs
fois au cours des millions d’années écoulées ; 3° Il est
incontestable que le réchauffement n’est pas d’origine humaine ; 4° Les mesures
imaginées par le protocole de Kyoto et autres recommandations écologistes n’ont
qu’un effet ridicule et un coût prohibitif ; la seule protection efficace
contre les dégradations de l’environnement réside dans la responsabilité individuelle,
mise en oeuvre par des droits de propriété privée. Vous aurez
d’ailleurs remarqué au passage que tout le tintamarre autour de la couche d’ozone
a disparu depuis quelques mois, parce que cette couche s’est complètement reconstituée
– mais, disent les irréductibles cela accroît encore le risque de réchauffement !
Bref, nous
sommes à nouveau, comme avec le rapport Meadows et le
club de Rome dans les années 1960, confrontés à une mise en scène qui procède
tantôt de la naïveté, tantôt de la publicité, tantôt et le plus souvent de la
manœuvre politique. Je crois
de plus que ces thèmes sont pervers, parce qu’ils accréditent l’idée que « l’homme
fait partie de la nature ». Cela signifie que nous ne serions qu’une espèce
vivante parmi d’autres, et que nous n’aurions nul droit sur les autres espèces
animales, végétales, voire même minérales. Or, la philosophie judéo-chrétienne
ou grecque place l’être humain au sommet de la création. « Dominez la terre »,
dit la Genèse. Et il y a à cela une simple raison : la nature humaine n’est
pas la même que la nature physique, parce que l’homme a été créé à l’image de
Dieu (diront les croyants), parce que l’homme a été doté d’une conscience et d’une
raison (diront les autres). Ne pas reconnaître le caractère unique et irremplaçable
de chaque être humain, c’est nier sa dignité, sa spécificité ; voilà qui
est plus commode quand on ne veut pas lui reconnaître des droits personnels. « Naturaliser »
l’homme, c’est l’empailler, c’est le ramener à un élément passif du système physique.
Par contraste, toute l’histoire de la civilisation est fondée sur la sacralisation
de la personne humaine. Il est donc
temps de fuir le discours écologique comme la peste. Il faut y voir ce qu’il est
pour ses inspirateurs : un puissant levier politique contre la créativité,
contre l’innovation, contre le droit à l’initiative économique qui sont les bases
du capitalisme et les conditions de la liberté. Il faut y voir aussi un bon moyen
de ne pas parler de ce qui fâche afin d’élargir sa clientèle. Je fermerai
donc rapidement cette parenthèse écologique, et je forme le vœu de voir la campagne
électorale prendre réellement une autre tournure. Une campagne où on ose enfin
parler des vrais problèmes, ceux que les politiciens n’ont pas su maîtriser pour
l’instant, parce qu’à la différence de l’écologie on ne peut les régler par les
slogans et la fuite en avant. Faisons en sorte de fuir la peste verte dans les
semaines à venir. Jacques
Garello
| ||||||||||||